Les entretiens d’embauche en personne gagnent en popularité alors que les recruteurs s’adaptent à l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle par les candidats, même lors des entretiens vidéo. Selon des recruteurs interrogés par The Wall Street Journal la semaine dernière, bien que les entretiens virtuels restent courants, ce format présente un inconvénient : certains candidats se tournent vers l’IA pour fournir des réponses, les récitant littéralement.
Cela pose un problème particulièrement important lors des entretiens techniques, diraient des experts à CNBC, où les candidats doivent faire face à la pression de trouver des solutions sur le vif. Bien au lieu de faire appel à leur propre réflexion, de nombreux candidats privilégient les réponses générées par l’IA pour contourner les attentes.
Dans ce contexte, des entreprises majeures comme Google et McKinsey commencent à mettre fin à l’utilisation de l’IA en réintroduisant des entretiens en personne.
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McKinsey, par exemple, a instauré la pratique de demander aux responsables de recrutement d’organiser au moins un entretien en personne avec les candidats avant de faire une offre. Cela fait environ un an et demi que la firme de conseil a débuté cette initiative, selon WSJ.
De son côté, Google réintroduit également “au moins un tour d’entretiens en personne”, a déclaré le PDG Sundar Pichai lors du podcast “The Lex Fridman Podcast” en juin. Pichai a précisé que Google souhaitait “s’assurer” que les candidats maîtrisent “les fondamentaux” lors des entretiens en face à face.
PDG de Google, Sundar Pichai. Photographe : David Paul Morris/Bloomberg via Getty Images
Cette tendance vers des recrutements “à l’épreuve de l’IA” intervient alors que les données du Bureau américain des statistiques du travail montrent que l’emploi a ralenti à un niveau proche du plus bas de la décennie. Le climat économique a engendré un nouveau phénomène au travail, appelé “job hugging”, où les employés s’accrochent à leur poste et choisissent de rester dans la même entreprise. Cela a également conduit à ce qu’on appelle le “quiet firing”, où les employeurs encouragent les employés à partir sans les licencier ouvertement.
Le processus de recrutement en lui-même revient aussi à des pratiques plus traditionnelles pour contrer l’IA. Par exemple, Business Insider a rapporté lundi que des candidats choisissent de soumettre leurs CV sur papier en personne dans différentes entreprises afin de se démarquer dans un marché encombré. Parallèlement, certains employeurs organisent des déplacements pour rencontrer des candidats sur site dans le cadre du processus d’entretien, afin d’évaluer leur capacité à répondre sans aide de l’IA.
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Les entretiens en personne pourraient offrir ce que les candidats recherchent pour se distinguer – des données suggèrent qu’ils préfèrent donner un entretien en personne plutôt qu’une vidéo ou un appel téléphonique. Un rapport de mai 2023 de l’American Staffing Association a montré que 70 % des plus de 2 000 adultes américains sondés préféraient un entretien en face à face plutôt qu’un appel vidéo ou téléphonique.
Points à retenir
- Les entretiens en personne semblent en hausse alors que les recruteurs s’efforcent de contrer l’utilisation de l’IA.
- Les entreprises adaptaient leurs processus de recrutement pour évaluer les compétences des candidats sans dépendance à l’IA.
- La tendance du “job hugging” souligne un changement dans la dynamique du marché du travail.
Dans un monde où la technologie prend de plus en plus de place, la réintroduction des entretiens en personne soulève des questions sur l’authenticité des échanges professionnels. Qu’est-ce qui est à privilégier dans le processus d’embauche : la compétence écrite ou la capacité à penser sur le vif ? Les recruteurs s’engagent-ils à préserver l’intégrité des échanges, ou cela ne reste-t-il qu’une solution temporaire face à l’émergence de l’IA ?
