mer. Juin 24th, 2026

Pendant de nombreuses années, dans les ligues de football les plus prestigieuses au monde, il était plus probable d’assister à un but marqué par un gardien de but qu’à la nomination d’un entraîneur noir.

Malgré la présence d’un grand nombre de joueurs noirs, qu’ils soient originaires de pays africains ou issus de la diaspora, les ligues les plus suivies n’avaient, pendant longtemps, aucun entraîneur noir. De plus, il n’y a pas eu d’efforts concertés de la part de ces ligues, de la FIFA ou même de l’UEFA pour plaider en faveur de la représentation des entraîneurs noirs.

Cependant, lors des deux dernières saisons, une présence discrète mais notable d’entraîneurs noirs a commencé à émerger. Ce constat, bien qu’en retard, pourrait bien représenter le tournant tant espéré par la communauté noire dans le football.


L’été dernier, le club allemand Bayern Munich, l’un des plus grands au monde, a annoncé la nomination de Vincent Kompany, alors âgé de 38 ans, comme son premier entraîneur noir. Après une saison 2023-24 où le Bayern n’a remporté aucun trophée et a enregistré sa plus mauvaise performance en Bundesliga depuis 14 ans, Kompany n’était pas le choix initial pour ce poste très médiatisé. L’ancien défenseur central de Manchester City et capitaine de l’équipe nationale belge venait de subir une année difficile avec Burnley FC, récemment promu, qui a été relégué en Championship.

Bien que considéré comme un entraîneur prometteur grâce à son style de jeu offensif basé sur la possession, nombreux étaient ceux qui pensaient que Kompany continuerait à évoluer en tant qu’entraîneur à Burnley, un club partiellement détenu par l’ancien joueur de la NFL JJ Watt. Pourtant, l’avenir de Kompany allait prendre un tournant inattendu.

Xabi Alonso avait décliné l’intérêt de son ancien club pour rester à la tête de Bayer Leverkusen. En outre, six autres entraîneurs avaient également refusé le poste au Bayern, situation humiliante pour un club de cette envergure, mais qui a abouti à la nomination de Kompany.

Les interrogations sur le manque d’expérience de Kompany pour gérer un club d’élite se sont mêlées à l’étrangeté de voir un entraîneur noir à la tête du Bayern. Même si Kompany avait été blanc, peu de clémence aurait été accordée pour un début timide. Telle est la norme au Bayern Munich, où remporter la Bundesliga et avoir de réelles chances de gagner la Ligue des Champions sont impératifs.

Ce défi n’a pas freiné Kompany, qui a su faire ses preuves dès sa première année.

Il est ainsi devenu le premier entraîneur noir à remporter la Bundesliga. Beaucoup pensaient qu’Alonso avait une maîtrise tacitique du Bayern, mais la confrontation en huitièmes de finale de la Ligue des Champions entre le Bayern Munich et Bayer Leverkusen a validé les choix de Kompany. Bayern a battu Leverkusen sur un score cumulatif de 5-0 lors des deux rencontres, cassant ainsi le moral de Leverkusen en fin de saison et remportant le respect de Kompany.

L’entraîneur de Nottingham Forest, Nuno Espirito Santo, applaudit

La réussite de Kompany à Bayern Munich n’est pas la seule histoire significative d’un entraîneur noir dans le football mondial. Nuno Espirito Santo, qui avait connu un début difficile avec son licenciement rapide à Tottenham, dirige actuellement Nottingham Forest et traverse une période remarquable en Premier League.

Après un début de saison difficile pour le retour du club en Premier League, Nuno a été recruté en novembre 2023 pour éviter une relégation immédiate en Championship. Cet ancien gardien natif de Sao Tomé-et-Principe a pris des décisions difficiles mais efficaces, notamment remplacer le gardien américain Matt Turner par Mats Sels. Bien que beaucoup aient pensé que Nuno et Forest finiraient inévitablement par céder, c’est finalement le contraire qui s’est produit.

Nuno a mené Forest à la meilleure saison depuis les années 1970. L’équipe était dans le top quatre de la Premier League pendant la majeure partie de la saison 2024-25, se battant pour une place en Ligue des Champions. Malheureusement, son équipe a fini par manquer de forces en fin de saison, terminant à la septième place, juste derrière les rangs d’accès direct (top 5). Malgré cette issue douloureuse, le mandat de Nuno à Nottingham Forest reste exceptionnel.

L’entraîneur de Genoa, Patrick Vieira, sur le bord du terrain

Un autre témoignage de réussite est celui de Patrick Vieira, ancien milieu de terrain de la France et d’Arsenal. Après avoir raté l’opportunité de devenir le premier entraîneur noir de l’équipe nationale masculine des États-Unis, Vieira se demandait s’il aurait une seconde chance après ses licenciements controversés à Crystal Palace et à Strasbourg.

Mais après le licenciement d’Alberto Gilardino au Genoa, le club s’est tourné vers Vieira pour éviter la relégation. Non seulement il a sauvé Genoa de la descente, mais il a également mené l’équipe jusqu’à la neuvième place avant de terminer 13e, assurant le maintien en Serie A. Vieira a choisi d’étendre son contrat jusqu’en juin 2027, malgré l’intérêt de clubs majeurs tels qu’Inter Milan et Roma.

