dim. Juin 28th, 2026

Par Giovanni Caprara

Fabiola Gianotti, première femme à occuper le poste de directrice générale du CERN, dresse un bilan de son mandat alors qu’il touche à sa fin à la fin de cette année.

Il y a dix ans, Fabiola Gianotti a été nommée directrice générale du CERN à Genève, le plus grand centre de recherche en physique des particules au monde. Elle est également la première femme à diriger cette institution.

Quel bilan tire-t-elle de son expérience à la tête du CERN ?
« C’est une expérience fantastique. Le CERN est une institution unique, leader mondial en physique des particules aux grandes énergies, génératrice d’innovation avec des technologies de pointe ayant des applications importantes pour la société. C’est aussi un exemple éclatant de collaboration mondiale, avec plus de 17 500 personnes de 110 nationalités. J’ai grandi comme chercheuse ici et, en tant que directrice générale, j’ai pu m’impliquer dans les aspects scientifiques, techniques et management, allant de la gestion budgétaire jusqu’à la communication avec le public. Je suis reconnaissante aux pays membres du CERN, notamment à l’Italie, pour leur soutien indéfectible et à l’Istituto Nazionale di Fisica Nucleare (INFN) qui représente le fleuron de la recherche italienne. »

Quels moments forts ou défis a-t-elle rencontrés ?
« De nombreux moments marquants, comme l’inauguration en octobre 2023 du Science Gateway, un centre pour le grand public, un projet de Renzo Piano soutenu par des donateurs privés dont Stellantis. Je me rappelle aussi des célébrations du 70ème anniversaire du CERN en octobre 2024, avec la présence de plusieurs chefs d’État. Mais il y a également eu des périodes difficiles, comme la gestion de la pandémie de Covid et de la crise financière de 2022-2023, que nous avons surmontées. »

Comment la connaissance en physique des particules a-t-elle progressé durant ces dix dernières années ?
« Les avancées dans les laboratoires du monde entier ont été significatives, que ce soit dans la recherche sur les neutrinos ou la découverte de nouvelles particules. Le boson de Higgs, accessible uniquement par le Grand Collisionneur de Hadron (LHC) du CERN, a été étudié avec des mesures de précision. Cependant, certaines théories prometteuses n’ont pas été confirmées expérimentalement, laissant subsister des mystères, nécessitant des outils plus puissants pour progresser dans notre compréhension de l’univers. »

Quelles sont les futurs défis pour le CERN ?
« Pour maintenir sa position de leader, le CERN doit poursuivre des projets ambitieux. Le LHC est déjà le plus puissant jamais construit, et un projet futur, le Future Circular Collider (FCC), a récemment terminé son étude de faisabilité. Ce projet pourrait ouvrir de nouvelles avenues pour explorer la physique à des niveaux d’énergie inédits, tout en nécessitant le développement de technologies innovantes. »

Quelles expériences l’ont le plus marquée dans sa carrière ?
« La découverte du boson de Higgs a été un immense accomplissement collectif après des années de travail. Lorsque j’ai été nommée directrice, j’ai ressenti une grande gratitude envers ceux qui ont soutenu ma nomination. La reconnaissance que j’ai reçue pour mon second mandat est un privilège me permettant de mener à bien des projets comme le Science Gateway et de poser les bases pour l’avenir du laboratoire. »

Quelles nations représentent les plus grands défis pour le CERN ?
« Les États-Unis sont des partenaires historiques, tandis qu’avec la Chine, la compétition est plus marquée, notamment si elle envisage de construire un colliseur similaire au FCC. »

Comment envisage-t-elle son avenir ?
« Au CERN, je souhaite continuer à mener des recherches. J’envisage également d’utiliser mon expérience pour promouvoir la science et plusieurs opportunités intéressantes se présentent à moi. »

Points à retenir

  • Le CERN se positionne comme un leader mondial en physique des particules grâce à des recherches collaboratives.
  • La directrice sortante Fabiola Gianotti a apporté une vision stratégique au CERN pendant son mandat.
  • La gestion de crises comme la pandémie et la crise financière a été un défi majeur.
  • Des projets futurs, tel le Future Circular Collider, sont cruciaux pour le maintien de l’avancée scientifique.
  • La concurrence internationale se renforce, et les États-Unis et la Chine sont des acteurs clés à surveiller.

En réfléchissant à la trajectoire du CERN, je ne peux m’empêcher de me demander quelle direction prendra la recherche en physique des particules dans les années à venir. L’innovation continue, que ce soit par le biais de nouvelles découvertes ou de collaborations internationales, est essentielle pour comprendre les merveilles de l’univers. Chaque pas que nous faisons nous rapproche un peu plus de réponses aux questions fondamentales qui, jusqu’à présent, demeurent encore sans réponse. Quel avenir fascinant s’offre à nous dans l’exploration de ces mystères !


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