Dernières nouvelles sur Alessia Pifferi
11 Février 2025
14:03
Alessia Pontenani, avocate d’Alessia Pifferi, a demandé et obtenu une nouvelle évaluation psychiatrique pour sa cliente, accompagnée d’une IRM. Le professeur Massimo Clerici a éclairé Lesnews sur les révélations potentielles de cet examen clinique concernant la femme de 39 ans.
Interview avec Prof. Massimo Clerici
Professeur titulaire de psychiatrie et directeur de l’École de spécialisation en psychiatrie à l’Université de Milan Bicocca

La Cour d’Appel de Milan a accédé à la demande d’une évaluation psychiatrique de Alessia Pifferi. L’avocate Alessia Pontenani, qui défend cette mère déjà condamnée à la réclusion à perpétuité pour avoir laissé mourir sa fille de 18 mois en juillet 2022, a requis que sa cliente soit également soumise à une IRM.
La défense considère que ce type d’analyse clinique pourrait aider à déterminer si Pifferi souffre d’un déficit cognitif. Massimo Clerici, professeur de psychiatrie à l’Université de Milan Bicocca, a expliqué à Lesnews ce que pourrait révéler l’IRM et quel impact cela pourrait avoir sur l’évaluation.

Prof. Massimo Clerici
Pourquoi l’avocate de Pifferi a-t-elle demandé une IRM pour sa cliente ?
Certains troubles psychiatriques présentent des éléments visibles dans les zones affectées de notre cerveau. Par exemple, la zone frontale, cruciale pour l’intégration des informations et le fonctionnement cognitif. Détecter d’éventuels dommages pourrait fournir des indices concernant des pathologies liées au comportement. Cependant, il est important de rappeler qu’en biologie, il n’y a pas de certitudes en psychiatrie. Les troubles comme la schizophrénie ou le trouble bipolaire n’ont pas nécessairement des origines biologiques.
Est-il courant qu’un avocat demande une IRM en plus d’une évaluation psychiatrique ? Pourquoi cette décision ?
Cette démarche se généralise de plus en plus car les paramètres biologiques sont désormais valorisés davantage qu’auparavant. Autrefois, personne n’aurait envisagé cela : la technologie était moins avancée, et la prise de conscience des impacts biologiques sur l’humain a évolué.
Nous avons un cerveau vulnérable, souvent imprévisible. Des événements de stress peuvent l’affecter. Une IRM peut révéler des dommages au système nerveux central et montrer des signes de perte de contrôle d’impulsivité. De nombreuses études démontrent que certaines substances, en particulier les psychotropes, les cannabinoïdes et les stimulants, peuvent nuire aux neurotransmetteurs et à des zones clés du cerveau.
Pourquoi est-il pertinent d’accompagner une évaluation psychiatrique d’une IRM ?
Une évaluation psychiatrique enrichie de données sur l’état cérébral peut fournir des informations précieuses. Bien que cela ne puisse pas établir une cause unique à un trouble, la complexité du fonctionnement psychique ne lie pas nécessairement une pathologie à un incident stressant. En matière de crimes violents, il n’y a pas de corrélation directe prouvée entre un trouble cérébral et le comportement observé.
Une IRM peut offrir des indications complémentaires. Les tests psychologiques, comme le fameux Rorschach, dressent un profil du fonctionnement psychologique d’une personne. Mais un résultat positif sur le contrôle des impulsions ne signifie pas qu’il explique un acte criminel particulier.
L’examen peut-il révéler un traumatisme physique, tel qu’une chute durant l’enfance ?
Le stress influe sur la vulnérabilité d’une personne à plusieurs niveaux, y compris organiques. Un accident ou un traumatisme peut avoir nui au développement du système nerveux central, surtout s’il survient avant l’âge adulte.
C’est un facteur à prendre en compte, mais pas exclusif. Il ne peut pas déterminer à lui seul un comportement. Le stress peut être physique ou psychologique, y compris des abus ou la consommation de substances.
Ces facteurs laissent-ils des traces biologiques sur le cerveau ?
Indéniablement, c’est le cas.
Un potentiel déficit cognitif, comme celui que soutient la défense de Pifferi, peut-il laisser des traces ?
Effectivement. Le déficit cognitif est crucial pour évaluer le fonctionnement mental d’un individu. Les personnes ayant une incapacité mentale peuvent présenter une impulsivité plus élevée que celles qui n’en souffrent pas. Ces modèles interprétatifs sont fondés et méritent d’être pris en compte, même si établir un lien direct pour le jugement reste complexe.
Les informations fournies sur Lesnews sont destinées à compléter, non à remplacer, la relation entre un patient et son médecin.
Points à retenir
- Alessia Pifferi, condamnée pour avoir laissé mourir sa fille de 18 mois, bénéficie d’une nouvelle évaluation psychiatrique.
- L’avocate a sollicité une IRM pour aider à identifier d’éventuels déficits cognitifs.
- Les avancées technologiques permettent d’intégrer des données biologiques dans les évaluations psychiatriques.
- Des dommages cérébraux peuvent influencer le comportement, bien qu’il n’y ait pas de lien de cause à effet direct.
- L’interaction entre le stress et le développement neurologique précoce est cruciale dans l’évaluation psychiatrique.
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