mer. Juin 24th, 2026

Une conversation fascinante autour de “Materialistes”

Dakota Johnson et Chris Evans, deux figures emblématiques du cinéma moderne, se retrouvent dans Materialistes, une comédie romantique qui incite à réfléchir sur la nature même du genre et le rôle des acteurs dans l’industrie contemporaine.

Dans une interview exclusive accordée à Fotogramas, les deux acteurs échangent sur l’évolution des comédies romantiques, le juste équilibre entre blockbusters et films indépendants, ainsi que l’impact de l’authenticité et du matérialisme sur leurs carrières et la société.

Lors de cet échange, Johnson affirme avec humour : “Nous sommes des gens parfaitement normaux”, en réponse à la question de savoir si le fait d’incarner des personnages quotidiens est plus simple.

Avisée par son rôle récent dans Madame Web, elle admet la difficulté de se détacher des étiquettes à Hollywood. Evans, de son côté, a incarné le Capitaine América à dix reprises dans le Marvel Cinematic Universe, tout en ayant également interprété l’Human Torch dans Les 4 Fantastiques et effectué une apparition dans Deadpool et Wolverine. Tous deux ont choisi d’alterner ces rôles iconiques avec des projets plus personnels, témoignant ainsi d’une volonté manifeste d’éviter le typecasting.

Les expériences dans de grands studios
Les expériences dans de grands studios et le cinéma indépendant marquent profondément la vie des acteurs

Evans évoque la valeur des superproductions, soulignant que même si certains personnages sont dotés de pouvoirs extraordinaires, “ce sont des gens ordinaires à qui arrivent des choses extraordinaires, et qui restent des personnes communes avec lesquelles chaque spectateur peut s’identifier”.

Pour lui, que ce soit à travers des grands studios ou des films comme Materialistes, les protagonistes font face à des dilemmes existentiels qui, bien qu’ils n’affectent pas le destin de l’humanité, influencent profondément leur existence.

Johnson se veut plus réservée, mais souligne l’importance de l’authenticité et de la gratitude envers l’industrie. “Je me sens très chanceuse de pouvoir participer à tous les types de films dans un métier aussi exigeant, un travail si magique et étonnant pour lequel je suis éternellement reconnaissante”, précise-t-elle. Pour elle, les superproductions peuvent ouvrir des portes vers des projets plus personnels, même si elle reconnaît que le contrôle de sa carrière dépend de nombreux facteurs.

Evans et Johnson partagent leurs visions
Evans et Johnson partagent leurs visions sur l’impact des superproductions

Tous deux ont construit des carrières alternant le cinéma commercial et indépendant. Johnson a collaboré avec des réalisateurs comme Luca Guadagnino, Maggie Gyllenhaal et Christy Hall, tandis qu’Evans s’est essayé à des productions telles que Le express du peur, À couteaux tirés et la satire No es otra estúpida película americana. Cette diversité illustre leur quête constante de liberté créative et leur refus des étiquettes.

Le film Materialistes aborde le matérialisme et l’individualisme dans la société moderne, un sujet que Johnson et Evans examinent sous différents angles. Evans fait état des évolutions sociales des dernières décennies : “Je pense qu’avant, nous étions des personnes plus nomades, moins attachées, et nous ne possédions pas autant de liens et de biens. Maintenant, nous avons beaucoup de choses, et nous pouvons les établir à notre convenance de façon rapide et pratique. Cela nous connecte davantage à la matière, aux possessions. Une grande partie de notre identité est liée au matériel”.

Pour sa part, Johnson reconnaît les effets positifs de la technologie sur les relations interpersonnelles : “J’adore utiliser des applications pour communiquer, car nos routines quotidiennes ne nous permettent pas toujours de rester en contact avec ceux qui comptent pour nous”. Elle défend un cinéma sentimental qui mise sur l’honnêteté et la vérité, s’éloignant ainsi du superficiel.

Une réflexion sur la transformation sociale
Le film examine la transformation des liens sociaux au fil des décennies (Capture d’écran : YouTube – A24)

En ce qui concerne le processus créatif derrière Materialistes, Johnson fait l’éloge de la réalisatrice Celine Song, qu’elle décrit comme “une cinéaste très précise et concrète”, dont l’expérience théâtrale lui confère une vision claire et délibérée sur chaque composante du scénario. Elle souligne la confiance totale que Song inspire au sein de son équipe après des mois de travail collaboratif.

Evans partage également l’importance de travailler avec une réalisatrice sachant précisément ce qu’elle veut, permettant aux acteurs de se détendre et de s’investir pleinement. Il met en avant la délicatesse et le code personnel que Song insuffle à ses récits, comme elle l’a fait dans Vidas pasadas, ainsi que la difficulté à trouver le bon ton pour chaque personnage.

La confiance dans l'équipe de production
La confiance de Celine Song favorise le travail d’équipe lors de la production de “Materialistes”

Les deux protagonistes ont un avenir chargé de nouveaux défis. Evans vient de sortir Honey Don’t!, la suite d’une trilogie de comédies dirigée par Ethan Cohen, présentée à Cannes et coécrite avec Margaret Qualley, Aubrey Plaza et Charlie Day.

Johnson, elle, produit et joue dans Splitsville, également dévoilé au festival français, sous la direction de Michael Angelo Covino.

Par ailleurs, Evans a pris part à Sacrifice, de Romain Gavras, aux côtés d’Anya Taylor-Joy et Salma Hayek, tandis que Johnson a achevé le tournage de Verity, une adaptation du roman de Colleen Hoover, où elle partage l’affiche avec Anne Hathaway et Josh Harnett.

Tous deux se sont aventurés derrière la caméra : Johnson avec le court-métrage Loser Baby et Evans avec Avant que tu ne partes. Concernant leur éventuelle récurrence en tant que réalisateurs, Johnson préfère garder le mystère, tandis qu’Evans insiste sur l’importance de s’engager seulement dans des projets qui lui tiennent vraiment à cœur.

La conversation avec Fotogramas s’éteint dans une ambiance décontractée, fidèle à l’humour qui a teinté tout l’échange. Evans illustre son propos en soulignant la difficulté de dénicher de bons scénarios, entraînant une réponse amusante de Johnson et un rire partagé. Ainsi, cet échange se conclut sur la complicité et l’esprit vif qui caractérisent ces deux acteurs, démontrant que, dans le cinéma comme dans la vie, le meilleur matériel émerge souvent des endroits les plus inattendus.

Points à retenir

  • Dakota Johnson et Chris Evans parlent de leur expérience oscillant entre grandes productions et films indépendants.
  • La réalisatrice Celine Song est appréciée pour sa direction précise et son approche collaborative.
  • Les deux acteurs explorent des thématiques sociales contemporaines, telles que le matérialisme et les relations interpersonnelles influencées par la technologie.

La discussion autour de ces artistes pose la question de l’avenir du cinéma face à l’évolution des relations humaines et des divers formats de production. Quel rôle les acteurs et réalisateurs joueront-ils pour intégrer ces évolutions dans leurs récits ?


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