sam. Juin 13th, 2026

Chaque saison, une multitude de séries d’anime voient le jour, couvrant une vaste gamme de genres, allant du thriller à la romance, en passant par la fantasy et l’horreur. Il y en a vraiment pour tous les goûts. Ce qui est étonnant, c’est que plusieurs séries de manga n’ont jamais été adaptées en anime, seules quelques-unes étant choisies pour le développement. C’est pourquoi il est toujours surprenant qu’un ancien manga soit enfin retenu pour une adaptation animée des années après sa publication originale, comme c’est le cas avec The Drops of God.

Cette histoire n’est pas totalement nouvelle pour le public, ayant déjà été adaptée en une série live-action japonaise en 2009, suivie d’une version multinationale en 2021, pour laquelle Apple TV a acquis les droits de diffusion. De ce fait, les fans de la série à succès peuvent être curieux de découvrir ce que l’animation peut apporter à une histoire déjà appréciée. Cependant, pour ceux qui ne sont pas familiers, l’anime pourrait laisser une impression mitigée, avec quelques éléments difficiles à ignorer.

Quelle est l’histoire de ‘The Drops of God’ ?

Écrite par Tadashi Agi, pseudonyme des frères et sœurs Yuko et Shin Kibayashi, et illustrée par Shu Okimoto, le manga The Drops of God a été publié pour la première fois en 2004. L’histoire suit Shizuku Kanzaki, un jeune commercial pour une entreprise de boissons, principalement axée sur la vente de bière. Ironiquement, le père de Shizuku, Yutaka Kanzaki, est un critique de vin mondialement reconnu et propriétaire d’une vaste collection de vin, évaluée à plus de 12 milliards de yens. Lorsque son père décède subitement, Shizuku apprend qu’en vue d’hériter des biens de son père, il doit correctement identifier le producteur, le nom et le millésime de douze vins d’exception, ainsi que d’un vin qui se démarque, désigné comme les “Gouttes de Dieu” dans le testament. Ne ayant jamais goûté un seul verre de vin, cette tâche semble déjà impossible pour Shizuku. Pour aggraver les choses, il doit se mesurer à un jeune critique de vin renommé, “Le Prince du Vin”, Issei Tomine, que son père avait adopté juste une semaine avant sa mort.

Avec des enjeux déjà élevés, il semble que tout soit perdu pour Shizuku. Toutefois, grâce à ses sens aiguisés du goût et de l’odorat, ainsi qu’à son habileté à décrire ses expériences sensorielles, il s’immerge peu à peu dans l’univers du vin. Déterminé à résoudre le mystère des treize vins tout en rivalisant avec Issei, Shizuku fait également appel aux bribes de connaissance acquises lors de son enfance avec son père avant qu’ils ne se brouillent. Au fil de son parcours, il est soutenu par son ami, la sommelière stagiaire Miyabi Shinohara, qui l’aide à naviguer dans ce monde complexe et peu familier.

L’animation de ‘The Drops of God’ : des choix stylistiques intéressants

Dès le début du premier épisode (le seul fourni pour la critique), The Drops of God établit clairement le ton de sa représentation de la dégustation de vin. La scène d’ouverture présente Yutaka Kanzaki de manière solennelle, presque révérencieuse, alors qu’il semble sur le point de sélectionner sa dernière bouteille de vin avant sa mort. Accompagné d’une profonde voix d’opéra masculine et des premières lignes de son testament, la séquence crée une atmosphère gothique, voire rituelle, qui captive immédiatement le spectateur. C’est une introduction efficace qui attire l’attention et établit des attentes pour une histoire qui traite le vin comme quelque chose de profondément symbolique.

Les fans du manga original apprécieront probablement la fidélité de l’anime à son identité visuelle. Les designs des personnages, ainsi que l’apparence générale des décors et des arrière-plans, ressemblent étroitement à leurs homologues illustrés. Même s’il a été adapté plus de 20 ans après la publication initiale du manga, The Drops of God conserve une esthétique clairement début des années 2000. Pour les fans de longue date d’anime, ce choix stylistique pourra évoquer une certaine nostalgie pour les émissions de cette époque.

