Le 18 mai prochain, le paiement physique va faire son entrée dans les commerces grâce à Bizum. Ce service ne sera pas immédiatement accessible chez toutes les banques, mais son déploiement sera progressif. Ce système est attendu comme une petite révolution dans le paysage financier espagnol. Les établissements bancaires sont actuellement en négociation avec les commerçants concernant les commissions à appliquer pour chaque transaction, ce qui risque de donner lieu à une concurrence accrue pour attirer les grandes enseignes avec des offres tarifaires compétitives.
Actuellement, pour régler un achat, par exemple au supermarché, un client n’a qu’à approcher sa carte ou son mobile d’un terminal de paiement électronique (TPE) pour effectuer la transaction en quelques secondes. Cependant, cette simplicité a un prix, car les commerces doivent payer une commission – également appelée taux de discount – à leur banque.
Jusqu’à présent, ces transactions impliquent souvent des intermédiaires américains via les réseaux Visa et Mastercard, et parfois des systèmes comme Google ou Apple lorsque l’on utilise un mobile. L’un des objectifs de l’Espagne et de l’Europe est de retrouver une autonomie stratégique dans ce domaine afin de réduire la dépendance aux entreprises américaines.
C’est dans ce contexte que cette innovation voit le jour. La plateforme espagnole et le secteur bancaire permettront désormais aux consommateurs de réaliser des paiements physiques en utilisant Bizum, après plusieurs mois de préparation. Le processus sera aussi simple que d’habitude,2 sans nécessiter de carte, car Bizum gère les transactions de compte à compte uniquement avec le numéro de téléphone.
La plupart des banques intégreront cette fonctionnalité dans leurs propres applications, tandis que Bizum lancera également un portefeuille numérique, Bizum Pay, pour effectuer des transactions dans les établissements qui n’intègrent pas cette méthode. Quoi qu’il en soit, l’utilisateur n’aura qu’à approcher son mobile du TPE pour effectuer un paiement, avec la possibilité d’ajouter des cartes Visa et Mastercard dans Bizum Pay si souhaité.
Les enjeux des commissions
Chaque paiement effectué par le biais de Bizum entraînera également une commission pour le commerce. C’est précisément ce que les banques discutent actuellement avec les commerçants, en particulier avec les plus gros acteurs. Selon certaines sources financières, il y aura différentes structures tarifaires : un pourcentage par transaction, des montants fixes en euros et une commission générale.
Chaque banque est libre de proposer des conditions différentes, ce qui risque de susciter une lutte pour attirer davantage de commerçants, particulièrement ceux qui offriront des tarifs avantageux. Les différents délais de déploiement pourraient également entraîner un jeu concurrentiel entre banques, avec certaines comme Caixabank ou Banco Sabadell qui devraient prendre de l’avance sur d’autres, comme Santander, qui ne s’engagerait que plus tard.
Tout dépendra de la politique commerciale de chaque banque et de l’intérêt des commerces pour intégrer cette solution. La généralisation du paiement physique via Bizum dépendra aussi de son acceptation par les utilisateurs. Les tarifs des commissions restent souvent bien gardés, et les banques préfèrent garder secrètes leurs offres jusqu’au lancement, tout en négociant discrètement avec les grandes chaînes de distribution.
Cependant, il est prévu que ces tarifs soient plus compétitifs que ceux en vigueur pour les paiements par carte. Des sources en entreprise confirment que les grands commerces constatent déjà des commissions plus attractives, bien que certaines banques aient choisi de ne pas entrer dans une bataille tarifaire dès cette première phase.
La place des cartes
Et quelle sera l’avenir des paiements par carte ? L’initiative de Bizum vise à réduire la dépendance aux géants américains. Toutefois, ceux qui préfèrent continuer à utiliser des cartes pourront le faire à l’aide de cartes physiques ou de portefeuilles numériques, y compris sur Bizum Pay.
Des représentants de Visa soulignent que la concurrence favorise l’innovation et enrichit l’écosystème de paiements en Espagne. Leur engagement est de continuer à soutenir ce développement.
De même, chez Mastercard, on affirme privilégier la collaboration avec tous les acteurs du système de paiements. Ils annoncent que leurs cartes seront compatibles avec Bizum Pay pour offrir plus de flexibilité aux consommateurs. Actuellement, les cartes demeurent le deuxième moyen de paiement dans le commerce physique, après l’argent liquide. Reste à voir comment l’arrivée de Bizum pourrait modifier cette dynamique à partir du 18 mai.
Points à retenir
- Le paiement physique via Bizum sera lancé le 18 mai.
- Les négociations sur les commissions entre banques et commerces sont en cours, visant à établir des tarifs compétitifs.
- Les banques peuvent proposer différentes structures tarifaires pour attirer plus de clients.
- Bizum Pay permettra d’intégrer à la fois des cartes et des transactions de compte à compte.
- La concurrence entre les services de paiement pourrait influencer les tarifs et les choix des consommateurs.
En fin de compte, l’essor du paiement physique through Bizum pourrait transformer profondément le paysage bancaire espagnol. Il convient de se demander si cette évolution apportera une réelle plus-value aux consommateurs ou si elle ne fera que déplacer le centre d’intérêt des acteurs déjà en place. Nous devons rester attentifs aux enjeux qui se dessinent et aux nouvelles stratégies qu’adopteront les banques pour gagner la confiance des utilisateurs. Le futur du paiement en Espagne pourrait être à portée de main, à nous de le saisir efficacement.
