Au cours de l’automne dernier, des milliers d’empreintes de pas ont été découvertes accidentellement par un photographe de la nature dans le parc national italien du Stilfserjoch, à flanc des Dolomites. Après analyses, les experts estiment que ces traces, âgées de 210 millions d’années, proviennent probablement de Prosauropodes, des dinosaures herbivores au long cou et à petite tête.
Identifier de telles empreintes fossiles avec précision n’est pas toujours une tâche aisée, surtout en l’absence de restes squelettiques. Dans une étude parue récemment dans la revue scientifique « PNAS », l’équipe dirigée par Gregor Hartmann, du Helmholtz-Zentrum en Allemagne, souligne que tous les pieds de dinosaure n’ont pas de caractéristiques facilement identifiables. D’autres facteurs, tels que les motifs de mouvement et la texture du sol, compliquent également la classification. En général, une équipe d’experts est souvent nécessaire pour parvenir à des conclusions claires. Récemment, des méthodes automatisées, notamment l’apprentissage machine, ont été mises en œuvre, facilitant la pré-sélection des empreintes.
Précision élevée
Pour simplifier cette classification, la nouvelle application DinoTracker a été développée. Comme l’explique Hartmann à ORF Wissen, ce projet a été inspiré par son fils, qui, comme beaucoup d’enfants, est devenu un passionné de dinosaures à l’âge de trois ans. Le modèle d’IA sur lequel l’application repose a été entraîné avec 2000 empreintes fossiles, en tenant compte de millions de variations possibles de formes.

Huit caractéristiques principales ont été identifiées, parmi lesquelles l’espacement des orteils, la position des talons, la taille du contact avec le sol et la répartition du poids. Selon les chercheurs, l’algorithme atteint une précision de 90 %, comparée à celle des experts humains.
Cette application a déjà permis de nouvelles découvertes, comme indiqué dans l’étude, révélant que certaines empreintes de dinosaures de 200 millions d’années présentent des similitudes avec celles d’oiseaux modernes et éteints. Cela pourrait indiquer que des oiseaux existaient peut-être des millions d’années plus tôt que ce que l’on pensait, ou que les pieds de certains dinosaures ressemblaient à des griffes d’oiseaux.
Accès libre
Cette innovation technique ouvre de nouvelles perspectives pour l’étude de la vie et des migrations des dinosaures. Tout le monde peut désormais devenir chercheur de dinosaures. Grâce à la plateforme GitHub, le code est accessible à tous et peut être installé sur Windows, Mac et Linux, selon les instructions de Hartmann. Pour les recherches sur le terrain, un tablette Windows avec caméra est actuellement le dispositif le plus adapté. « Nous travaillons également activement sur une version pour smartphones », précise le chercheur.

Il reste encore du travail à faire pour que l’application soit parfaitement adaptée aux écrans plus petits. « Cependant, nous nous engageons à tout rendre disponible gratuitement. Nous envisageons également une approche ludique, car de nombreux scientifiques ont trouvé amusant d’ajuster les fonctionnalités pour obtenir un certain type d’empreinte », ajoute Hartmann concernant les développements futurs.
Amusement pour tous
Bien que l’application soit principalement destinée aux chercheurs, les chances de trouver de véritables empreintes fossiles pour les amateurs demeurent faibles. Il faudrait se situer dans des lieux où des roches suffisamment anciennes, comme celles des Dolomites, sont visibles.
Cependant, il existe aussi une utilisation informelle : sortir après la pluie à la recherche de traces d’oiseaux, explique Hartmann. Une fois une empreinte trouvée, l’application permet de l’analyser et de jouer avec, « en modifiant l’empreinte pour transformer une trace de pigeon en celle d’un T-Rex ».
Points à retenir
- Découverte accidentelle d’empreintes de dinosaures en Italie, datées de 210 millions d’années.
- La classification des empreintes repose sur des analyses précises effectuées par des experts.
- Une nouvelle application, DinoTracker, aide à identifier les empreintes grâce à l’intelligence artificielle.
- L’application est accessible à tous via GitHub, facilitant l’étude des fossiles.
- Des similitudes entre les empreintes de dinosaures et celles des oiseaux modernes ont été découvertes.
Cette avancée technologique ouvre un dialogue fascinant sur notre compréhension des dinosaures et leur lien potentiel avec les espèces actuelles. En tant qu’amateur de paléontologie, je me demande : jusqu’où ces découvertes peuvent-elles nous mener ? La curiosité humaine et la technologie, en synergie, nous offrent des perspectives inédites sur notre passé et, peut-être, de nouvelles réflexions sur notre avenir en tant qu’espèce. Quelles autres surprises pourraient-nous encore découvrir, blotties dans les strates de notre planète ?