Un des aspects intéressants de cette adaptation animée réside dans la façon dont elle représente l’expérience de la dégustation de vin. Étant donné que le spectateur ne peut pas physiquement goûter ou sentir ce que les personnages vivent, l’anime s’appuie fortement sur la narration visuelle. Ces séquences vont des évocations de souvenirs personnels aux représentations d’art, de musique, et d’éléments de la nature. À son meilleur, cette approche se révèle cohérente et inventive, renforçant l’idée que la dégustation de vin dans cet univers est autant une question d’émotion et de perception que de saveur.

Cela dit, tous les éléments de l’épisode ne brillent pas par leur efficacité, certaines scènes paraissant sous-développées et en décalage avec les moments plus forts, créant ainsi une expérience visuelle inégale. Lors de la première introduction de Shizuku, il se trouve dans un restaurant avec un confrère senior, qui l’informe de son transfert au département du vin. Pendant cette conversation, l’animation paraît statique, les personnages ne bougeant que la bouche tandis que le reste de leur corps reste totalement immobile. Bien que l’animation limitée ne soit pas inhabituelle dans les anime, l’appliquer de façon si rigide sur des personnages centraux dans une scène clé d’introduction crée un effet étrange qui rend la scène inexpressive.

Cet aspect est encore accentué par de légers décalages entre les dialogues et les mouvements des lèvres, pouvant être distrayants. De plus, The Drops of God peine parfois avec l’utilisation de CGI à certains moments. Animer des liquides est notoirement compliqué, surtout pour capturer des propriétés comme la densité et la viscosité. Dans plusieurs scènes où du vin est versé, l’anime utilise un CGI 3D très réaliste dans un style visuel 2D par ailleurs. Ce contraste peut être déconcertant, puisque le rendu hyperréaliste ne s’intègre pas bien au reste de l’animation. Au lieu d’enrichir l’expérience, ces moments se démarquent au point de tirer le spectateur de l’histoire, pouvant s’avérer décisifs pour certains.

L’histoire de ‘The Drops of God’ a bien vieilli

Si l’on peut mettre de côté ces soucis d’animation, il demeure une histoire riche et bien équilibrée au cœur de The Drops of God. C’est la raison pour laquelle sa version live-action arbore un solide 8.0 sur IMDb, et pourquoi le manga original a eu une influence notoire sur le marché du vin. Au-delà de son récit, la série constitue également une plongée éducative fascinante dans l’univers du vin, introduisant des étiquettes réelles et les décrivant avec un impressionnant détail.

Même pour ceux peu intéressés par le vin, l’histoire de The Drops of God reste captivante grâce à son classique schéma de l’outsider. Shizuku, armé d’un ensemble de compétences peu conventionnelles mais puissantes, se mesure à un rival redoutable et très expérimenté, créant une dynamique dans laquelle il est facile de s’investir. Ce conflit central donne à la série un solide attrait émotionnel, équilibrant le contenu plus technique avec des enjeux personnels. Bien que cette série seinen ne s’annonce pas nécessairement comme un des succès éclatants de la saison, son sujet de niche, associé à son exploration de l’héritage, de l’obsession et de la passion, lui confère une qualité intemporelle qui pourrait bien en faire un succès inattendu.

The Drops of God sera disponible à partir du 10 avril sur Crunchyroll.

Points à retenir

  • Adaptation d’un manga à succès, initialement publié en 2004.
  • Focus sur la dégustation de vin, un thème peu commun dans les anime.
  • Esthétique rappelant les débuts des années 2000, appréciée par les fans de l’époque.
  • Utilisation de narrations visuelles créatives pour représenter les expériences sensorielles.
  • Préparation de l’héritage et des attentes hautes parmi les amateurs de vin.
  • Inégalités dans la fluidité de l’animation, pouvant nuire à l’immersion.

En tant qu’amateur d’anime, il est toujours passionnant de voir comment les histoires peuvent évoluer et se réinventer à travers des adaptations, mais il est tout aussi essentiel de peser le contenu par rapport à ses représentations visuelles. Pour moi, l’univers complexe du vin mérite une série qui peut toucher tant au niveau émotionnel que sensoriel. Qu’en pensez-vous ? Les adaptations peuvent-elles vraiment capturer l’essence de narrations aussi riches, ou les limites techniques finiront-elles par entraver leur impact ?


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *