Kodansha, via son imprint Vertical, continue à offrir des mangas d’une tonalité sombre. Leur dernière nouveauté, Nezumi’s First Love, ne fait pas exception, en racontant l’histoire de la première love d’un tueur. Mais est-ce une lecture captivante ? Découvrons cela !
L’histoire suit Nezumi, une jeune fille entraînée par le yakuza pour éliminer ceux qu’ils considèrent comme nécessaires. Au cours d’une mission, elle croise le chemin d’Ao, un homme désireux de lui gagner un jouet dans une machine à sous qu’elle admirait. Nezumi n’est pas censée s’impliquer avec qui que ce soit, et elle disparaît rapidement lorsque Ao s’éloigne pour récupérer des pièces. Cependant, quelques jours plus tard, Nezumi confronte Ao, qui l’a suivie depuis leur première rencontre.

Ao lui avoue alors ses sentiments. Bien que Nezumi, malgré son métier impitoyable, trouve en elle une part de romantisme, elle accepte de sortir avec lui. Ils passent des jours paisibles ensemble, Ao étant apparemment inconscient de la véritable nature du travail de Nezumi. Mais le yakuza n’apprécie pas les relations avec des étrangers, et six mois après le début de leur relation, ils prennent Ao en otage et ordonnent à Nezumi de l’éliminer.
Évidemment, après avoir partagé tant de moments heureux, Nezumi ne peut se résoudre à tuer son bien-aimé. Elle menace plutôt de se suicider avec lui si le yakuza ne promet pas de le laisser vivre. Ils acceptent, mais à condition que Nezumi forme Ao pour devenir lui aussi tueur à gages. En cas d’échec, il sera tué.

Étonnamment, Ao accepte cette situation. Ayant déjà été témoin d’un meurtre, il semble si amoureux de Nezumi qu’il est prêt à devenir ce qu’elle exige. Leurs interactions laissent entendre qu’il pourrait avoir un passé avec elle, ce qui complique leur dynamique, surtout donné qu’un tueur a assassiné sa sœur.
Cette série mélange romance et le sombre univers du yakuza. Enfant, Nezumi a été capturée par le yakuza et a finalement tué l’un d’entre eux. Bien qu’on lui ait promis le pardon de ses péchés, il subsiste une menace sourde : ils pourraient chercher à se débarrasser d’elle à tout moment. Peut-être, un jour, Ao se révélera-t-il utile et se retournera-t-il contre Nezumi ? Ou bien s’associeront-ils pour renverser le yakuza et échapper à cette vie ?

Ce manga, œuvre de Riku Oseto, est le premier à être traduit en anglais ; il est en cours de publication au Japon avec sept volumes à son actif. Une des difficultés de cette lecture réside dans le contraste entre les éléments sombres de l’histoire et les scènes romantiques enfantines. À la fin du premier volume, certaines ambivalences demeurent quant à cette combinaison.
Cela est d’autant plus vrai face aux descriptions graphiques des meurtres, et je n’ai pas pu m’empêcher de m’interroger sur son classement 16+, qui semble insuffisant. Bien qu’il ne soit pas fait pour les âmes sensibles, il est également troublant de voir à quel point les personnages principaux paraissent jeunes, malgré leur statut d’adultes. La relation d’Ao est clairement problématique et risque de s’aggraver. Cela pourrait rebuter certains lecteurs. Cela dit, la série a connu un succès indéniable au Japon, et ma curiosité quant à la direction que va prendre l’histoire est bien présente.

Nezumi’s First Love est publié en Occident grâce à Kodansha et est traduit par Jonathan Thumas. La version est soignée et inclut des pages couleur au début, mettant en avant nos deux personnages principaux.
Points à retenir
- La série mêle romance et l’univers sombre du yakuza.
- Les personnages principaux, bien que jeunes d’apparence, sont plongés dans un monde violent.
- L’histoire suscite des interrogations sur la moralité des relations intoxiquées.
- Le contraste entre la légèreté des scènes romantiques et la gravité des événements est marqué.
- Riku Oseto a prévu d’autres volumes à venir, maintenant l’intérêt pour la suite.
Dans une perspective plus large, Nezumi’s First Love soulève un questionnement essentiel sur la complexité des relations humaines face aux choix moraux. C’est ce mélange de romance et de noirceur qui me pousse à réfléchir à la nature même de l’amour, quand celui-ci s’entrelace avec la violence et le danger. Que dit notre fascination pour de telles histoires sur nos propres réalités émotionnelles ? Je pense qu’une telle exploration, risquée mais puissante, mérite d’être suivie de près.
