L’avocat et économiste David Jiménez a récemment exposé sur Instagram les modifications fiscales majeures qui entreront en vigueur le 1er janvier 2026.
Il met en garde : “Hacienda supprimera en 2026 le seuil de 3 000 euros”, faisant référence à l’élimination du montant qui déterminait jusqu’à présent quand les banques devaient informer Hacienda des transactions réalisées par les travailleurs indépendants et les entreprises via des terminaux de paiement ou des virements électroniques.
Ce changement s’inscrit dans le cadre de la réforme fiscale soutenue par le Ministère des Finances et détaillée dans le Décret Royal 253/2025, daté du 1er avril, qui impose de nouvelles obligations d’information aux banques, aux établissements de paiement, aux émetteurs de cartes et aux plateformes de monnaie électronique.
Un système de contrôle renforcé
Cette modification présente trois innovations clés :
À partir du 1er janvier de l’année prochaine, le nouveau système de contrôle concernera exclusivement les travailleurs indépendants, les professionnels et les entreprises; les particuliers ne seront pas soumis à cette obligation spécifique.
Toutes les entités devront signaler tout paiement par carte, qu’il s’agisse de carte de débit, de crédit, prépayée ou virtuelle, ainsi que les paiements mobiles, comme Bizum, quel que soit le montant.
Les nouveaux modèles d’information que devront adopter les banques, comme le modèle 170 ou 196, seront utilisés avec les données de janvier 2026, permettant ainsi à Hacienda d’accéder à des informations bien plus fréquentes et détaillées sur les revenus électroniques liés aux activités économiques.
Renforcement du contrôle fiscal
Selon le Ministère des Finances, cette initiative vise à moderniser le contrôle fiscal face à la numérisation rapide des paiements et à la montée en puissance des fintechs, des néobanques et des nouveaux systèmes de paiement électronique.
Avec des données mensuelles et sans seuil minimum, l’Agence fiscale souhaite améliorer la détection des revenus non déclarés, des activités économiques occultes, des irrégularités comptables et des tentatives d’évasion fiscale.
Sous supervision fiscale
Pour les travailleurs indépendants et les entreprises, la conséquence est claire : chaque paiement par carte ou Bizum sera sous supervision fiscale, ce qui renforce la traçabilité des opérations.
Quant aux particuliers, la suppression du seuil n’a pas d’impact sur leurs transactions privées, bien que d’autres obligations d’information demeurent, notamment pour les cartes dont le volume annuel dépasse 25 000 euros.
Des experts soulignent que cette mesure augmentera la quantité d’informations sensibles détenues par l’administration et pourrait engendrer une intrusion accrue dans la vie financière des professionnels et des entreprises.
De plus, ce changement survient dans un contexte général de renforcement de la surveillance des mouvements bancaires, des opérations en espèces, des cartes et des transactions, marquant une transformation significative du modèle de supervision fiscale en Espagne.
En résumé, cette réforme représente un tournant : à partir de 2026, Hacienda bénéficiera d’une visibilité quasi totale sur les paiements électroniques liés à l’activité économique, sans seuil et avec un suivi mensuel.
Points à retenir
- Le seuil de 3 000 euros sera supprimé pour les transactions à partir de 2026.
- Le nouveau système s’appliquera uniquement aux travailleurs indépendants, professionnels et entreprises.
- Toutes les transactions par carte et les paiements mobiles devront être signalés.
- Ce changement vise à moderniser le contrôle fiscal dans un contexte de numérisation croissante.
- Cette réforme pourrait accroître le volume d’informations sensibles en possession des administrations.
Ce sujet soulève des interrogations légitimes sur la balance entre la modernisation nécessaire des pratiques fiscales et la protection de la vie privée des citoyens. Alors que le contrôle fiscal se renforce, je me demande dans quelle mesure il est acceptable que l’État ait accès à des informations aussi sensibles et comment cela pourrait affecter la confiance des contribuables envers les institutions. N’est-il pas crucial de trouver un équilibre entre transparence et respect de la vie privée ?
