mar. Juil 14th, 2026

Bologne, 12 août 2025 – Si les constructeurs européens règnent actuellement sur le MotoGP, le retour en force des Japonais est attendu. Davide Brivio, aujourd’hui à la tête de l’équipe Trackhouse pour Aprilia et fort de vingt années d’expérience au sein de teams japonais comme Yamaha et Suzuki, analyse la situation. Selon lui, la crise chez Iwata et Honda n’est pas liée à un manque de compétences techniques, mais plutôt à une organisation dépassée. Les méthodes de travail ont évolué ces dernières années, et les Japonais semblent avoir pris du retard alors que Ducati et d’autres équipes européennes ont adopté de nouveaux modes opératoires innovants. Le rattrapage est néanmoins une question de temps ; avec l’arrivée croissante d’ingénieurs européens, le fossé se réduira rapidement.

Brivio : « Dall’Igna a fait la différence par son organisation »

Pour Davide Brivio, il ne s’agit pas d’un déficit technique chez les Japonais, mais d’une adaptation aux nouvelles exigences du MotoGP. L’impact de l’aérodynamique, de l’électronique ou encore des systèmes de suspension avancés a bouleversé les méthodes de conception. « Je ne crois pas que les Japonais aient oublié comment construire une moto, explique Brivio. Ils rencontrent des difficultés, mais ils recrutent des ingénieurs européens pour combler leur retard. Il faut surtout revoir les méthodes de travail. MotoGP a changé, particulièrement dans la façon dont les équipes analysent leurs données et développent les machines. Il y a désormais beaucoup plus d’outils d’analyse, de logiciels, et d’approches sur plusieurs fronts. Dans ce domaine, Ducati a su tirer son épingle du jeu grâce à une organisation efficace. »

Brivio est convaincu que la remontée des constructeurs japonais est inévitable mais prendra du temps. « Il leur faut réorganiser leur façon de travailler. Dall’Igna a vraiment marqué la différence avec son approche organisationnelle. Quand Honda et Yamaha sauront orienter leurs ressources comme il faut, ils reviendront au sommet. » Pendant ce temps, Ducati s’appuie sur quatre titres pilotes consécutifs, avec Bagnaia (double champion), Martin en 2024, puis un Marquez dominant cette saison. Aprilia confirme aussi sa renaissance tandis que KTM pâtit de la crise économique et d’un développement tardif de sa moto, même si elle reste troisième, devant Honda et Yamaha, qui sont encore en retrait. Cette situation pose notamment un problème pour Fabio Quartararo, dont le contrat expire en 2026, ouvrant la porte à un marché potentiel des transferts l’an prochain. Le changement de règlements à venir pourrait aussi jouer en faveur du retour en puissance des Japonais, dynamisant la compétition. En attendant, le Grand Prix d’Autriche se déroulera du vendredi au dimanche, avec une course Sprint samedi à 15 h 14, suivie de la course longue dimanche à 14 h 00.

Points à retenir

  • Le MotoGP est actuellement dominé par les constructeurs européens, notamment Ducati et Aprilia.
  • Les Japonais, traditionnels leaders, éprouvent des difficultés liées à des méthodes de travail qui n’ont pas suffisamment évolué.
  • Les nouvelles technologies, notamment l’aérodynamique et l’électronique avancée, exigent une organisation moderne que certains n’ont pas encore adoptée.
  • Le recrutement d’ingénieurs européens par Honda et Yamaha marque une première étape vers le rattrapage.
  • Le succès de Ducati a beaucoup à voir avec une organisation rigoureuse, portée par des figures comme Dall’Igna.
  • La situation contractuelle de pilotes clés, comme Fabio Quartararo, est susceptible de bouleverser le marché des transferts dès 2026.
  • Les évolutions réglementaires prochaines pourraient redistribuer les cartes entre les constructeurs.

En somme, la bataille pour la suprématie en MotoGP s’annonce plus ouverte que jamais. Le sport entre dans une phase où organisation et innovation tiennent un rôle aussi crucial que le talent mécanique. Et puis, il faut bien l’admettre, voir les géants japonais, habitués à dominer le jeu, se remettre en question est finalement assez rafraîchissant. Après tout, qui n’aime pas un bon comeback ? Reste à savoir combien de temps ils mettront avant de nous faire tourner la tête à nouveau. Moi, je prends des pop-corns, parce que la saison promet du spectacle… et un petit chambrage bien mérité !


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