mer. Juin 24th, 2026

Chercheur dans un laboratoire à l’Université arctique de Norvège (UiT). UiT a collaboré avec des scientifiques russes pendant de nombreuses années, mais cela a cessé après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en février 2022.
Photo : Elizaveta Vereykina

Les chercheurs devront obtenir l’autorisation du Service fédéral de sécurité (FSB) pour les projets de coopération internationale.

Contrôle total

Le gouvernement russe élabore une nouvelle législation qui établira de nouvelles règles pour la coopération scientifique internationale. D’après le projet de loi récemment approuvé par le Ministère de l’Éducation et de la Science de Russie, les scientifiques ne pourront collaborer avec des chercheurs étrangers qu’avec le consentement officiel du FSB, rapporte le journal Vedomosti, citant deux sources proches du gouvernement.

Conformément à ce projet de loi, le FSB devra être informé de toute forme de coopération ou de contact que les chercheurs russes entretiennent avec des collègues à l’étranger. Cela inclut tous les types d’accords, d’expériences, de recherches, de paiements, de réunions, etc.

Vedomosti cite un commentaire de l’Académie des sciences de Russie, qui a déclaré que cette nouvelle loi “vise à promouvoir les intérêts nationaux et les réalisations de la science nationale sur la scène internationale”. Ce projet de loi a également reçu le soutien de l’Institut Kurchatov, principal institut de recherche et développement dans le domaine de l’énergie nucléaire en Russie, selon Vedomosti.

Selon les nouvelles règles, le 1er décembre 2025 sera la date limite pour que les centres de recherche et les universités informent le FSB de toute forme de coopération avec des étrangers si celle-ci se poursuit après cette date.

L’implication du FSB dans le contrôle scientifique n’est pas nouvelle ; cependant, la législation actuelle officialise cette surveillance.

Cas de trahison d’État

Ces dernières années, le nombre de chercheurs emprisonnés en Russie pour des accusations de “trahison d’État” a considérablement augmenté.

En 2016, le Dr Vladimir Lapygin, âgé de 77 ans, a été condamné à 7 ans d’emprisonnement pour avoir “transmis des informations secrètes sur les caractéristiques aérodynamiques des avions hypersoniques à la Chine”.

Les poursuites ont augmenté après un discours de Vladimir Poutine en 2018, portant sur le développement par la Russie d’armes hypersoniques, souligne le service russe de la BBC. Selon les journalistes, le FSB a emprisonné plus d’une dizaine de scientifiques russes au cours des 6 dernières années.

En septembre 2022, le physicien Alexander Shiplyuk a été condamné à 15 ans de prison pour “trahison d’État”. Shiplyuk était responsable du laboratoire des “Technologies hypersoniques” et a été accusé d’avoir divulgué des données classifiées lors d’une conférence scientifique en Chine en 2017.

En mai 2024, un tribunal de Saint-Pétersbourg a condamné Anatoly Maslov, âgé de 77 ans, à 14 ans de régime de détention stricte pour trahison d’État. Maslov était chercheur principal à l’Institut de mécanique théorique et appliquée de la branche sibérienne de l’Académie des sciences de Russie. Il a été accusé d’avoir remis des données sur des travaux scientifiques classifiés aux services de renseignement allemands.

Isolement croissant

Le renforcement du contrôle à l’intérieur du pays contribue à l’isolement croissant de la science russe. L’accès des chercheurs russes à la communauté scientifique mondiale est également compromis, notamment après que certains pays européens ont suspendu leur coopération avec la Russie, rapportait précédemment le Barents Observer.

“Le Conseil de recherche de Norvège condamne fermement les attaques militaires de la Russie contre l’Ukraine… Avec quelques exceptions, toutes les coopérations bilatérales entre les autorités norvégiennes et russes ont été suspendues”, affirmait le Conseil de recherche en mars 2022.

“Le gouvernement n’impose pas de boycott académique envers la Russie, mais…. tous les accords entre les institutions norvégiennes et russes… doivent être mis en attente”, précisait le gouvernement norvégien le même jour.

Notre Opinion Tech

Dans un contexte où la coopération scientifique internationale est de plus en plus mise à mal par des considérations politiques, il est essentiel de se demander comment la science peut résister à ces pressions. L’isolement des chercheurs russes ne fait que compliquer davantage leur situation, menaçant ainsi l’innovation et la collaboration au niveau mondial. À l’avenir, il sera crucial de maintenir des canaux de communication ouverts, même dans les moments de tensions, afin de garantir que les principes de la science et de la recherche continuent de prévaloir sur les différends géopolitiques.

Bon à savoir

La recherche scientifique, tout en étant un pilier de progrès, se trouve souvent dans des situations délicates, surtout lorsqu’elle est liée à des enjeux de sécurité nationale. L’évolution des politiques scientifiques peut avoir des impacts significatifs sur la communauté scientifique internationale.


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2 thoughts on “FSB renforce son emprise sur la science en Russie”
  1. Serge, cet article met en lumière l’impact inquiétant des nouvelles législations sur la science. C’est triste de voir la créativité humaine étouffée par le contrôle.

  2. Il est préoccupant de voir comment le contrôle sur la recherche scientifique peut nuire à l’innovation. La collaboration internationale est cruciale pour le progrès.

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