Google a fermement affirmé que les résumés générés par son intelligence artificielle (IA) n’ont pas eu d’impact négatif sur le trafic des éditeurs, une assertion que ces derniers contestent vigoureusement. Penske Media Corporation, maison mère de Rolling Stone et The Hollywood Reporter, a porté plainte contre Google vendredi dernier, accusant le géant de la recherche d’utiliser leur travail sans autorisation pour produire des résumés, entraînant ainsi une baisse de leur trafic.
L’argument de Penske est assez simple : en affichant un résumé généré par l’IA d’un article en tête de page via le panneau de résumé de Google, les utilisateurs ont peu de raisons de cliquer pour lire l’intégralité de l’article. Cela amoindrit le trafic vers les plateformes des éditeurs, qui en ont pourtant besoin pour monétiser leur contenu par le biais de publicités ou d’abonnements. L’entreprise soutient que le moteur de recherche utilise sa position dominante pour forcer les éditeurs à offrir l’accès à leur contenu pour presque rien.
Il est intéressant de noter que Penske affirme qu’au cours des dernières années, Google n’a fondamentalement laissé aux éditeurs d’autre choix que d’accepter de donner accès à leur contenu. La plainte indique que Google n’indexe désormais un site Internet, le rendant disponible dans les résultats de recherche, que si l’éditeur autorise Google à utiliser ce contenu à d’autres fins, comme pour ses résumés IA. Si vous pensez perdre du trafic en n’obtenant pas de clics sur Google, imaginez à quel point il serait encore plus désastreux de ne pas apparaître du tout.
Un porte-parole de Google, sans surprise, a affirmé que l’entreprise ne partageait pas ces allégations. “Avec les résumés IA, les utilisateurs trouvent la recherche plus utile et l’utilisent davantage, créant ainsi de nouvelles opportunités pour la découverte de contenu”, a déclaré José Castaneda, porte-parole de Google, à Reuters.
Cela a été le message de l’entreprise depuis que les inquiétudes concernant la baisse de trafic ont commencé à se faire plus insistantes. Le mois dernier, Google a publié un article de blog affirmant que le volume de clics depuis les résultats de recherche vers les sites Web était “relativement stable d’année en année”, sans toutefois définir ce que signifie “relativement stable”. L’entreprise a également soutenu que la “qualité des clics” a augmenté, sugérant que ceux qui cliquent passent plus de temps sur les sites vers lesquels ils sont redirigés.
Cependant, cette affirmation ne semble pas correspondre aux observations des éditeurs. DMG Media, propriétaire du Daily Mail, a indiqué que les taux de clics avaient chuté de 89 % depuis le lancement des résumés IA. Un rapport du Wall Street Journal publié plus tôt cette année a révélé que Business Insider, The Washington Post et HuffPost avaient tous noté des baisses de trafic. Une étude de Pew Research a également trouvé que les utilisateurs cliquent beaucoup moins souvent lorsqu’un résumé IA est disponible, constatant que les spécialistes qui reçoivent des résultats de recherche sans résumé IA cliquent presque deux fois plus souvent que ceux exposés à un résultat généré par l’IA.
Pour le plaisir, si vous demandez à Google Gemini si les résumés IA de Google entraînent une baisse de trafic pour les éditeurs, il répond : “Oui, le résumé IA dans les résultats de recherche de Google semble entraîner moins de trafic pour de nombreux sites Web et éditeurs. Bien que Google affirme que les résumés IA créent de nouvelles opportunités pour la découverte de contenu, plusieurs études et rapports anecdotiques des éditeurs suggèrent un impact négatif sur le trafic.” On pourrait même s’amuser à demander à Google : “Mentissez-vous sur l’impact des résumés IA sur le trafic, ou votre assistant IA fournit-il des informations fausses et peu fiables ?”
Points à retenir
- Penske Media Corporation a intenté une action en justice contre Google pour utilisation non autorisée de son contenu.
- Google soutient que ses résumés générés par l’IA améliorent l’expérience utilisateur et le trafic vers les sites.
- Des études montrent que l’apparition de résumés IA peut entraîner une baisse des taux de clics vers les articles.
La situation pose des questions sur l’équilibre entre l’innovation technologique et la protection des droits des éditeurs. La tension entre les géants de la technologie et les créateurs de contenu pourrait-elle favoriser une redéfinition des règles du partage de contenu à l’ère numérique ? Ce débat soulève des enjeux cruciaux sur la monétisation, l’accès à l’information et, finalement, la diversité du discours médiatique.
