Le mois dernier, Sony a affirmé que les “consommateurs raisonnables” savent qu’ils ne possèdent pas vraiment les biens numériques pour lesquels ils ont payé. Le site Consumer Rights a désormais dressé une liste recensant plus de 30 cas où Sony a assuré à ses clients qu’ils possédaient bel et bien les jeux numériques acquis.
Une action collective récemment déposée contre Sony a soutenu que le PlayStation Store n’est pas assez clair sur le fait que les achats numériques ne garantissent pas une véritable propriété. Lorsqu’un joueur effectue un achat sur le PlayStation Store, il paie en réalité une licence numérique qui peut être révoquée à tout moment, ce qui signifie que l’achat ne garantit pas un accès permanent à un jeu particulier, à un DLC ou à un pack cosmétique.
En réponse à cette accusation, l’équipe juridique de Sony a argué qu’elle respectait la législation en vigueur sur la propriété numérique, affirmant que “les consommateurs raisonnables ne seraient pas trompés” par les petites mentions sur le site, comme les liens vers les Conditions d’utilisation et l’Accord de licence de logiciel, qui apparaissent juste avant le paiement sur le PlayStation Store.
Apparemment en réponse à ces arguments, le site Consumer Rights a créé un “tableau non exhaustif de références sur le site de Sony concernant la ‘possession’ de jeux numériques.” Cette liste inclut plus de 30 exemples où le site de Sony a évoqué des phrases comme “Visionnez un enregistrement d’un jeu que vous possédez via le hub du jeu,” ou “Si vous possédez les versions PS4 et PS5 du même jeu, voici comment basculer entre elles…”
Un des exemples récents se trouve dans la section FAQ de Marvel’s Wolverine : “Les propriétaires de l’Édition Standard peuvent également bénéficier d’une mise à niveau vers le contenu de l’Édition Digital Deluxe.”
Les plaignants de l’action en justice ont affirmé que Sony enfreignait une loi californienne qui interdit à un vendeur de biens numériques de faire de la publicité ou de proposer à la vente un bien numérique avec des termes tels que “acheter” ou “acquérir”, ce qui induirait une compréhension raisonnable de la propriété complète du bien numérique. Il semble que ce concept de “raisonnabilité” puisse poser question en justice. Un vendeur numérique peut contourner la loi en fournissant aux clients des informations claires sur les licences qu’ils achètent. L’évolution de cette affaire sera à suivre dans les semaines et mois à venir.
Points à retenir
- Sony fait face à une action collective concernant la clarté de la propriété des jeux numériques.
- Les achats sur le PlayStation Store sont considérés comme des licences réversibles plutôt que comme une ownership réelle.
- La loi californienne impose des restrictions sur la manière de promouvoir les biens numériques.
- Plus de 30 exemples de communication de Sony invoquant la possession de jeux numériques ont été relevés.
- Le processus judiciaire en cours pourrait clarifier la réglementation sur la propriété numérique.
En tant que consommateur, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur la nature de notre rapport à la propriété dans un monde de plus en plus numérique. Ce procès pourrait bien poser des questions essentielles sur les droits des utilisateurs face à l’évolution rapide de la technologie, et il est crucial que nous restions informés sur les enjeux en jeu. Peut-on vraiment parler de possession dans le cadre des biens numériques, ou sommes-nous simplement des locataires d’un accès temporaire ?
