mer. Juin 24th, 2026

Les ingénieurs ont tendance à privilégier les faits et les chiffres, en reléguant les émotions au second plan, surtout après une course éprouvante. Andy Cowell, directeur d’équipe chez Aston Martin, ne déroge pas à la règle. Fernando Alonso a terminé septième du Grand Prix de Singapour, grâce à plusieurs dépassements maîtrisés sur Hadjar, Bearman ou Albon, et une remontée impressionnante malgré un arrêt au stand particulièrement long, de neuf secondes. Le Britannique célèbre cette performance, mais ne s’attarde pas uniquement sur le style de pilotage de Fernando. Il applaudit aussi les dépassements de Lance Stroll, 13e ce jour-là, même si ceux-ci auront eu une portée moindre comparée à ceux d’Alonso, désigné « pilote du jour » par la F1. Interrogé sur son dépassement préféré, il répond sobrement :
« Je n’en ai pas, ce sont tous des dépassements. Je ne peux pas choisir. »

En analysant le week-end dans son ensemble, Cowell admet que la voiture AMR25 visait une meilleure place sur la grille. Il remet en question la stratégie adoptée lors des essais libres, qui a compromis la séance de qualification dès la troisième session :
« Nous avons suivi un programme différent vendredi par rapport aux autres équipes. En qualification, nous étions en dessous des attentes car nous avons fait des runs avec beaucoup de carburant en Libres 3, qui auraient dû être réalisés en Libres 2. Avec du recul, nous aurions dû faire la simulation de qualification le samedi. Cette saison, les écarts sont très réduits. Fernando et Lance ont rencontré les mêmes difficultés dès la Q1. S’ils avaient pu tenter plus d’essais en Libres 3, ils auraient été plus performants. »

Sur le plan de la stratégie, le choix de partir en pneus tendres s’avère judicieux :
« C’était une bonne décision de s’élancer sur les pneus tendres. Le risque était de devoir s’arrêter tôt, puis d’avoir une voiture de sécurité dix tours plus tard, il fallait donc conserver les gommes longtemps. Avec Lance, nous attendions cette voiture de sécurité, mais elle n’est jamais arrivée. Les pneumatiques ont fait leur travail. Nous avons déçu Fernando lors du pit-stop mais il s’est battu pour revenir. Il n’y a pas eu de voiture de sécurité à Singapour, mais il y a eu beaucoup de dépassements. Qui l’aurait cru ? »

Fernando Alonso (Aston Martin AMR25) à Singapour
Fernando Alonso au volant de l’Aston Martin AMR25, Grand Prix de Singapour 2025. Crédit : Simon Galloway

Tout n’a pas été parfait. Alonso a dû compenser un arrêt aux stands exceptionnellement long, près de neuf secondes, malgré un rythme prometteur pour la zone médiane à Marina Bay. Cowell détaille l’origine de ce contretemps :
« Nous sommes en train d’analyser cela, car nous avons perdu six secondes au changement des pneus. La roue avant droite a posé le principal problème. Aujourd’hui, nous disposons de nombreuses données et vidéos sur les arrêts au stand, ce qui nous permettra d’apprendre et de progresser. »

Austin et Qatar, pistes plus favorables que Mexico ou Las Vegas

La fin de saison s’annonce intense pour Aston Martin, avec des performances en dents de scie selon les circuits. Neuvième à Monza et Bakou, deux tracés favorables aux moteurs et aux longues lignes droites, l’équipe a retrouvé de la compétitivité sur la piste exigeante de Singapour, connue pour sa forte charge aérodynamique. Les prochains rendez-vous à Austin, Qatar ou au Brésil pourraient offrir de meilleures opportunités tandis que les épreuves de Mexico et Las Vegas s’annoncent plus difficiles.
« Les prédictions sont compliquées. Nous ferons tout pour tirer le meilleur parti de la voiture à chaque course, comme avec le choix des pneus tendres au départ. Seuls six pilotes ont opté pour cette stratégie, était-ce la bonne décision ? Oui, je pense que oui. Les quatre premiers forment leur propre championnat, et nous essayons de mener le reste du peloton », conclut l’ingénieur.

Points à retenir

  • Fernando Alonso a impressionné à Singapour avec plusieurs dépassements remarquables, malgré un arrêt au stand lent.
  • Aston Martin a reconnu une erreur stratégique dans la gestion des essais libres, ce qui a pénalisé la qualification.
  • Le choix des pneus tendres au départ a été justifié, même si l’arrêt aux stands a coûté cher dans le classement.
  • La gestion des arrêts au stand reste un point à améliorer, notamment sur le changement de la roue avant droite.
  • Certains circuits comme Austin, Qatar et le Brésil semblent mieux adaptés à l’AMR25 que Mexico ou Las Vegas.

Si la lutte pour le podium reste compliquée face aux ténors du championnat, Aston Martin poursuit une stratégie claire pour rester le premier prétendant en dehors du top 4. Cette course à la régularité et aux choix tactiques souligne à quel point chaque détail compte. Après tout, en Formule 1, ce sont souvent ces petites marges qui font la différence entre une belle opération et un coup d’arrêt.

Personnellement, je trouve fascinant de voir comment un sport si technique peut aussi receler tant de surprises et d’imprévus — un peu comme une recette de cuisine où le moindre ingrédient modifie le plat final. Espérons que les ingénieurs d’Aston Martin sauront affiner leur recette pour offrir à Fernando et Lance des courses encore plus savoureuses. Et qui sait, parfois même un arrêt au stand raté peut se transformer en une belle occasion de montrer du panache en piste… Allez, Vroom vroom ! 🚗💨


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