Bizum est désormais un outil incontournable pour des millions de personnes en Espagne. Ce qui a commencé comme un moyen rapide d’envoyer de l’argent entre amis ou en famille est devenu l’un des modes de paiement les plus prisés du pays, utilisé tant pour des achats mineurs que pour le règlement de services. La plateforme compte plus de 27 millions d’utilisateurs et traite des dizaines de transactions chaque seconde, la plaçant au cœur du système de paiement numérique.

Bizum, l’application pour envoyer et recevoir de l’argent, est l’une des plus utilisées en Espagne.
Cependant, ce développement n’est pas passé inaperçu aux yeux de l’Agence fiscale. Ces dernières années, le fisc a intensifié sa surveillance des plateformes numériques de gestion financière, comme ce fut le cas pour les applications de vente de seconde main. Bizum, qui bénéficiait jusqu’à présent d’obligations moindres que d’autres canaux traditionnels, est désormais dans la ligne de mire.
Actuellement, Bizum est soumis à certaines limites opérationnelles : montants minimum et maximum par envoi (de 50 centimes à 1 000 euros), un nombre déterminé de transactions mensuelles (60) et un plafond annuel de 10 000 euros envoyés à une même personne. Toutefois, ces contrôles n’exigeaient pas une communication systématique des transactions au fisc, en dehors des cas déjà spécifiés par la législation fiscale.
Cela est sur le point de changer. Le Ministère des Finances s’affaire à mettre en place une nouvelle régulation qui fera obligation aux banques de rendre compte régulièrement à l’Agence fiscale de tous les revenus perçus par les entreprises et travailleurs indépendants via Bizum. Les utilisateurs ne devront pas entreprendre d’action supplémentaire, étant donné que ce sont les établissements financiers qui seront chargés d’envoyer les informations.
Selon le calendrier envisagé, ce renforcement du contrôle sera effectif à partir du 1er janvier 2026. Cela ne signifiera pas que les citoyens devront déclarer systématiquement chaque Bizum envoyé ou reçu. Simplement, si l’argent est lié à une activité économique, il devra être déclaré comme tout autre revenu, quel que soit le mode de paiement utilisé.

Le président du gouvernement Pedro Sánchez, aux côtés de la présidente du Congrès, Francina Armengol, lors d’un événement officiel.
Avec ce dispositif, l’Agence vise à réduire la fraude et à éviter que certains paiements échappent à son contrôle. En cas de non-respect, des sanctions allant de 600 euros à des pourcentages élevés du montant non déclaré sont prévues, ainsi que la possibilité de réaliser des inspections en cas d’irrégularités.
Pour les utilisateurs qui se servent de Bizum uniquement pour des dépenses quotidiennes ou des transferts personnels, aucune nouvelle limitation ne sera imposée. Néanmoins, avec cette nouvelle réglementation, toutes les transactions seront enregistrées et pourront être demandées par l’Agence fiscale via les banques lorsque cela sera nécessaire.
Points à retenir
- Bizum est utilisé par plus de 27 millions d’usagers en Espagne.
- Des limites actuelles existent concernant les montants et le nombre d’opérations.
- Une nouvelle régulation exigera la communication des transactions à l’Agence fiscale.
- Les utilisateurs n’ont pas besoin de déclarer chaque transaction, mais les revenus issus d’activités économiques doivent être imposés.
- Le contrôle renforcé entre en vigueur le 1er janvier 2026.
À titre personnel, cette évolution questionne notre rapport à la technologie et aux services financiers. Alors que la digitalisation s’accélère, il est crucial de s’interroger sur l’équilibre entre liberté d’utilisation et devoir de transparence. Comment s’assurer que ces mesures ne nuisent pas à la facilité d’utilisation qui a fait le succès de ces plateformes, tout en garantissant une taxation juste et équitable ? Une réflexion approfondie s’impose.
