mar. Juin 23rd, 2026

Spike Lee, un éternel détracteur du sport de Boston

Dans le premier long métrage de Spike Lee, She’s Gotta Have It (1986), le jeune réalisateur incarne également Mars Blackmon, l’un des trois prétendants de Tracy Camilla Johns. Tout comme Lee, Mars est un fervent supporter des New York Knicks et, par conséquent, un détracteur des Boston Celtics. Lors d’un repas de Thanksgiving, il s’engage dans une dispute avec Greer, remettant en question le soutien de ce dernier pour les Celtics. Mars fulmine : "Que sais-tu ? Tu es fan des Celtics !"

Plus tard, Mars se plaint à Jamie du côté imprévisible de Nola, évoquant une fois où elle a manqué un match de playoffs Knicks-Celtics au Madison Square Garden, match pour lequel il avait acheté des billets. Quand Jamie qualifie Larry Bird de meilleur joueur du championnat, Mars ne cache pas sa révolte.

“Le meilleur ?” rétorque-t-il. “C’est le plus vilain des NBA, voilà ce qu’il est.”

Dans son troisième film, Do the Right Thing (1989), Lee attaque à nouveau les Celtics et Bird. Lorsque Giancarlo Esposito interagit avec Lee, quelqu’un bouscule Buggin Out, salissant ses nouvelles Air Jordan 4. Le responsable, un Blanc vêtu d’un t-shirt vert des Celtics, s’excuse de manière désinvolte, seulement après avoir été confronté. Cette rencontre incarne une lutte de classes exacerbée par des tensions raciales dans un quartier en pleine gentrification.

Plus de 30 ans plus tard, Lee reste fidèle à sa réputation avec son dernier film, Highest 2 Lowest, qui se concentre sur ce dédain pour les équipes de Boston. Cette œuvre est son premier projet depuis Da 5 Bloods (2020) et marque une réunion avec l’illustre Denzel Washington.

Dans Highest 2 Lowest, Lee innove avec quatre éléments dans le film visant en particulier Boston. Le premier, lorsqu’il voit son fils Trey porter un bandeau vert des Celtics avant un entraînement de basket. Il le réprimande pour cela, signalant clairement la loyauté de leur foyer envers les Knicks.

La suite réserve davantage de moments satiriques à l’encontre des Boston Red Sox, les rivaux des Yankees. Une scène mémorable présente King’s réjouissance, revêtu d’une casquette des Yankees, dans le métro, entouré de supporters à scandant "Boston sucks !"

"Boston a tiré le frein d’urgence!", crie un personnage dans une scène marquante, apportant une nouvelle chant à l’arsenal des détracteurs.

Spike Lee n’oublie pas d’injecter une énergie new-yorkaise palpable. Une multitude de références à la ville, à ses monuments et à sa culture s’entrelacent avec ses attaques contre Boston, témoignant d’un amour indéfectible pour New York.

Bon à savoir

  • L’influence du cinéma : Spike Lee a marqué l’industrie cinématographique avec un style distinctif, transformant des critiques sociales en œuvres accessibles.
  • Rivalité sportive : Les rivalités entre équipes sportives de différentes villes reflètent souvent des tensions culturelles et historiques plus larges.
  • Adaptations et réinterprétations : Highest 2 Lowest puise son inspiration dans le chef-d’œuvre d’Akira Kurosawa, montrant ainsi l’impact durabilité de certaines narratives cinématographiques.

Spike Lee, à travers son oeuvre, illustre comment la passion pour le football et le cinéma se croisent et influencent notre compréhension de la culture urbaine. Cela pose une question intéressante : jusqu’où peut-on aller dans notre amour pour une équipe, et quelles en sont les conséquences sur nos perceptions et nos relations ? En fin de compte, le dédain peut aussi être une forme d’amour, révélant les nuances des rivalités.


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