jeu. Juil 9th, 2026

Les Émirats Arabes Unis (EAU) visent à se positionner comme une puissance phare dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA). En 2017, ils ont créé le premier ministère de l’IA au monde et ont conçu la Stratégie Nationale de l’IA 2031, avec l’objectif d’atteindre une contribution de 14 % de cette technologie au PIB du pays, équivalant à plus de 89 milliards d’euros.

Leur but ne se limite pas à l’adoption de l’IA, mais englobe également le désir de devenir des exportateurs nets de cette technologie, diversifiant ainsi leur économie au-delà du secteur pétrolier. Dirigé par Omar Sultan Al Olama, le ministère de l’IA a réussi à établir Dubaï comme un centre clé pour le développement technologique dans ce domaine.

Omar Sultan Al Olama souligne que la stratégie des Émirats repose sur l’application de l’IA dans divers secteurs tels que la santé, l’éducation et la mobilité. Par exemple, l’aéroport de Dubaï utilise un système de reconnaissance faciale pour simplifier les procédures migratoires, une technologie qui pourrait être exportée. De plus, la Colombie a signé des accords avec les EAU pour la création d’un centre de données dédié à l’IA.

Atténuer les risques

Le modèle émirati se distingue par son accent sur l’application concrète de l’IA. Al Olama admet que certains emplois seront perdus, mais pour atténuer cet impact, un plan a été mis en place, basé sur la reconversion, la formation continue et les départs anticipés.

“Il y aura effectivement des pertes d’emplois,” reconnaît-il, avant d’ajouter que pour minimiser cet impact, le gouvernement propose un plan en trois volets : reconversion, formation continue et départ anticipé. “Si un emploi a plus de 90 % de chances d’être remplacé par l’IA dans les trois prochaines années, nous offrons la possibilité d’apprendre de nouvelles compétences ou de partir avec dignité,” explique Al Olama.

Omar Sultan Al Olama, ministre de l’Intelligence Artificielle depuis 2017. Photo :Archives personnelles

Le financement de ces initiatives provient des économies générées par l’IA dans des secteurs stratégiques.

En outre, les EAU souhaitent devenir des leaders en matière de réglementation internationale sur l’IA, collaborant avec d’autres nations et organisations pour établir des normes appropriées.

Une des atouts des Émirats est leur capacité à agir comme un pont entre les grandes puissances technologiques. “Le marché de l’IA est extrêmement polarisé,” reconnaît le ministre. Alors que les tensions géopolitiques compliquent la coopération entre les États-Unis et la Chine, les Émirats Arabes Unis se posent comme un terrain neutre où les deux blocs peuvent collaborer sur des questions non sensibles.

L’investissement

Le succès de cette stratégie se traduit également par des investissements étrangers. La société Microsoft a récemment annoncé un investissement de 1,5 milliard de dollars dans la société d’IA G42, basée à Abu Dhabi.

Si un emploi a plus de 90 % de chances d’être remplacé par l’IA dans les trois prochaines années, nous offrons la possibilité d’apprendre de nouvelles compétences ou de partir avec dignité

Omar Sultan Al OlamaMinistre de l’Intelligence Artificielle

Cependant, Al Olama souligne que le pays fait encore face à des défis, notamment dans la production de puces et de semi-conducteurs. Pour relever ce défi, les EAU ont entamé des investissements dans du matériel spécialisé.

“Aujourd’hui, nous sommes en grande partie autonomes en matière de technologie. Mais en ce qui concerne les puces et les semi-conducteurs, nous ne sommes pas encore là,” admet-il.

Les Émirats ont donc commencé à explorer des investissements dans le développement de matériel spécialisé pour l’IA.

De plus, ils ont lancé des initiatives de formation de talents locaux, visant à former un million de personnes à l’ingénierie des prompts dans les deux prochaines années.

Avec une population d’à peine 9,5 millions d’habitants, les Émirats prouvent qu’avec une vision stratégique et une exécution efficace, ils peuvent se consolider comme un modèle mondial en matière d’intelligence artificielle.

Article original rédigé par : José Carlos García R.

Points à retenir

  • Les Émirats Arabes Unis ont lancé une stratégie nationale pour l’IA, visant à diversifier leur économie.
  • Des initiatives de reconversion sont mises en place pour faire face aux pertes d’emplois liées à l’IA.
  • Les EAU cherchent à devenir un leader dans la réglementation internationale de l’IA.
  • Des investissements étrangers montrent un intérêt croissant pour le secteur technologique des EAU.
  • Les défis liés à la production de semi-conducteurs sont en cours d’évaluation avec des plans d’investissement.

En analysant la position unique des Émirats Arabes Unis en matière d’intelligence artificielle, la question qui se pose est de savoir comment d’autres pays peuvent s’inspirer de leur approche pour naviguer dans un avenir technologique en constante évolution. Quelles leçons pourrait-on tirer de cette stratégie pour faire face aux défis liés à l’IA dans d’autres contextes nationaux ?


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One thought on “Technologie : comment les Émirats Arabes la tirent à profit”
  1. L’approche des Émirats est fascinante, alliant innovation et responsabilité. Leur vision de l’IA pourrait inspirer d’autres nations à embrasser la technologie tout en prenant soin des gens.

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