Le jeu “Doom”, lancé en 1993, a marqué l’émergence du genre des jeux de tir à la première personne (FPS). Bien que la mode des FPS ait commencé à s’installer, “Doom” a pris un virage vers un gameplay rapide et multijoueur, éloignant son attention de la narration. À l’époque, les rencontres en LAN permettaient aux joueurs de rivaliser et de créer des communautés dynamiques, et “Doom” a été à la pointe de ce mouvement, changeant le visage des jeux FPS et inspirant de nombreux titres qui ont suivi.
Il n’est donc pas surprenant que le succès colossal de “Doom” ait engendré une franchise durable, comprenant “Doom Eternal”, sorti en 2020, ainsi qu’un reboot en 2016. La plupart des jeux de la série suivent un même principe : le protagoniste, connu sous le nom de “Doomguy”, un marine spatial sans nom, fait face à des démons et à des créatures infernales dans des scènes de violence intense. Les joueurs doivent détruire les ennemis, résoudre des énigmes et explorer des labyrinthes pour progresser. Le choix presque délibéré de négliger la narration a son importance – après tout, quel serait l’intérêt d’une intrigue lorsqu’on peut simplement tirer sur des démons en écoutant du metal industriel en fond sonore ?
Le film de science-fiction “Doom”, sorti en 2005 et réalisé par Andrzej Bartkowiak, fait l’erreur fatale de négliger cet aspect fondamental du jeu vidéo. Avant même sa sortie, il était déjà en train de devenir un échec au box-office. Avec des acteurs comme Karl Urban et Dwayne Johnson, qui incarnent respectivement Doomguy et le sergent Asher Mahonin, et Rosamund Pike dans le rôle du Dr Samantha Grimm, ce film tente de faire évoluer l’univers de “Doom”. Analysons donc les erreurs commises lors du lancement de ce film, qui fête ses 20 ans cette année.
Une adaptation éloignée de l’original
Bien que “Doom” soit sorti en 2005, le reboot de 2016 et “Doom Eternal” ont montré une évolution vers des récits plus centrés sur l’intrigue. Cela implique un choix délibéré de négliger la profondeur narrative du matériel source au profit d’une action intense. La production a souffert de divergences conceptuelles, ce qui a limité son potentiel dès le départ. Critiqué sur de nombreux fronts, le film a récolté seulement 58,7 millions de dollars pour un budget de 70 millions de dollars, ce qui est problématique.
En ce qui concerne le casting, Dwayne Johnson devait initialement jouer John Grimm, mais a finalement opté pour un rôle plus sombre et militarisé. Pendant ce temps, Karl Urban a pu se glisser dans la peau du héros. Avec le recul, cela semble être une erreur : Johnson aurait peut-être brillamment incarné le héros tandis qu’Urban, avec son penchant pour la complexité, aurait brillé dans le personnage projeté. Cependant, le véritable problème réside dans un scénario peu inspiré, incapable de capturer l’essence de “Doom”.
Quant à Rosamund Pike, il est possible de considérer que son rôle a également contribué à l’échec du film, bien que cela soit davantage lié à la production chaotique qui l’entourait. Le vrai défi était de rendre hommage à l’esprit du jeu : “Doom” n’est pas simplement une série de tirs dans l’espace, mais une réponse à la peur des échecs moraux de l’humanité. Même sans une histoire traditionnelle, le monde de “Doom” est intriguant et complexe, et exige une exploration plus approfondie.
Points à retenir
- Le jeu “Doom” est pionnier dans le genre FPS et a établi un modèle de gameplay multijoueur dans les années 90.
- Le film de 2005 a été critiqué pour son adaptation faible, ne rendant pas hommage à l’univers du jeu.
- Le casting, bien qu’apparemment solide, n’a pas réussi à pallier les lacunes d’un scénario déficient.
En somme, l’adaptation cinématographique de “Doom” soulève des questions sur la difficulté à traduire une expérience interactive en une narration filmique convaincante. Les éléments d’action présents dans le jeu peuvent-ils encore captiver un public à travers un médium différent, ou est-ce que les attentes sont trop ancrées dans une expérience ludique interactive ? La discussion demeure ouverte sur la manière dont les propriétés vidéoludiques devraient être abordées dans le paysage cinématographique actuel.

C’est fascinant de voir comment un jeu aussi influent a été adapté au cinéma. Dommage que le film n’ait pas su capturer l’âme de ‘Doom’.
L’adaptation de ‘Doom’ montre vraiment les défis d’amener un jeu vidéo sur grand écran. Les fans méritaient une histoire qui respecte l’univers original.