Le baiser d’au revoir que la Princesse Akiko de Mikasa a donné à Cédric Biscay sur les joues, alors qu’il l’accompagnait à sa voiture après le Bal de la Rose, a marqué un moment marquant pour lui. En effet, dans la culture japonaise, de tels gestes physiques de départ sont rares — presque inexistants dans les contextes formels. Pour Biscay, producteur, écrivain et entrepreneur culturel basé à Monaco, cela représentait l’aboutissement de plusieurs années de travail acharné pour renforcer les liens entre la Principauté et le Japon.

« Ce geste, commun en Europe mais exceptionnel dans la culture japonaise, m’a profondément touché et illustre, selon moi, une reconnaissance forte du travail accompli », explique-t-il. « Ce moment valait bien une année d’efforts intenses pour mener à bien ce projet et démontre l’attrait indéniable du pouvoir doux de Monaco, que je m’efforce de développer dans divers domaines. »

Ce pouvoir doux, dans les mains de Biscay, revêt plusieurs formes, le manga étant la plus emblématique.

Une relation construite au fil des années

Cédric Biscay rencontre pour la première fois la Princesse Akiko en novembre 2019 à Kyoto, lors d’une audience officielle pendant son événement Magic Kyoto. William Simpson, artiste storyboard de Game of Thrones, dessine en direct un portrait de la Princesse pendant le dîner de gala qui suit, à sa grande joie. Le dîner était également en présence du Maire et du Gouverneur de Kyoto.

Leur seconde rencontre a eu lieu en septembre 2023, lors d’une réception officielle à la Villa Masséna, à Nice. Ce même soir, le Prince Albert II a invité Biscay à assister au match de rugby Angleterre-Japon — une occasion qui a permis à Biscay et à la Princesse de partager leur passion commune pour ce sport, elle étant Présidente d’honneur de la Fédération Japonaise de Rugby.

Le fil rouge reliant le rugby, le Japon et Monaco prendrait une nouvelle ampleur l’année suivante. En 2025, le Prince Albert II nomma Biscay comme conseiller spécial pour l’Exposition Universelle d’Osaka. Les échanges avec la Princesse Charlène et son frère Gareth Wittstock ont donné naissance à l’idée d’inviter une équipe de rugby japonaise des moins de 12 ans à Monaco pour le Tournoi Sainte-Dévote. Charlène a également demandé à Biscay d’explorer la possibilité d’organiser une rencontre avec une équipe japonaise lors de la Journée de Monaco à l’Expo.

Sa troisième rencontre avec la Princesse Akiko a eu lieu en avril 2025 lors de l’une de ses visites au Japon dans le cadre de ses fonctions de conseiller. C’est là qu’il a proposé l’idée de la participation d’une équipe japonaise au Tournoi Sainte-Dévote et d’une éventuelle visite à Monaco. « La Princesse Akiko était immédiatement enthousiaste et m’a mis en contact avec le président de la Fédération Japonaise de Rugby », ajoute-t-il.

Bien que la Princesse Charlène n’ait pu assister à la Journée de Monaco à l’Expo en raison d’autres engagements, le Prince Albert a pris le relais — rencontrant les jeunes joueurs japonais le 28 juin 2025, journée nationale de Monaco à l’Expo.

Rugby, le Bal de la Rose et une visite historique

Ce qui a suivi a confirmé la profondeur de la relation que Biscay a contribué à établir. La Princesse Akiko a confirmé sa présence au Tournoi Sainte-Dévote 2026, et la Fédération Japonaise de Rugby a décidé, pour la première fois de son histoire, d’envoyer une équipe — celle de l’École de Rugby d’Osaka — pour participer à la compétition. Sa visite à Monaco coïncidait avec le Bal de la Rose, auquel le Prince Albert l’a officiellement invitée.

Les autorités monégasques en ont profité pour convier la Princesse aux célébrations du 20e anniversaire des relations diplomatiques entre Monaco et le Japon. Biscay l’a également présentée à Romain Ciarlet, Vice-Président et Directeur Général de la Fondation Prince Albert II, dans l’optique d’éventuelles collaborations entre Monaco et le Japon.

