Les prix du pétrole ont enregistré une hausse de plus de 1 % ce lundi, suite à l’annonce par l’OPEP+ d’une augmentation de la production pour le mois de novembre moins importante que prévue. Ce mouvement a atténué certaines craintes liées à une offre excédentaire, même si les perspectives de demande restent fragiles et devraient limiter les gains à court terme.
Les contrats à terme sur le Brent ont grimpé de 89 cents, soit 1,4 %, pour atteindre 65,42 dollars le baril à 11h07 GMT. De leur côté, les contrats sur le pétrole brut américain West Texas Intermediate (WTI) ont également progressé de 84 cents, soit 1,4 %, à 61,72 dollars le baril.
Selon Yaniv Shah, analyste chez Rystad Energy, « le marché anticipait une hausse de production un peu plus importante de la part de l’OPEP+, comme le laissait entrevoir la structure des prix la semaine dernière. Toutefois, cette augmentation modeste de 137 000 barils par jour accentue le surplus d’offre attendu pour le quatrième trimestre 2025 et 2026. »
Le groupe OPEP+, incluant la Russie et plusieurs producteurs de moindre envergure, a confirmé dimanche qu’il maintiendrait une hausse de 137 000 barils par jour en novembre, soit le même niveau qu’en octobre, face aux inquiétudes persistantes sur un surplus d’approvisionnement sur le marché.
Avant cette réunion, différentes sources avaient indiqué que la Russie soutenait cette hausse modeste pour éviter une pression trop forte sur les prix, tandis que l’Arabie saoudite préférait envisager une augmentation deux à quatre fois plus importante, visant à regagner rapidement des parts de marché.
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Thomas Varga, analyste chez PVM Oil Associates, note que cette progression limitée intervient alors que les exportations vénézuéliennes augmentent, que les flux de pétrole kurde via la Turquie reprennent et que des volumes non vendus de brut moyen-oriental sont prévus pour chargement en novembre.
De son côté, l’Arabie saoudite a maintenu inchangé le prix officiel de vente de son brut léger arabe destiné à l’Asie.
Bien que les raffineurs asiatiques s’attendaient à une légère hausse des prix, ces anticipations ont été revues à la baisse, les craintes liées à l’augmentation des approvisionnements moyen-orientaux ayant conduit la prime à descendre à son plus bas niveau en 22 mois la semaine dernière.
Malgré les pressions américaines sur l’Inde, un des principaux acheteurs de pétrole russe, un responsable indien a indiqué à Reuters lundi que les raffineries du pays disposent d’un approvisionnement adéquat en pétrole russe. Les attaques sur les infrastructures énergétiques russes ont même contribué à accroître l’offre disponible, soutenant ainsi partiellement le marché pétrolier.
À court terme, certains analystes estiment que la prochaine saison de maintenance des raffineries au Moyen-Orient pourrait également freiner la progression des prix.
Les prévisions de faibles fondamentaux de la demande pour le quatrième trimestre constituent un autre facteur limitant la tendance haussière du marché.
L’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) a d’ailleurs rapporté la semaine dernière une hausse plus marquée que prévu des stocks de brut, d’essence et de distillats aux États-Unis, reflétant une baisse de l’activité de raffinage et de la demande.
Chris Bushamb, analyste principal de marché au sein du groupe IG, conclut : « Si la production continue d’augmenter de manière stable, la chute du prix du pétrole pourrait être limitée. Tout dépendra désormais de la capacité de l’économie américaine à retrouver un rythme de croissance soutenu durant le reste de 2025 et au-delà, ce qui serait un facteur clé pour renforcer la demande. »
Points à retenir
- L’OPEP+ a annoncé une hausse modérée de sa production pour novembre, moins importante que prévue, soulageant partiellement les craintes d’un surplus d’offre.
- Les prix du Brent et du WTI ont progressé d’environ 1,4 % en réaction à cette annonce.
- Les tensions internes au sein de l’OPEP+ reflètent des divergences d’intérêts entre la Russie, favorable à une hausse mesurée, et l’Arabie saoudite, préférant une augmentation plus significative.
- La combinaison d’une offre mondiale qui reprend (Venezuela, pétrole kurde) et d’une demande incertaine limite les perspectives haussières du marché pétrolier.
- Les données américaines montrent une augmentation des stocks, illustrant un ralentissement de la consommation et du raffinage.
- La capacité de l’économie américaine à relancer sa croissance sera déterminante pour le futur équilibre entre l’offre et la demande pétrolières.
- Les maintenances programmées des raffineries au Moyen-Orient pourraient tempérer les variations des prix dans les prochains mois.
Au-delà des fluctuations immédiates des cours, cette situation pose une question fondamentale sur la nature cyclique des marchés énergétiques et leur dépendance à la fois aux dynamiques géopolitiques et aux forces économiques globales. La capacité des acteurs internationaux à concilier production, demande et stabilité des prix pose le défi d’une gestion fine et concertée, nécessaire pour éviter des déséquilibres lourds de conséquences. Ce scénario nous invite à réfléchir sur l’interdépendance croissante des économies et sur la recherche constante d’un équilibre fragile entre ressources naturelles, besoins humains et enjeux économiques mondiaux.
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