mer. Juin 24th, 2026

Madrid (AP) – L’ancien président de la fédération espagnole de football se retrouve devant la justice ce lundi, accusé d’agression sexuelle après avoir embrassé l’attaquante Jenni Hermoso suite à la victoire de l’Espagne lors de la finale de la Coupe du Monde féminine en 2023.

Ce baiser, que Hermoso a qualifié de non consenti, a terni les célébrations entourant l’exploit de l’équipe féminine. L’incident a provoqué une indignation généralisée au-delà du monde du football, déclenchant l’un des plus grands scandales de l’histoire du football espagnol.

Rubiales a également réalisé un geste inapproprié en se saisissant des parties intimes durant les célébrations, en présence de la reine Letizia d’Espagne et de la princesse Sofia. Bien qu’il ait nié toute faute, il a été contraint à la démission et a reçu une interdiction de la FIFA. Rubiales a affirmé être victime d’une “chasse aux sorcières” orchestrée par de “fausses féministes”, insistant sur le caractère consensuel du baiser.

Les accusations contre Rubiales

A aujourd’hui 47 ans, Rubiales est accusé d’agression sexuelle et d’avoir tenté de contraindre Hermoso à le soutenir publiquement. Un juge a statué que le baiser de Rubiales était “non consenti, unilatéral et survenant de manière surprenante.” En cas de condamnation, Rubiales pourrait encourir une amende ou une peine d’emprisonnement allant de un à quatre ans, selon les informations judiciaires. Une nouvelle loi a abrogé la distinction entre “harcèlement sexuel” et “agression sexuelle”, sanctionnant tout acte sexuel non consenti. Les procureurs, Hermoso et l’association des joueurs espagnols réclament une peine de deux ans et demi pour Rubiales, ainsi qu’une compensation de 50 000 euros en dommages et intérêts, et une interdiction d’exercer un poste d’officiel sportif. Hermoso demande également une injonction pour interdire à Rubiales de s’approcher d’elle.

Autres mises en examen

En plus de Rubiales, le juge a décidé que l’ancien entraîneur de l’équipe nationale féminine d’Espagne, Jorge Vilda, l’ancien directeur sportif de l’équipe masculine, Albert Luque, et l’ex-responsable marketing de la fédération, Rubén Rivera, devaient être jugés pour avoir soi-disant exercé des pressions sur Hermoso afin qu’elle défend Rubiales, ce qu’elle a refusé de faire. Tous ont également nié toute responsabilité. Le juge a précisé qu’il existait des éléments suffisants prouvant que Rubiales avait tenté sans succès de faire apparaître Hermoso dans une vidéo qu’il avait produite et publiée, au moment où l’indignation publique s’intensifiait. Il a aussi mentionné des raisons de croire que Vilda avait de même exercé des pressions sur le frère d’Hermoso. Luque et Rivera étaient également impliqués dans ces tentatives de coaction, selon le juge. Les procureurs, Hermoso et l’association des joueurs souhaitent une peine d’un an et demi pour les trois prévenus.

Calendrier et témoins

Le procès débute ce lundi et devrait durer au moins dix jours. Hermoso doit témoigner dès le premier jour. Parmi les près de 20 témoins attendus figurent l’entraîneur de l’équipe nationale masculine d’Espagne, Luis de la Fuente, ainsi que plusieurs coéquipières d’Hermoso de l’équipe nationale féminine, y compris l’ancienne joueuse mondiale de l’année, Alexia Putellas. Rubiales est tenu d’assister uniquement le premier et le dernier jour du procès, selon la cour. Les quatre défendeurs devraient prendre la parole vers la fin du procès, la semaine prochaine. Les filles de Rubiales sont également amenées à témoigner.

Conséquences du scandale

Hermoso et ses coéquipières ont refusé de jouer tant que Rubiales restait en poste et ont finalement réintégré l’équipe seulement quelques semaines plus tard, après qu’un accord médiatisé par le gouvernement ait été conclu avec le président intérimaire de la fédération, visant à réformer ses protocoles et à renforcer le soutien apporté à l’équipe féminine. Cela a inclus l’élimination du terme “féminine” du nom officiel de l’équipe. La FIFA a banni Rubiales pour trois ans, jusqu’après la Coupe du Monde 2026. Sa suspension expirera avant le prochain tournoi féminin en 2027. L’autorité sportive espagnole a également jugé que Rubiales n’était pas apte à occuper un poste de gestion sportive pendant trois ans.

Les autres problèmes de Rubiales

Pendant son mandat à la tête de l’instance dirigeante du football espagnol, Rubiales a réformé le format de la Supercoupe d’Espagne en 2020, créant un mini-tournoi à quatre équipes et délocalisant la compétition en Arabie Saoudite, dans le cadre d’un contrat d’une valeur présumée de 40 millions d’euros (environ 42 millions de dollars) par tournoi pour la fédération. Les procureurs ont ouvert une enquête sur cet accord en 2022 suite à la fuite d’enregistrements audio entre Rubiales et l’ancien joueur du FC Barcelone, Gerard Piqué, concernant des millions de dollars de commissions. La société de divertissement sportif de Piqué, Kosmos, était impliquée dans l’accord avec la fédération et l’Arabie Saoudite. Tous ont nié toute malversation.

Bon à savoir

  • L’affaire Rubiales illustre la nécessité d’une discussion ouverte sur le consentement au sein du sport et dans la société en général.
  • Des mécanismes de soutien à l’intention des athlètes sont de plus en plus mis en place pour protéger leurs droits et garantir un environnement de travail sain.
  • Les changements législatifs récents en Espagne visent à renforcer la lutte contre les violences sexuelles, en harmonisant les sanctions pour tous les actes non consentis.

Cette affaire soulève des questions importantes sur la représentation et la sécurité des femmes dans le sport. Alors que le football féminin continue de gagner en popularité, il est essentiel de veiller à ce que les comportements inappropriés ne soient pas banalisés et que toutes les voix soient entendues dans la recherche de justice et d’égalité.


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit
3 thoughts on “Rubiales jugé pour son baiser inapproprié : Ce qu’il faut savoir”
  1. Cette affaire met en lumière la nécessité de respecter le consentement dans tous les domaines, y compris le sport. Les voix des femmes doivent être entendues et défendues.

  2. Cet incident met en lumière l’importance de respecter les limites et le consentement dans le sport. Chaque voix compte dans la lutte pour l’égalité et la justice.

  3. C’est fascinant de voir comment ce scandale met en lumière les enjeux du consentement dans le sport. Les voix des femmes doivent être entendues et respectées !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *