mer. Juil 15th, 2026

Retraités : Trump menace de représailles après l’amende record infligée à Google par la Commission européenne

Le président américain Donald Trump a exprimé des menaces de représailles après que la Commission européenne a infligé une amende de 2,95 milliards d’euros à Google pour abus de position dominante dans le secteur de la technologie publicitaire.

Sur Truth Social, Trump a qualifié cette amende d’« injuste », soulignant que son « administration ne laissera pas ces actions discriminatoires sans réponse ». Il a également mentionné qu’il pourrait être contraint de lancer une procédure en vertu de la Section 301 pour annuler ces pénalités qu’il considère comme injustes pour les entreprises américaines contribuables.

La Section 301 de la Loi sur le commerce de 1974 permet aux États-Unis d’imposer des sanctions à des pays étrangers dont les actions sont jugées « injustifiables » ou « déraisonnables », ou qui nuisent au commerce américain. « Je vais m’entretenir avec l’Union européenne », a déclaré Trump aux journalistes à la Maison Blanche.

La Commission a indiqué que son enquête avait révélé que Google « avait abusé de son pouvoir » en favorisant ses propres services technologiques publicitaires au détriment de concurrents, d’annonceurs en ligne et d’éditeurs. L’enquête a particulièrement ciblé l’échange publicitaire AdX de Google et la plateforme DFP, qui relient annonceurs souhaitant commercialiser leurs produits et éditeurs en ligne cherchant à vendre des espaces publicitaires sur leurs sites.

C’est la quatrième fois que Google est sanctionné par Bruxelles avec une amende de plusieurs milliards d’euros dans le cadre d’une affaire d’antitrust, une lutte qui dure depuis 2017.

Le Conseil Européen des Éditeurs appelle à des mesures encore plus strictes

Google dispose désormais de 60 jours pour proposer des remèdes. « À ce stade, il semble que la seule façon pour Google de mettre un terme à son conflit d’intérêts soit d’envisager un remède structurel, tel que la vente d’une partie de son activité Adtech », a déclaré Teresa Ribera, commissaire européenne à la concurrence. Google a annoncé son intention de faire appel de cette décision qu’elle estime « erronée ».

Cette situation survient alors que les tensions entre Bruxelles et Washington se ravivent sur des questions de commerce, de tarifs douaniers et de régulation technologique. L’action de la Commission a été provoquée par une plainte du Conseil européen des éditeurs, qui réclame des mesures encore plus sévères contre Google. « Une amende ne réparera pas les abus de Google dans le secteur de la technologie publicitaire », a déclaré Angela Mills Wade, directrice exécutive de l’organisation, appelant plutôt à une séparation des activités.

Des responsables européens de premier plan ont déjà affirmé qu’ils cherchaient une vente forcée, car les amendes précédentes n’ont pas mis fin aux pratiques anticoncurrentielles de Google. Cori Crider, chercheuse senior au Future of Technology Institute, a déclaré que « l’Europe a fait un pas important pour l’État de droit aujourd’hui en avançant avec cette amende préliminaire face aux intimidations de Trump et des grandes entreprises technologiques ». Cependant, elle a précisé que « seule une séparation pourra résoudre le monopole de Google ».

Bien que l’amende de l’UE soit considérable, elle ne représente qu’une goutte d’eau pour Google, qui a généré 24 milliards d’euros de revenus au deuxième trimestre. Google a d’ailleurs réussi à éviter une séparation quelques jours plus tôt aux États-Unis, où un juge fédéral a trouvé que l’entreprise détenait un monopole illégal dans la recherche en ligne, ordonnant une réorganisation de son moteur de recherche, tout en refusant la vente de son navigateur Chrome.

Points à retenir

  • Contexte juridique : La Section 301 permet à l’US Trade Representative de contester les pratiques commerciales étrangères jugées injustes.
  • Impact économique : Bien que des amendes soient imposées, les grandes entreprises comme Google continuent de générer des revenus colossaux.
  • Demande de séparation : La proposition d’une séparation des activités Adtech de Google est un sujet de débat croissant parmi les régulateurs européens.
  • Réactions politiques : Les tensions entre l’Europe et les États-Unis sur la régulation des grandes entreprises technologiques continuent de croître, avec des impacts potentiels sur les relations commerciales.

Il sera intéressant de suivre l’évolution de cette affaire, notamment si les mesures envisagées suffiront à réellement modifier le paysage concurrentiel ou si des actions plus radicales seront finalement privilégiées. Cela pose la question de l’efficacité de la régulation face à des géants technologiques souvent perçus comme intouchables.


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