Le remplacement de Vieira à Strasbourg a été particulier, car un entraîneur noir remplaçait un autre entraîneur noir dans un club non africain, et même dans l’une des ligues majeures d’Europe. Liam Rosenior a pris la relève, devenant rapidement un des jeunes entraîneurs les plus prometteurs au monde.

Après une saison tumultueuse à Hull City, Rosenior a redressé la barre à Strasbourg, orchestrant un jeu dynamique qui a permis à l’équipe de terminer à la septième place, obtenant une qualification pour la Ligue de Conférence de l’UEFA. Avec des clubs de Premier League qui s’intéressent à lui, la direction de BlueCo a intelligemment prolongé son contrat de trois ans.

Rosenior n’est cependant pas le seul à réussir, puisque Habib Beye à Rennes et Antoine Kombouaré à Nantes naviguent également en Ligue 1, les deux ayant connu des moments décisifs durant leurs parcours respectifs.

L’entraîneur de RC Strasbourg, Liam Rosenior, célèbre

Âgé de 47 ans, Beye reçoit beaucoup d’éloges à Rennes. Le milliardaire François-Henri Pinault, propriétaire du club, a appelé Beye pour tenter de sauver l’équipe de la relégation, alors qu’elle était en difficulté à la 16e place. Beye a mené Rennes vers une belle fin de saison, se classant 12e. Cette dynamique a été maintenue lors de la saison 2025-26, où Rennes a remporté un match impressionnant contre Marseille malgré le fait de jouer à dix pendant la majeure partie de la rencontre.

Quant à Kombouaré, il a également su assurer le maintien de Nantes en Ligue 1 avec des semaines d’avance. Ce dernier, ancien défenseur du Paris Saint-Germain, a dû gérer un propriétaire très imprévisible. Malgré des difficultés, Kombouaré a réussi à faire remonter Nantes et à éviter la relégation, mais il a de nouveau été remercié à la fin de la saison. Cela dit, personne ne serait vraiment surpris si Kita, son président, faisait appel à lui une troisième fois, sauf si un autre club tente de le recruter auparavant.

L’entraîneur d’Orlando Pride, Seb Hines, sur la touche

Le football masculin n’est pas le seul à voir des entraîneurs noirs faire leur preuve.

Pour la première fois en douze ans d’existence de la National Women’s Football League (NWSL), son champion actuel est dirigé par un homme noir — Seb Hines, de l’Orlando Pride. À 37 ans, ce talent anglais a su transformer sa carrière de joueur, avec un passage en Premier League à Middlesbrough, en une réussite d’entraîneur.

Sous sa direction, la légendaire attaquante brésilienne Marta et le Pride ont remporté les deux premiers trophées de l’histoire du club — le NWSL Shield pour avoir terminé en tête de la saison régulière, suivi de la victoire en NWSL Championship.

Le parcours de Hines s’inscrit dans la lignée de celui de Lorne Donaldson, le premier entraîneur noir de la NWSL. En 2023, plusieurs entraîneurs noirs ont été présents pour la première fois dans ce championnat professionnel féminin américain, mais Donaldson a été licencié par les Chicago Red Stars après seulement six matchs cette saison.


Malgré les licenciements récents de Kombouaré, Donaldson et de l’entraîneur sud-africain Pitso Mosimane, qui a été renvoyé du club iranien d’Esteghal, l’année passée a apporté une opportunité inédite et un succès pour les entraîneurs noirs dans le football. Toutefois, la FIFA et les autres organismes puissants de ce sport mondial doivent continuer à promouvoir la diversité au sein des rangs d’entraîneurs, permettant aux personnes noires de diriger sur le terrain tout autant qu’elles le font sur le terrain de jeu.

Bon à savoir

  • Vincent Kompany a consolidé sa position, devenant le premier entraîneur noir à gagner la Bundesliga, marquant ainsi une avancée significative pour la représentation.
  • Nuno Espirito Santo a redressé la situation de Nottingham Forest, leur permettant de réaliser l’une des meilleures saisons depuis les années 1970.
  • Patrick Vieira a prouvé sa valeur en guidant le Genoa vers un maintien comptant sur une équipe réduite à dix joueurs à plusieurs reprises.

Il est essentiel de reconnaître que ces développements ne doivent pas être considérés comme des exceptions mais comme des tendances. La diversité dans le football à tous les niveaux, y compris les équipes d’entraîneurs, pourrait enrichir le jeu, le rendant plus représentatif des communautés qui le soutiennent. Quel impact cette évolution pourrait-elle avoir sur l’avenir du football professionnel et sur les jeunes qui aspirent à devenir entraîneurs ?


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One thought on “Les managers de foot noirs à suivre lors de la saison 2025-26”
  1. C’est enthousiasmant de voir enfin des entraîneurs noirs réussir dans le football. Cela montre que le changement est possible et que la diversité a sa place dans ce sport.

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