Edward Berger : Un parcours impressionnant dans le cinéma
Edward Berger est en pleine ascension. Le réalisateur allemand a connu un véritable succès avec son film de guerre de 2022, À l’Ouest, rien de nouveau, qui a été nommé à neuf Oscars et a remporté quatre récompenses, dont celui du meilleur film international. Son dernier projet, Conclave, qui représente ses débuts en langue anglaise, a rapporté 127 millions de dollars au box-office mondial, tout en étant nommé à huit Oscars, y compris ceux du meilleur scénario et du meilleur film. Les attentes sont donc élevées pour son dernier film, Ballad of a Small Player, qui sera projeté au Festival International du Film de Toronto (TIFF) avant sa sortie sur Netflix le 16 octobre.
Adapté du roman éponyme de Lawrence Osborne publié en 2014, le film met en vedette Colin Farrell dans le rôle de Lord Doyle, un parieur en difficulté qui rôde autour des tables de baccarat de Macao. Avec une fine moustache, un accent typé et des gants en cuir porte-bonheur, il parcourt les casinos dans l’espoir de se libérer d’une montagne de dettes accumulées, tant dans le passé que dans le présent.
Avant la projection de Ballad dans les festivals d’automne, Berger s’est entretenu avec THR sur le fait qu’il vaporisait Farrell entre les prises, la raison pour laquelle il a décliné l’offre de réaliser un film de la saga Ocean’s et son souhait de réaliser un film de la série Bourne avec Matt Damon.
Comment Ballad est-il devenu votre projet après Conclave ?
Ce n’est pas quelque chose de planifié. Ce sont les films qui vous trouvent. Vous recherchez quelque chose et, soudain, quelque chose surgit de nulle part. Le cinéma, c’est un peu comme une conversation : vous discutez d’un sujet pendant trois ans en essayant d’en explorer tous les aspects. Jamais cela ne sera complet, mais à un moment donné, on a l’impression d’avoir assez parlé de cela. Comme dans une conversation, on se fatigue et on ressent ce besoin de parler d’autre chose. Ballad a résonné émotionnellement en moi et avec mes films précédents, mais il représentait un monde tellement différent qu’il semblait presque détruire Conclave. Ce dernier est un film architectural, froid et mathématique, tandis que Ballad m’a paru être une sorte d’opéra pop chaotique qui déborde.
Qu’est-ce qui dans Ballad a suscité un tel intérêt chez vous ?
J’ai toujours été fasciné par l’idée de personnes se réinventant, comme les expatriés. C’est une communauté plutôt triste. Nos recherches ont montré que des gens disparaissent vraiment dans ces pays, se font établir un certificat de décès et obtiennent un nouveau nom. Aujourd’hui, au Japon, c’est une véritable affaire pour ceux ayant trop de dettes, cherchant à faire table rase. Macao, dans son ambiance bruyante et explosive, sans fenêtres dans les casinos pour connaître l’heure, enferme les gens dans un monde fou. Au fil du temps, cela vous ronge. J’y ai passé six mois, réalisant à quel point on peut devenir vide ou dénué d’âme.
Comment s’est déroulé le tournage dans les casinos de Macao ?
Tourné dans un casino est très compliqué, car un casino ne peut pas tirer de profit de notre présence. Les gros parieurs, qui dépensent entre 5 et 50 millions de dollars le week-end, règnent sur ces lieux. Nous avions été avertis : vous pouvez tourner ici, mais si un client fortuné arrive, vous devez déguerpir en l’espace d’une minute. Les horaires de tournage étaient aussi limités à une heure du matin, bien que la foule y soit toujours présente.
Pourquoi Colin Farrell a-t-il été le choix idéal pour Lord Doyle ?
J’ai découvert Colin avec Les Banshees d’Inisherin et lors de la tournée des récompenses pour À l’Ouest, rien de nouveau. J’ai réalisé que c’était lui. Il est facile de rendre un personnage comme Doyle antipathique, mais Colin a une humanité profonde et un cœur immense. Il prend le public par la main et suscite son empathie, même lorsqu’il commet des actes répréhensibles.
Bon à savoir
Voici quelques éléments complémentaires à propos de Ballad of a Small Player :
- Universalité du thème : Le film aborde des thèmes de réinvention personnelle, ce qui touche un large public.
- Lumière sur la société : Ballad offre un angle distinct sur les communautés marginalisées et les défis des expatriés.
- Collaboration artistique : La scène de banquet illustre non seulement la vision du réalisateur, mais aussi l’implication artistique de Colin Farrell dans son interprétation.
Ce film semble poser des questions sur le sens de la vie et l’identité au sein d’un monde souvent dépeuplé d’authenticité. Quel rôle le cinéma joue-t-il dans notre compréhension de ces enjeux modernes ?
