lun. Juil 13th, 2026
Maverick Viñales en action avec KTM

Photo : MotoGP

Le bilan de Viñales dans sa nouvelle aventure

Maverick Viñales entamait ce début 2025 sous un nouveau chapitre, avec des défis inédits à relever. Après des passages réussis chez Suzuki, Yamaha et Aprilia, où il a su gagner au moins une course avec chacune de ces marques, le pilote catalan s’est lancé chez KTM Tech3 dans un contexte plus compliqué. Malgré une moto encore en évolution et une certaine irrégularité, Viñales a su tirer parti des opportunités sur plusieurs Grands Prix. Dans une interview accordée au média français Motojournal — toujours exigeant et pertinent — il affirme son engagement envers KTM tout en revenant sur son expérience chez Yamaha ainsi que sur son évolution personnelle.

L’arrivée chez KTM n’a pas été une simple formalité. En pleine tourmente économique, le projet semblait fragile. «Le plus dur a été de croire que la saison allait vraiment avoir lieu», confie Viñales. «En novembre, quand on a pris conscience de la situation financière délicate de KTM, personne ne s’y attendait. Il a fallu garder son calme et croire que les choses s’amélioreraient. Heureusement, ce fut le cas». Ainsi, le principal challenge de Maverick ne s’est pas nécessairement joué sur la piste, mais bien en coulisses.

Une fois la saison lancée, les obstacles se sont déplacés vers le développement technique. La prise en main de la moto a tardé à produire des résultats. «J’ai eu du mal au départ à cause, selon moi, d’une configuration trop approximative. Je ne parvenais pas à piloter de façon fluide, la moto me paraissait étrange. Mais dès qu’on a mieux compris la machine et ajusté les réglages, les choses se sont améliorées». Aujourd’hui, Viñales se sent en confiance, capable de pousser sa KTM à la limite. «Si on parvient à un petit progrès supplémentaire, on fera un grand bond en avant», espère-t-il.

Un tournant mental décisif

Le véritable changement chez Viñales vient de sa mentalité renouvelée. Plus stable et concentré qu’à d’autres phases de sa carrière, il explique : «Quand j’ai signé avec KTM, quelque chose s’est débloqué. Tout paraît plus simple, de ma façon de penser à ma méthode de travail. J’accepte les choses autrement». Cette maturité se ressent aussi dans son attitude au sein de l’équipe : «Je travaille beaucoup sur moi-même cette année pour tirer profit de chaque opportunité. Porter les couleurs du Red Bull KTM Tech3 me remplit de fierté».

Cependant, Viñales n’ignore pas les difficultés structurelles auxquelles KTM fait face. Le manque de pièces, le frein au développement dû à l’instabilité financière et la pression médiatique pèsent lourd. «On est constamment dans l’inquiétude, même quand je vais me faire un café, quelqu’un vient m’expliquer la situation. Mais de ce que j’ai vu récemment à l’usine, tout le monde est motivé et prêt à donner le meilleur». L’optimisme tient aussi aux essais programmés, notamment à Barcelone et Misano, avec des plans déjà balisés jusqu’en 2027.

Déterminé à renouer avec le succès, Viñales ne cache pas ses ambitions : «Je m’entraîne chaque jour avec la volonté de gagner avec KTM. J’ai toujours la même motivation qu’en 2011, quand j’ai débuté dans ce paddock». Il revient également sur son départ de Yamaha, un choix qu’il ne referait pas : «Si je pouvais revenir en arrière, je ne partirais jamais de Yamaha. C’est un team incroyable et je ne me suis rendu compte de sa valeur que trop tard. Partir précipitamment, ce n’est pas la solution. Moi, à leur place, je resterais».

Points à retenir

  • Viñales, avec ses trois victoires sur trois constructeurs différents, a toujours eu le chic pour se réinventer.
  • Le vrai combat cette année n’est pas sur la piste, mais dans les coulisses d’une KTM aux finances vacillantes.
  • Son apprentissage de la KTM ressemble à un mariage un peu bancal au début, mais qui s’améliore avec le temps et les ajustements.
  • Une nouvelle mentalité plus calme et plus posée semble dévoiler un Viñales différent, presque sage (oui, presque).
  • La patience est mère de vertu, surtout quand on se mord les doigts d’avoir quitté Yamaha trop tôt.
  • KTM mise sur le long terme avec des plans jusqu’en 2027, comme qui dirait, on ne fait pas les choses à moitié.

En résumé, Maverick joue aujourd’hui une partition plus posée, tentant de conjurer l’instabilité et l’incertitude par une approche plus réfléchie. Mais quand on regarde tout ça, je me dis que parfois dans ce paddock, ce ne sont pas seulement les moteurs qui tournent à plein régime… c’est aussi la tête, et pas forcément dans le bon sens. Alors, qui sait ? Peut-être qu’avec un peu plus de chance et beaucoup de patience, Viñales et KTM écriront bientôt un nouveau chapitre moins chaotique. En attendant, laissons-le savourer sa tasse de café — elle semble chargée de bien plus que de simples grains torréfiés.


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