mar. Juin 16th, 2026

« Des études montrent que les résultats des systèmes de vote en ligne peuvent être piratés à grande échelle sans laisser de traces », déclare un conseiller.

Lors des élections municipales et scolaires de 2026, la méthode traditionnelle des bulletins de vote en papier a été retenue comme la meilleure option pour garantir la sécurité.

Le conseil municipal d’Orillia a validé ce système lors de la réunion du 11 août, sans discussion. Il a également approuvé l’utilisation de 150 000 $ prélevés sur le fonds électoral pour le scrutin du 26 octobre 2026.

Un rapport sur les méthodes de vote alternatives avait été présenté le 21 juillet, proposant trois options : le vote entièrement électronique, un hybride de vote électronique et de bulletins en papier, ainsi que l’utilisation exclusive de bulletins en papier. Ce rapport, rédigé par Dan Kirby, greffier et directeur des services aux conseils, n’a pas recommandé d’option précise.

Ce sujet avait suscité de vives discussions lors de la réunion de juillet, mais le conseil avait finalement décidé de postpone sa décision finale à la réunion d’août.

Le conseiller Jay Fallis exprimait son opposition à l’introduction du vote en ligne, craignant des cyberattaques potentielles.

« L’utilisation du vote électronique et du vote par téléphone, qui s’appuient également sur des programmes basés sur le web, expose le processus électoral à des risques considérables », a déclaré Fallis à OrilliaMatters.

« Bien que je sois très favorable à l’exploration de solutions pour rendre le processus électoral plus accessible, des études montrent que des résultats de systèmes de vote en ligne peuvent être piratés à grande échelle sans laisser de traces. »

Fallis a partagé avec le conseil un rapport intitulé “Cyber Risks in Ontario Elections” rédigé par James D. Brunet, qui détaille le fait que la multitude de systèmes de vote électronique utilisés dans les municipalités de l’Ontario ne respecte pas les normes européennes en matière de cybersécurité.

« Le vote en ligne est de plus en plus courant dans les municipalités de l’Ontario, malgré l’absence de normes technologiques et procédurales réglementées », écrit Brunet. « En Ontario, les systèmes de vote en ligne, la législation et les procédures municipales ne répondent pas aux directives de la Commission européenne pour le vote en ligne. »

Depuis le début des années 2000, le vote en ligne a gagné en popularité. Le rapport de Kirby indique que 217 des 417 municipalités de l’Ontario autorisent ce mode, seul ou en complément d’autres. De plus, il mentionne que si la ville d’Orillia optait pour une méthode électronique, elle ferait appel à une entreprise de cybersécurité tierce chargée d’auditer les systèmes de vote des fournisseurs afin d’en trouver le plus sécurisé.

Cependant, Brunet souligne que « les systèmes informatiques qui comptent les voix pourraient être manipulés, les électeurs pourraient être intimidés pour voter d’une certaine manière, les électeurs pourraient être usurpés et le secret du vote pourrait être compromis. »

C’est pourquoi Fallis soutient la méthode traditionnelle.

« Les bulletins de papier éliminent toutes les préoccupations de sécurité liées au vote en ligne ou par téléphone. Les bulletins en papier préservent l’intégrité du processus », a-t-il expliqué.

Le vote électronique a été introduit en partie pour élargir l’accès au vote, notamment pour les personnes ayant des difficultés à se déplacer vers un bureau de vote ou celles qui préfèrent voter en ligne. Lorsque Fallis a été interrogé sur la possibilité que le système de vote par papier puisse constituer un obstacle pour ces personnes, il a exprimé son soutien pour le vote par correspondance.

« Le vote par correspondance permettrait de surmonter des défis d’accessibilité et de réduire les risques de sécurité pour notre système électoral », a-t-il conclu.

Bon à savoir

  • Le vote en ligne a été introduit dans les années 2000 dans plusieurs municipalités canadiennes, mais demeure controversé en raison des préoccupations de sécurité.
  • Des études ont montré que l’intégration de méthodes de vote électronique ne garantit pas toujours respect de la confidentialité et de la sécurité des électeurs.
  • Le vote par correspondance est proposé comme alternative pour répondre aux besoins d’accessibilité, tout en limitant les risques de fraudes.

Le débat sur les méthodes de vote soulève des enjeux cruciaux concernant la sécurité, l’accessibilité et la confiance du public dans le processus électoral. À l’approche des élections, il est essentiel de s’interroger sur la manière dont ces technologies peuvent coexister avec les méthodes traditionnelles tout en assurant l’intégrité du vote. Quels compromis serions-nous prêts à faire pour moderniser le processus sans compromettre la sécurité ?


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