
Ce que l’on entend par “agentique” a déjà commencé à faire des vagues dans le domaine technologique. À la fin de l’année, le terme “bulle” pourrait dominer les discussions, mais pour l’instant, l’attention se concentre sur la promesse fascinante de l’AI agentique. Ce concept fait passer l’intelligence artificielle à un niveau supérieur, suggérant une main-d’œuvre qui fonctionnerait sans intervention humaine. À un moment où le marché semble satisfait par des chatbots interactifs classiques, l’ère de l’AI agentique promet une transformation radicale.
Le terme “agentique” peut sembler vague et est déjà critiqué par certains experts. Ed Zitron, journaliste technologique, se demande ce que ce terme signifie vraiment. Pour lui, il représente plus une opération de marketing qu’une véritable avancée technologique. Ainsi, le terme “agentique” peut engendrer de fausses attentes, permettant aux entreprises de projeter leurs espoirs dans un mot à la mode tout en attirant des financements.
En théorie, l’AI agentique pourrait signifier un saut vers une autonomie réelle, où l’AI comprend les objectifs de l’utilisateur et prend ses propres initiatives. Imaginez un bot de cybersécurité qui analyse des menaces en temps réel et propose des contre-mesures sans que vous ne cliquiez sur quoi que ce soit. Pourtant, cette autonomie pose un problème éthique et juridique pour les avocats, qui ne peuvent s’en remettre à une AI sans supervision. L’idée d’une AI réglant des divorces sans intervention humaine, même en se basant sur des cas précis, soulève des inquiétudes.
Alors pourquoi les entreprises technologiques choisissent-elles d’utiliser le terme “agentique” ? Souvent, parce que leurs outils ne sont pas réellement agentiques au sens où on l’imagine. Les récents produits présentés par Thomson Reuters, par exemple, semblent davantage des outils d’automatisation que des agents autonomes. Bien qu’ils puissent aider les avocats avec des dossiers de cas et la recherche, ces outils restent finalement limités par le cadre des instructions manuelles.
De nombreux fournisseurs tentent de rendre ces technologies accessibles aux avocats. Tiana Van Dyk d’Epiq souligne que la difficulté réside dans la capacité à expliquer ces systèmes complexes. Les professionnels du droit ont souvent besoin d’être rassurés sur le fait que ces outils ne vont pas simplement remplacer leurs méthodes traditionnelles.
Il est essentiel que les avocats restent sceptiques à l’égard de ces promesses des entreprises de technologie. Les offres “agentiques” ne doivent pas effrayer les avocats et les dissuader d’utiliser des outils qui pourraient réellement leur être utiles. Finalement, nombre de ces solutions ne constituent pas des agents autonomes, mais des systèmes d’automatisation basés sur des prompts familiers.
La vraie crainte est que des termes comme “agentique” poussent les avocats à passer à côté de technologies innovantes qui, sans être des agents autonomes, peuvent toutefois transformer certains éléments du travail juridique.
Points à retenir
- Le terme “agentique” est souvent perçu comme une tactique marketing plutôt qu’une avancée technologique réelle.
- Les outils étiquetés “agentiques” peuvent ne pas offrir l’autonomie promise et restent soumis à une supervision humaine.
- Les avocats doivent aborder ces nouvelles technologies avec un esprit critique afin de ne pas se laisser séduire par des promesses vides.
En somme, le développement de l’intelligence artificielle dans le secteur juridique détient un potentiel indéniable, mais il est essentiel de rester vigilant sur la façon dont ces technologies sont présentées. Face à des termes innovants, invitons les professionnels à explorer de manière critique les réels bénéfices qu’ils peuvent en tirer sans céder à l’élan des buzzwords.
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