mar. Juil 14th, 2026

Dans une ruelle proche du parc de Monza, où se situe le circuit de Formule 1, se trouve un restaurant que Fernando Alonso a fait sien, presque comme un sanctuaire. À quelques pas de l’hôtel où il séjourne habituellement pendant le Grand Prix d’Italie, ce lieu, décoré de tons ambrés et dominé par un four imposant en son centre, appartient à un passionné de F1, ou comme on dit ici en Italie, un « tifoso » fidèle à Ferrari. Pour les Italiens, Ferrari est bien plus qu’une équipe, c’est une véritable institution nationale, l’équivalent du Real Madrid ou du Barça pour les Espagnols. Une passion à fleur de peau. Le propriétaire réserve toujours à Alonso la même table, dos à l’entrée, pour éviter l’agitation, et fait en sorte qu’un serveur dédié veille à la discrétion du pilote asturien.

L’homme, originaire de la même région que Stefano Domenicali — Monza, aujourd’hui patron de la Formule 1 et ancien directeur général de Ferrari en 2009 — fut parmi les premiers à accepter l’idée du transfert d’Alonso chez Ferrari. « Ne vous inquiétez pas, tout est réglé pour 2010 », confia Domenicali à des journalistes amis. Cette confidence fut l’une des clés qui menèrent à la seule conclusion possible durant cette intense saison 2009 : Alonso allait rejoindre Ferrari.

La célèbre « Gazzetta dello Sport », sous l’égide du holding Fiat, propriétaire notamment de la Juventus et de l’écurie rouge, fut également un acteur influent. Pino Allievi, journaliste vétéran et figure respectée du paddock depuis 1978, priait depuis longtemps pour voir Alonso revêtir la combinaison rouge. En 2008, il martelait régulièrement cette idée dans les colonnes de ce prestigieux journal italien.

Allievi fut aussi le premier à indiquer que Alonso et Ferrari avaient trouvé un accord, un accord qui, comme souvent avec le pilote espagnol, demanda beaucoup de patience de la part des interlocuteurs. « À l’époque, il fallait d’abord passer par Flavio Briatore, son mentor de toujours, puis par José Luis, le père d’Alonso, ensuite par Luis García Abad, l’ancien manager, et enfin, si besoin, par Fernando lui-même », raconte un businessman ayant négocié avec l’entourage du pilote.

Pour Luca di Montezemolo, aristocrate et ancien président de Ferrari F1, ainsi que Stefano Domenicali, ce ne fut pas une négociation simple. De nombreuses clauses de confidentialité obligeaient au silence le plus total. La visibilité du transfert fut aussi soutenue par Santander, banque espagnole devenue sponsor principal de Ferrari à hauteur de 40 millions d’euros par an dès 2010, suivant ainsi le chemin tracé par Alonso et popularisant l’idée du pacte.

Le mystère laissa place à la confirmation lorsque l’équipe Alonso commença à recruter des spécialistes pour accompagner le pilote dans cette nouvelle aventure. La nouvelle fit surface dans la presse en mai 2009, et Ferrari officialisa la signature le 29 septembre. « Je terminerai ma carrière en F1 chez Ferrari. J’ai déjà gagné deux titres, j’ai couru chez McLaren, et aujourd’hui je suis dans la meilleure équipe de l’histoire. Que puis-je souhaiter de plus ? », confiait Alonso à la presse italienne.

Cinq ans d’une histoire intense, belle et passionnée, que les tifosi italiens n’oublieront pas de sitôt.

Points à retenir

  • Fernando Alonso a choisi Monza non seulement pour son Grand Prix mais aussi pour un petit refuge personnel, un resto tenu par un véritable « tifoso » de Ferrari.
  • Le transfert d’Alonso chez Ferrari fut un secret bien gardé, impliquant toute une équipe autour du pilote, entre famille, managers et mentors.
  • La Gazzetta dello Sport, réputée pour son influence en Italie, a joué un rôle significatif dans la promotion de ce transfert, grâce à son historique partenariat avec Fiat.
  • La négociation a demandé autant de patience qu’un Grand Prix en mode « safety car » : entre sourires feutrés et clauses de confidentialité à rendre jaloux un agent secret.
  • Le sponsoring bancaire du Santander, associé au transfert, a contribué à concrétiser et à médiatiser l’opération, preuve que la finance n’est jamais loin dans les paddocks.
  • Le rêve de beaucoup de fans s’est incarné dans ce passage, même si, comme dans toute saga, la réalité a eu ses hauts et ses bas sur cinq ans.

Au final, cette anecdote autour d’Alonso et de son passage chez Ferrari, loin des projecteurs des circuits, rappelle à quel point la Formule 1 est autant une histoire de passion et d’émotions que de contrats bien ficelés. Et entre nous, si venir s’asseoir dos à l’entrée dans un petit resto à Monza vous garantit la tranquillité, je me demande bien pourquoi on ne me l’a pas dit plus tôt… Allez, la F1, c’est aussi ça : un savant mélange d’exploits sur piste et de petits coins secrets pour recharger ses batteries.


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