« Ces quelques jours ont été extraordinaires pour moi », confie-t-il, mettant en avant deux moments en particulier. Le premier fut d’être présent « au premier rang de la loge du Prince au Stade Louis-II, aux côtés de la Princesse impériale — un geste de bienveillance de Son Altesse Sérénissime la Princesse Charlène que je n’attendais pas du tout. » Le second était le départ à l’extérieur du Bal de la Rose. « Tandis que j’accompagnais Son Altesse impériale la Princesse Akiko de Mikasa à sa voiture, entourée de son personnel, du Chambellan et de l’Ambassadeur, elle m’a embrassé sur les joues. »

Le manga au cœur de tout cela

Pour comprendre le rôle de Biscay dans la diplomatie culturelle de Monaco, il est essentiel d’évoquer Blitz — la série de mangas qu’il a créée en 2020 avec l’illustrateur japonais Daitarō Nishihara, ayant précédemment travaillé sur Pokémon, et la légende des échecs Garry Kasparov en tant que conseiller et personnage récurrent.

Actuellement dans son 11e volume, la série a vendu plus de 200 000 exemplaires en France et est publiée en français, anglais, japonais et italien. Le volume 11 se déroule presque entièrement à Monaco, où le Casino, l’Hôtel de Paris, Alain Ducasse et le pilote de Formule 1 Valtteri Bottas apparaissent en tant que personnages.

« J’ai toujours pensé que Monaco était sous-évalué à l’échelle mondiale », confie Biscay dans une interview précédente. « C’est célèbre pour le Grand Prix et les yachts — mais il y a tant plus ici. Je voulais montrer que Monaco peut également être un lieu de culture, de créativité et d’inspiration. Beaucoup de gens pensent que Monaco est inaccessible ou trop cher. Mais maintenant, je reçois des messages de parents disant que leurs enfants demandent à visiter Monaco à cause de Blitz. Si le manga peut aider à amener de nouvelles personnes ici, notamment des jeunes, j’en suis très fier. »

La série a également dépassé le simple cadre du divertissement. Une édition spéciale, produite en collaboration avec le Comité des Droits des Femmes de Monaco, traite du harcèlement scolaire. « Ce type de narration atteint les enfants d’une manière que des brochures ou conférences ne peuvent pas », affirme-t-il.

Biscay est également en phase finale de production pour le reboot tant attendu d’Astro Boy avec Mediawan et TF1, un projet en cours depuis plus d’une décennie.

Ce pouvoir doux, tel que Biscay aime à le définir, ne se résume pas au spectacle, mais s’inscrit dans une dynamique de connexion — tissant habilement des liens entre des personnes, des idées et des cultures de manière naturelle et durable. Des cases de mangas aux moments de sport partagé, des réunions formelles aux gestes spontanés, son travail révèle une dimension plus humaine de la présence internationale de Monaco. Le baiser d’au revoir à l’extérieur du Bal de la Rose n’a pas seulement marqué la fin d’une visite, mais a capturé quelque chose de plus durable : une relation bâtie sur le respect mutuel, et une vision d’échange culturel qui se déploie bien au-delà d’une simple soirée.

Points à retenir

  • La rencontre entre Cédric Biscay et la Princesse Akiko symbolise des années de collaboration culturelle.
  • Le sport, en particulier le rugby, joue un rôle central dans les relations entre Monaco et le Japon.
  • Biscay utilise le manga pour promouvoir Monaco comme une destination culturelle.
  • Des initiatives conjointes vont au-delà de l’entertainment, touchant des enjeux sociaux comme le harcèlement scolaire.
  • Les gestes de bienvenue et de respect constituent des éléments clé des échanges culturels entre nations.

Pour ma part, cette histoire illustre à quel point les liens culturels peuvent renforcer les relations internationales. Le pouvoir des connexions humaines, même à travers des gestes simples, peut transformer des relations en véritables ponts entre les cultures. Cela m’amène à considérer comment nous, en tant qu’individus, pouvons contribuer à ce dialogue interculturel dans nos propres communautés.


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