Devenir une étoile et réussir dans n’importe quel domaine est une entreprise complexe. Parfois, les efforts déployés pour réaliser ses rêves ne garantissent pas leur aboutissement. Toutefois, Paulina Abascal, l’une des chefs les plus renommées du Mexique, a réussi cet exploit. Sa passion pour la pâtisserie et son amour pour la cuisine l’ont poussée à tout mettre en œuvre pour atteindre son objectif. Elle a étudié l’hôtellerie, faute de cursus en pâtisserie, et a tracé son propre chemin au fil des ans.
Après plusieurs années à organiser des banquets, elle ouvre son propre business de pâtisseries, bien que celui-ci ait rencontré des difficultés initiales. Elle a dirigé une équipe de plus de 70 personnes, remporté de nombreux prix culinaires, écrit sept livres à succès, et a eu l’honneur de servir le Pape Benoît XVI ainsi que lors du mariage de l’homme d’affaires Carlos Slim Domit. De plus, elle présente son propre programme de cuisine et est jurée de “Bake Off” au Mexique. Il est juste de dire que cette chef est devenue une figure emblématique dans l’univers culinaire.
Actuellement, elle se prépare à recevoir une distinction lors de l’événement Taco y Concha de Oro à Dubaï en 2024, en reconnaissance de son parcours en pâtisserie. Elle prévoit aussi d’étendre son entreprise à travers le Mexique et les États-Unis tout en continuant à offrir des cours et des ateliers aux futurs chefs. Paulina a trouvé quelques instants pour discuter avec Lecturas de son approche de l’alimentation, de son rôle de jurée dans un concours culinaire et de la manière dont elle parvient à équilibrer le succès et sa vie familiale.
Être l’une des chefs mexicaines les plus influentes, est-ce une responsabilité ?
Cela l’est, car beaucoup pourraient penser qu’une fois le succès atteint, on peut s’installer sur ses lauriers. Pour ma part, je pense le contraire. Je dois continuer à me former et à apprendre afin de pouvoir transmettre mes connaissances aux autres.
Vous avez appris de votre grand-mère, pensez-vous que la tradition se perd face à l’innovation ?
Non, je ne le pense pas. Au Mexique, nous continuons à utiliser des ingrédients typiques et à préserver nos traditions. Nous les respectons, les conservons tout en les transformant.

Paulina Abascal, jurée de ‘Bake Off’ Mexique.
Quel est votre plat ou gâteau emblématique ?
Mon amour pour ce que je fais vise à inspirer les gens. J’apprécie autant les sucreries que les plats salés. Après 36 années de carrière, j’ai réalisé de nombreux gâteaux, mais le premier était un croustillant de banane au chocolat blanc, qui a beaucoup fait parler de lui. Ensuite, j’ai créé un gâteau aux pétales de rose cristallisés avec des fruits rouges, puis un autre à la vanille de champs que j’ai achetés à Vera Cruz.
De nos jours, on prône une vie plus saine sans sucres, quel est votre avis à ce sujet ?
Il existe des ingrédients naturels sans calories ni conservateurs pouvant remplacer le sucre. Il est essentiel de faire attention à son alimentation, et bien que cette tendance alimentaire soit en hausse, il ne faut pas aller à l’extrême. Se nourrir uniquement de salades n’est pas réaliste, il faut consommer une variété d’aliments, y compris des gâteaux. L’important est de trouver un équilibre et d’être en paix avec soi-même.
Si vous deviez choisir un aliment à éliminer immédiatement, lequel serait-ce ?
Je n’aime pas le porc. Bien qu’il soit très consommé au Mexique, je le trouve trop gras. Je préfère les produits biologiques et naturels, ainsi que d’éviter la malbouffe et les aliments transformés.
Vous prévoyez d’étendre votre entreprise aux États-Unis, envisagez-vous également de débarquer en Espagne ?
J’adorerais. J’ai échangé avec plusieurs personnes qui souhaitent s’associer avec moi. Pour l’heure, nous allons commencer à Riviera Maya, mais l’Espagne est également une option envisageable. Ma grand-mère avait des origines espagnoles et je trouve cela très beau de pouvoir partager ses recettes là-bas.
En tant que jurée de ‘Bake Off’, quel est le plus grand défi de ce rôle ?
C’était complexe, car les participants étaient des célébrités et ils ont eu du mal à s’adapter à la pâtisserie. Certains d’entre eux s’évanouissaient et disaient “je ne peux pas continuer”. Nous avons été surpris par leurs résultats. Passer un mois à filmer avec eux et à leur donner des conseils a été une expérience incroyable.
Avez-vous visionné la version espagnole ?
Oui, absolument. J’aimerais beaucoup recevoir une invitation pour participer à la version espagnole ou rejoindre ‘MasterChef’. J’espère pouvoir partager ce moment avec vous.
Cette année, vous vous déplacez pour la troisième fois à Las Vegas pour l’événement gastronomique le plus prestigieux, quelle a été votre expérience ?
Être présente à cet événement est formidable car cela réunit de nombreux chefs de renom. Être à leurs côtés est un immense honneur. Je donnerai une masterclass sur les services de catering sucrés et proposerai une table de desserts pour 200 personnes en 45 minutes. Je pense que les participants auront beaucoup à apprendre.
Vous avez eu l’opportunité de servir des personnalités comme le Pape Benoît XVI, comment s’est déroulée cette expérience ?
Oui, j’étais au Vatican pour dresser une table de douceurs mexicaines. C’était une expérience incroyable et inoubliable, car j’ai pu accéder à des lieux inaccessibles au commun des mortels. J’ai vu Benoît au loin, mais passer par la Garde suisse et cuisiner là-bas a été une bénédiction. Je n’avais aucune exigence, j’avais la liberté de créer.
Quel est votre plat préféré de la cuisine espagnole ?
Bien que je ne sois pas fan de porc, le jambon ibérique me ravit. J’apprécie également la tortilla espagnole et la paella. La gastronomie espagnole est exceptionnelle.
Quel chef espagnol admirez-vous ?
J’admire la carrière de Francisco Torreblanca, ainsi que celle d’Oriol Balaguer et Ferran Adrià. J’ai étudié leurs créations à travers les émotions. Ils sont incroyables.
Vous dirigez votre propre entreprise, avec une boutique et une ligne de gâteaux. Comment parvenez-vous à concilier cela avec votre vie personnelle et familiale ?
La vie est comme un gâteau, composée de différentes tranches. Grâce à une bonne gestion, il est possible de tout équilibrer. Mes enfants sont fiers de moi et comprennent l’importance de la discipline. Ils sont désormais grands et mènent leur propre vie. Nous passons du temps ensemble, nous nous aimons, mais il est essentiel d’avoir un réseau de soutien pour faire croître l’entreprise.
Points à retenir
- Paulina Abascal a su surmonter les défis pour s’imposer dans le monde culinaire.
- Elle met un point d’honneur à allier tradition et modernité dans sa pratique de la pâtisserie.
- La recherche d’un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle est essentielle à son succès.
Au-delà de son parcours exceptionnel, cette interview soulève des questions intéressantes : comment chacun d’entre nous peut-il infuser sa passion dans son métier tout en restant connectés à nos racines ? Cela nous pousse à réfléchir à l’importance de la culture culinaire dans nos vies et à la façon dont nous pouvons continuer à l’enrichir. Qu’en pensez-vous ?