
Maggie Kang, co-réalisatrice de KPop Demon Hunters, a révélé comment le cinéaste Bong Joon Ho, derrière le phénomène Parasite, l’a profondément inspirée pour son succès animé sur Netflix.
Lors du Festival international du film de Busan, où elle présentait une projection du film de monstre de 2006 de Bong, The Host, Maggie Kang a expliqué l’influence singulière que ce réalisateur sud-coréen a eue sur le ton et le style de son long-métrage.
« C’est une source d’inspiration immense pour moi », confie-t-elle. « J’ai voulu reproduire, d’une certaine manière, son style dans ce film. Ce qui m’a frappée, c’est la façon dont il manie plusieurs tonalités dans The Host. Avant cela, je ne pensais pas que c’était possible dans un film. C’était une première pour moi. »
Née à Séoul et installée à Toronto dès son enfance, Maggie Kang souligne aussi le rôle crucial de Netflix, qui lui a donné carte blanche pour créer une œuvre résolument coréenne, une approche qu’elle n’avait jamais pu pleinement explorer pendant ses nombreuses années dans l’animation hollywoodienne.
« Netflix m’a réellement encouragée à concevoir un film profondément ancré dans la culture coréenne », affirme-t-elle. « Ils ont une compréhension aiguë de la valeur du contenu coréen et de son audience mondiale. Leur souhait de promouvoir un dessin animé coréen était très fort, donc ils ont été très ouverts à cette idée dès que je leur ai proposé. »
En seulement 67 jours, KPop Demon Hunters est devenu le film le plus regardé de l’histoire de Netflix, dépassant Red Notice et atteignant 300 millions de vues.
Maggie Kang attribue ce succès à une alliance subtile entre des thèmes universels et une culture spécifique. « En reliant notre mythologie des chasseurs à celle des « mudang », ces chamanes coréens, cela allait de soi : les mudang utilisaient chants et danses pour éloigner les démons de leurs communautés », détaille-t-elle. « Nos chasseurs font de même à travers concerts, chants et danses. »
Elle ajoute : « Cette connexion entre mythes et réalité permet aussi aux plus jeunes de croire qu’un groupe d’idols pourrait exercer ce genre de mission dans leur vie. J’aime prendre quelque chose de familier et le revisiter avec une touche originale. »
Tout comme son père lui a fait découvrir le travail de Bong Joon Ho, Maggie Kang espère que KPop Demon Hunters marquera durablement les nouvelles générations. « Nous avons créé des personnages qui, je l’espère, toucheront la vie de nombreux publics à venir », confie-t-elle. « Quand ces jeunes filles grandiront, elles voudront partager ce film avec leurs enfants, à l’image de la façon dont je désirais transmettre les films Disney à ma propre fille. »
Points à retenir
- Maggie Kang a été profondément influencée par le style multicouches et les tonalités variées dans le film The Host de Bong Joon Ho, un réalisateur sud-coréen largement reconnu pour ses œuvres innovantes.
- Netflix a joué un rôle essentiel en lui permettant de raconter une histoire authentiquement coréenne, valorisant ainsi la culture locale sur une plateforme mondiale.
- KPop Demon Hunters est devenu en un temps record le film le plus visionné de Netflix, preuve de l’attraction internationale pour le contenu coréen authentique et bien ancré dans son héritage culturel.
- Le succès provient d’un mélange habile de mythologie traditionnelle coréenne – représentée par les mudang – et de la culture contemporaine des idols de K-pop, rendant le récit accessible et crédible pour les plus jeunes.
- Au-delà du divertissement, le film crée des personnages forts et inspirants, avec l’ambition d’accompagner plusieurs générations, perpétuant ainsi un héritage artistique et culturel.
Au fond, ce récit illustre parfaitement comment un succès peut naître de la rencontre entre tradition et modernité, transcendant les frontières culturelles pour toucher un public universel. Et si finalement, la recette magique pour conquérir Netflix n’était pas toujours un record de budget ou d’effets spéciaux, mais avant tout une histoire bien racontée, portée par des racines solides ? Moi, ça me donne presque envie de me remettre à bricoler des mythes dans mon garage. Qui sait, peut-être qu’à force de chanter sous la douche, je finirai par chasser quelques démons aussi…
