mer. Juin 24th, 2026

Interrogé par Danielle Torrent Tucker

Eva Scheller est professeure assistante en sciences de la Terre et des planètes. (Crédit image : Nathan Heidt)

Je m’engage dans un domaine qui fusionne la géologie et la géochimie avec les missions spatiales, ce que l’on appelle les sciences planétaires. Cette passion m’anime depuis mon enfance. En revisitant mes bulletins scolaires, j’ai réalisé que j’ai toujours été fascinée par les roches et les minéraux, tout autant que par l’espace et les planètes, sans vraiment m’intéresser aux extraterrestres. Beaucoup de mes collègues se concentrent sur cette thématique, mais pour moi, ce sont les corps célestes qui ont toujours été captivants.

Originaire du Danemark, mon pays n’ayant pas d’agence spatiale, j’ai décidé de venir aux États-Unis pour des études d’échange. C’est à Caltech que j’ai découvert le Jet Propulsion Laboratory, un moment clé qui m’a fait comprendre qu’en tant que scientifique, je pouvais participer à des missions spatiales.

Ma thèse de doctorat portait sur l’impact des différentes chimies minérales sur le climat martien au fil du temps. L’un de mes premiers articles majeurs portait sur l’eau passée de Mars. Beaucoup pensaient que l’eau avait disparu principalement par des processus d’échappement exosphérique, c’est-à-dire en dérivant dans l’espace. Toutefois, grâce à mes travaux d’observation avec des satellites, j’ai proposé qu’il existe en réalité une quantité significative d’eau souterraine, intégrée dans les structures des roches, ce qui pourrait influencer la transition climatique.

J’ai participé à l’équipe qui a sélectionné le site d’atterrissage du rover martien, puis j’ai travaillé sur l’instrument SHERLOC, principalement dédié à la recherche de composés organiques sur Mars. J’ai été impliquée dans des travaux d’ingénierie, car cet instrument a rencontré divers défis. Cela a conduit à des découvertes inédites, grâce à des techniques comme la spectroscopie Raman, nous permettant d’identifier des sels intéressants pour retracer la chimie de l’eau martienne.

À Stanford, je me consacre à un projet novateur. L’une des missions les plus passionnantes de la NASA, Europa Clipper, m’a captivée ; je prépare un laboratoire avec une chambre pouvant simuler la surface d’Europa, une des lunes de Jupiter. La raison principale qui m’a attirée à Stanford, c’est l’investissement massif dans les sciences planétaires. Nous sommes désormais au moins cinq scientifiques spécialisés dans ce domaine, tous relativement jeunes, ce qui façonne l’orientation de cette discipline à Stanford et dans la région de la baie. C’est fascinant d’évoluer parmi des personnes partageant les mêmes intérêts.

Au-delà de mes recherches scientifiques, j’apprécie l’écriture créative et j’explore actuellement quelques romans sans lien avec la science. J’aime également randonner. J’ai effectué une randonnée jusqu’au camp de base de l’Everest et me suis fiancée sous l’Everest. La peinture, la pleine conscience, la méditation, ainsi que le yoga occupent aussi une place importante dans ma vie. En outre, je danse depuis de nombreuses années, principalement des styles variés tels que K-pop, hip-hop et danses traditionnelles asiatiques. J’espère pouvoir soutenir les équipes de danse de la communauté de Stanford si elles ont besoin d’un soutien facultaire.

Notre Opinion Tech

En observant l’engagement d’Eva Scheller envers les sciences planétaires, il est intéressant de noter comment un domaine devenu essentiel peut également interroger notre rapport à la Terre et au cosmos. Son approche scientifique fusionne des disciplines variées, ce qui pourrait enrichir les réflexions sur l’avenir de l’exploration spatiale. Les prochaines découvertes à travers des missions comme Europa Clipper pourraient potentiellement redéfinir notre compréhension des environnements extrêmes et la possibilité d’une vie au-delà de notre planète.

Bon à savoir : La recherche sur les lunes de Jupiter et de Saturne, notamment grâce à des missions comme Europa Clipper, pourrait offrir des indices précieux sur la formation et l’évolution des systèmes planétaires, nous aidant ainsi à mieux comprendre notre propre place dans l’univers.


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