WhatsApp a annoncé que la Russie bloque son application de messagerie sur son territoire. Cette décision survient après l’imposition récente de restrictions sur Telegram, dans un contexte où Moscou renforce son contrôle numérique depuis le début de l’invasion de l’Ukraine. Le pays a déjà limité l’accès à des plateformes telles que X, Facebook, Instagram et FaceTime. WhatsApp a qualifié ce blocage de « recul » qui ne peut qu’augmenter l’insécurité des usagers en Russie, affirmant qu’il fera tout pour permettre aux utilisateurs russes de continuer à utiliser la plateforme. Cette décision affecte environ 100 millions de personnes dans un pays dont la population est d’environ 145 millions.
Selon des médias russes, le régulateur internet Roskomnadzor a récemment exclu les domaines whatsapp.com et web.whatsapp.com du Système National de Noms de Domaine, en invoquant la lutte contre le crime et la fraude.
Ce blocage rend les services de WhatsApp accessibles uniquement pour les utilisateurs utilisant des outils VPN. Meta est considérée comme une entité « extrémiste » en Russie depuis 2022.
WhatsApp a déjà été soumis à des restrictions en août 2025, lorsque Roskomnadzor a commencé à ralentir les appels voix et vidéo. En octobre 2025, les autorités ont tenté de bloquer l’inscription de nouveaux utilisateurs.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que les autorités étaient ouvertes à une reprise des opérations de WhatsApp, à condition que Meta respecte la législation locale.
Le blocage de WhatsApp intervient peu après que des mesures ont été prises contre Telegram, qui a été visiblement ralenti au début de cette semaine en Russie.
Depuis 2022, date de l’invasion de l’Ukraine, la Russie a bloqué plusieurs plateformes, dont Facebook, Instagram, Twitter, maintenant X, Signal et Viber. De plus, le gouvernement a imposé des restrictions sur YouTube, limitant également les services de FaceTime et les appels sur WhatsApp et Telegram, selon des sources.
Le fondateur de Telegram, Pavel Durov, a réagi en affirmant que la Russie cherchait à inciter ses citoyens à utiliser MAX, une application de messagerie contrôlée par l’État. WhatsApp a également soulevé la question, proposant que les autorités russes cherchent à « pousser les utilisateurs vers une application de surveillance étatique ».
MAX est une plateforme de communication controversée développée par VK, le plus grand groupe technologique russe en lien avec le Kremlin, qui a été rendue obligatoire sur tous les dispositifs électroniques vendus dans le pays depuis septembre 2025. VK présente MAX comme une solution complète englobant messagerie, services en ligne, paiements, etc., tout en affirmant qu’elle protégera les communications nationales contre la surveillance étrangère. Cependant, elle a aussi affirmé qu’elle partagera des données utilisateur avec les autorités si cela lui est demandé. MAX, selon des experts, ne propose pas de cryptage de bout en bout.
Pour l’heure, les utilisateurs en Russie doivent recourir à des outils VPN pour accéder sans restrictions aux plateformes susmentionnées, bien que ces outils ne soient pas à l’abri d’actions gouvernementales et soient souvent bloqués.
Points à retenir
- WhatsApp subit un blocage en Russie, affectant 100 millions d’utilisateurs.
- Roskomnadzor a exclu les domaines principaux de WhatsApp du DNS national.
- Les utilisateurs peuvent accéder à WhatsApp uniquement via des VPN.
- Dans un contexte plus large, plusieurs plateformes ont été bloquées depuis 2022.
- Les autorités russes pourraient permettre à WhatsApp de reprendre ses activités sous certaines conditions.
- MAX, une application liée au Kremlin, est promue comme alternative aux messageries occidentales.
En somme, cette situation nous pousse à réfléchir sur la censure et les limites de la liberté d’expression dans des contextes politiques tendus. Quelle place pour les droits numériques face à des lois restrictives? Que deviendra le paysage numérique européen si de telles mesures s’étendent à d’autres pays? Il est essentiel de rester vigilants et de défendre nos droits à la communication.