mer. Juil 15th, 2026

Photo : Andrea Migno

Loris Reggiani exprime son mécontentement envers le Mondial : “Ce championnat me dégoûte”

La discussion a débuté de manière posée, presque intime, mais s’est rapidement intensifiée, conduisant à des déclarations percutantes. Loris Reggiani, accompagné d’Andrea Migno et d’Aldo Drudi, s’est exprimé sans réserve lors d’un entretien approfondi, abordant son expérience en tant que manager, sa désillusion personnelle et surtout, sa vision critique du présent et de l’avenir du championnat de MotoGP.

“Je pense avoir été un bon manager, mais j’ai été trop ami”, a admis Reggiani, concédant que cette proximité lui a coûté cher. “Il aurait fallu garder une certaine distance. Cela m’a causé une grande déception,” a-t-il révélé, faisant même mention de pilotes comme Andrea Dovizioso qui avaient sollicité ses services, mais qu’il a décidé de ne pas représenter.

Un championnat qui ne lui plaît plus

Lorsqu’il a été question du championnat de 2026, le ton a radicalement changé. Reggiani a été direct et sans fioritures : “Je ne sais même pas si je regarderai le Mondial de 2026. Ce championnat me dégoûte. Je n’aime pas du tout,” a-t-il lâché, clairement désillusionné.

Pour l’ancien pilote et commentateur, le problème est évident : l’absence d’égalité. Après plusieurs saisons serrées et palpitantes, il estime que le règne actuel a nui au spectacle. “Márquez ne me plaît pas. Ses courses sont ennuyeuses, car il est bien trop rapide par rapport aux autres. Cela devient prévisible,” a-t-il déclaré, indiquant qu’il anticipe une situation similaire l’année prochaine. Aldo Drudi a partiellement soutenu son point de vue, reconnaissant le talent indiscutable de Márquez, tout en ajoutant une critique personnelle : “C’est un talent exceptionnel, mais cela ne me passionne pas. Il va également écraser le championnat l’année prochaine, si sa condition physique le lui permet,” a-t-il noté.

La rigueur d’un champion

La conversation a alors pris un tournant plus humain. Drudi a pris comme exemple la relation entre frères, affirmant qu’il n’y a pas de concessions, même dans ce cadre. Il a rappelé comment Marc a été implacable même envers Álex en soulignant que “la différence de talent est évidente.” Selon lui, cette rigueur fait partie de l’ADN d’un champion, bien qu’il reconnaisse que certaines attitudes peuvent être difficiles à comprendre hors des circuits. Reggiani a succinctement résumé la situation : en course, il n’y a pas de place pour les sentiments. “Tu ne peux pas laisser gagner ton frère juste parce que c’est ton frère.”

Thunderbolt et une nouvelle façon d’aborder la moto

Le ton a de nouveau changé lorsque le projet Thunderbolt a été évoqué, une initiative très différente du MotoGP actuel. Reggiani a expliqué que cette idée visait à soutenir les circuits plus petits, confrontés à des problèmes de bruit. “Nous avons créé une moto pour le plaisir et pour aider les circuits qui ont des problèmes avec les riverains,” a-t-il expliqué. Il s’agit de petites motos électriques, silencieuses et faciles à utiliser, pensées pour le plaisir plutôt que la compétition. “Notre souci n’était pas tant la pollution que le bruit,” a-t-il insisté. L’expérience avec des prototypes, l’engouement de la fédération italienne et même une tentative de créer un trophée ont montré que l’idée était viable, bien qu’il ait également souligné que les passionnés de course ont encore du mal à renoncer au son des moteurs.

À présent, l’objectif est de transposer ce concept sur la route, avec des modèles limités pour les jeunes de 14 ans. Cependant, Reggiani a été réaliste : “Les jeunes préfèrent aujourd’hui acheter un iPhone plutôt qu’une moto.”

Critique du parcours des catégories inférieures

La discussion s’est conclue par une réflexion plus large sur l’avenir du Mondial. Reggiani s’est montré très critique vis-à-vis de l’évolution monomarque de Moto2 et Moto3. “Cela enlève de l’intérêt à la partie technique, à l’essence même du motocyclisme,” a-t-il déploré. À ses yeux, “tout semble indiquer que seul MotoGP compte réellement, tandis que les autres catégories perdent de leur importance et de leur prestige.”

Il a même suggéré une idée inquiétante : que dans le futur, Moto2 et Moto3 cessent d’être des championnats du monde et deviennent de simples coupes. Un changement qui, selon lui, redéfinirait l’histoire et dévaluerait de nombreux titres du passé. La conversation a pris fin dans une ambiance légère, mais avec une idée claire : Reggiani ne cherche pas à plaire. Il parle parce qu’il a l’impression que le motocyclisme s’éloigne de ce qui l’a rendu grand, et il n’hésite pas à le dire haut et fort.

Points à retenir

  • Reggiani a souligné la nécessité d’une séparation entre amitié et professionnalisme en tant que manager.
  • Le sentiment de dégoût vis-à-vis du MotoGP actuel est lié à l’absence d’une compétition équilibrée.
  • Le projet Thunderbolt propose une approche différente de la moto, axée sur le plaisir et le respect des réglementations sonores.
  • Critique de l’orientation actuelle des catégories Moto2 et Moto3, qui risquent de perdre de leur prestige.

Au-delà des récriminations de Reggiani, il est essentiel de se demander comment le motocyclisme peut évoluer tout en restant fidèle à ses racines. Les champions passent, mais les principes du sport devraient perdurer. Qu’en pensez-vous ? Cette trajectoire actuelle pourrait-elle remettre en cause l’âme même de la compétition ?


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