On parle beaucoup de Je m’appelle Agneta, ce film suédois devenu l’un des favoris du catalogue Netflix ces derniers mois. Curieuse, je m’y suis enfin plongée un soir où je cherchais une comédie légère — et j’en suis sortie agréablement surprise.

Le récit rappelle par certains côtés l’esprit de Shirley Valentine : une femme d’âge mûr qui, lasse de sa routine, part à la découverte d’elle‑même loin de son quotidien. Agneta, proche de la cinquantaine, mène une existence terne entre un bureau monotone et une invisibilité domestique. Passionnée par tout ce qui est français — contrairement à son mari — elle accepte un poste en Provence comme au pair, sans parler la langue. Elle s’attend à s’occuper d’un jeune garçon, mais la réalité la surprend et déclenche une série de révélations personnelles. Le scénario s’inspire du roman éponyme d’Emma Hamberg, qui a rencontré un beau succès critique et public.

Ce que j’en pense
Les plateformes commencent à mesurer l’intérêt des spectatrices de plus de 40 ans pour des histoires qui leur ressemblent, et Netflix, qui a contribué à la visibilité de ce type de cinéma, en propose plusieurs. Je m’appelle Agneta démarre calmement, mais gagne en intensité dès que son héroïne se met à se réinventer. La photographie soutient le propos : des tons grisâtres en Suède contrastent avec une palette solaire et jaune en Provence. La bande‑son accompagne ce basculement avec justesse.
La complicité d’Agneta avec Einar (Claes Månsson) et surtout avec Fabien (Jerémie Covillaut) fonctionne bien à l’écran — j’ai particulièrement apprécié la présence de ce dernier. Eva Melander, dans le rôle-titre, use parfois d’un jeu outré, avec des mimiques appuyées ; cela peut surprendre, mais la tonalité optimiste de la conclusion, portée par une touche d’ABBA, efface la plupart des réserves. En bref : une comédie douce-amère qui mérite le détour.

Points à retenir
- Synopsis : Agneta, proche de 50 ans, quitte la Suède pour travailler comme au pair en Provence et se redécouvrir.
- Thèmes : quête d’identité, invisibilité sociale des femmes mûres, renouveau personnel.
- Esthétique : contraste volontaire entre les tons froids suédois et les couleurs chaudes françaises.
- Interprétation : performances efficaces, avec un jeu parfois exubérant d’Eva Melander et une belle présence de Jerémie Covillaut.
- Ambiance sonore : bande‑son pensée pour soutenir l’évolution du personnage.
- Public : particulièrement parlant pour les spectatrices de plus de 40 ans, sans être exclusif.
Pour ma part, je vois Je m’appelle Agneta comme la confirmation d’un mouvement cinématographique utile : raconter des vies de femmes mûres sans les réduire à des clichés. Ces récits interrogent la place qu’on laisse aux désirs et au changement à chaque étape de l’existence. Et vous, pensez‑vous que le cinéma actuel donne suffisamment de place à ces parcours ?
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