mar. Juil 14th, 2026

Dubbing à l’écran

Stratégies de doublage à l’écran

Le nombre total de plans de dialogue dans les douze œuvres analysées s’élève à 12 543, avec 7 625 plans à l’écran et 4 918 hors écran, représentant respectivement environ 61 % et 39 % du total des plans de dialogue. Comme l’indique le tableau 2, Haeundae possède le plus grand nombre de plans de dialogue (2 050), tandis que I Saw the Devil en a le moins (536). En moyenne, chaque film contient un peu plus de 1 000 plans de dialogue.

Tableau 2 Nombre total de plans de dialogue dans les douze œuvres analysées.

Étant donné la grande variété de tailles de plans, il n’est pas possible d’analyser les caractéristiques du doublage à travers toutes les huit catégories. Ainsi, les tailles de plans sont généralement regroupées en trois catégories principales : plans rapprochés, plans moyens et plans larges. Par conséquent, cette étude se concentre sur l’examen du doublage à l’écran dans ces trois classifications largement reconnues.

La réduction émerge comme la stratégie de traduction prédominante pour le doublage à l’écran, représentant environ 50 % de toutes les tailles de plans. Cependant, chaque taille de plan présente des caractéristiques uniques qui influencent différents aspects du doublage. Les plans rapprochés révèlent des instances où le dialogue doublé est modifié par rapport à l’original pour répondre aux exigences de synchronisation. Les plans moyens constituent la taille de plan la plus fréquemment utilisée pour les scènes de dialogue, englobant 4 826 (63 %) des 7 625 plans à l’écran. Dans le cas des plans moyens, la discussion se concentre sur l’utilisation marquée de la réduction en tant que stratégie de doublage, tout en illustrant comment les transitions entre les plans dans les scènes de dialogue peuvent impacter le doublage. Enfin, l’analyse des plans larges se concentre sur la synchronisation cinétique, qui est identifiée comme l’un des résultats majeurs dans cette catégorie spécifique de plans.

Doublage en gros plan

Selon Bowen (2017), les plans rapprochés revêtent une importance particulière car ils agissent comme un puissant outil dans le langage cinématographique pour transmettre du sens. Les gros plans non seulement dépeignent le sujet de manière détaillée, mais ils deviennent également plus fréquents dans des situations dramatiques à mesure que le film progresse vers son climax. Cette étude analyse les dialogues dans les versions originale et doublée des gros plans, et les différences observées illustrent des instances où les dialogues doublés divergent des dialogues originaux en raison de défis de synchronisation.

Dans le film Haeundae, une scène se déroulant sur un terrain de baseball présente un cas de synchronisation phonétique. Man-sik accompagne Yeon-hee au stade Sajik pour assister à un match des Lotte Giants, où il devient de plus en plus contrarié par les erreurs répétées de l’équipe, le poussant à consommer de l’alcool de manière excessive. Au cours de la scène, un gros plan de Yeon-hee chantant “Mamama,” (마마마) est suivi d’un plan où elle empêche Man-sik de maudire les joueurs. Le chant “Mamama,” crié à pleine voix par Yeon-hee et le reste du public, est une acclamation courante lors des matchs des Lotte Giants pour exprimer le mécontentement lorsque le lanceur adverse tente de garder un coureur près de la base. Le doublage anglais de ce chant, présenté dans le tableau 3 ci-dessousNote de bas de page 3, ne translittère pas le chant original.

Tableau 3 Doublage anglais du chant “Mamama” dans la scène de baseball de Haeundae (2010).

Dans la version doublée en anglais, le mot coréen “ma” est traduit par “ba,” les deux mots partageant le son consonne bilabial, représenté par ‘ㅁ’ et /B/, respectivement. La ligne soulignée de Man-sik dans le tableau ci-dessus illustre la raison derrière la modification en “ba” plutôt que de translittérer en “ma.” Dans la ligne originale “You son of a bitch!”, la version doublée est “Son of ba-ba-ba-bi-tch!” La connexion entre la ligne doublée de Man-sik et le chant “bababa” représente une adaptation créative, étant donné les défis liés à la transmission du sens du mot “mamama” dans le doublage anglais.

L’isochronisme a été soigneusement maintenu dans tous les textes analysés. La synchronisation cohérente des mouvements des lèvres, même dans les scènes où seule la mouvement des lèvres se produit sans dialogue, souligne l’importance de l’isochronisme dans le doublage cinématographique. Un exemple d’isochronisme peut être observé dans le film I Saw the Devil, où Kim Soo-hyun visite plusieurs suspects liés au meurtre de sa fiancée un par un dans le tableau 4 ci-dessous. Parmi les suspects se trouve un individu nommé “Jjang-gu,” dont l’objectif de Soo-hyun est de déterminer s’il est le véritable coupable.

Tableau 4 Exemple d’isochronisme dans I Saw the Devil (2010).

La phrase “What are you, asshole,” entendue hors écran, se produit dans un gros plan de Jjang-gu. L’original coréen n’inclut pas cette ligne, mais le doublage anglais y insère la phrase “What the hell?”, comme indiqué dans la dernière ligne du tableau 4. Étant donné que la bouche du personnage est ouverte alors qu’il est maîtrisé par la force, le public pourrait s’attendre à une ligne de dialogue ; en réponse, le doublage anglais ajoute la phrase pour s’adapter à la situation.

Doublage en plan moyen

L’analyse suggère que les plans moyens sont les plus fréquents dans les scènes de dialogue. Parmi les 7 625 plans à l’écran, 2 083 (27,3 %), 4 826 (63,3 %) et 716 (9,4 %) correspondent aux plans rapprochés, plans moyens et plans larges, respectivement, les plans moyens étant les plus riches en dialogue. Les plans moyens affichent deux caractéristiques principales. Tout d’abord, la réduction émerge comme la stratégie de doublage dominante. Deuxièmement, dans les scènes de dialogue où les plans moyens sont largement utilisés, les plans inversés sont souvent adoptés, créant une dynamique où la ligne du locuteur (plan) et la réponse de l’auditeur (plan inversé) sont visuellement déconnectées.

La forme la plus courante de réduction observée dans les plans moyens implique l’élimination des répétitions. La répétition renvoie à l’usage récurrent d’un vocabulaire identique ou similaire dans le discours de l’interlocuteur. Cela sert de stratégie de communication pour établir une cohérence et une interaction significative et constitue également un trait courant dans les dialogues coréens. Par exemple, dans le film Veteran, il y a répétition de noms tels que “Do-cheol-ah, Do-cheol-ah!” (도철아! 도철아!) ou répétition de mots comme “You’re a veteran, veteran” (베테랑이시네, 베테랑). Cependant, dans le doublage anglais, ces répétitions sont omises, “Do-cheol-ah” et “veteran” étant prononcés une seule fois chacune.

Bien que le sous-titrage omette souvent la répétition en raison de contraintes d’espace, les résultats indiquent que des réductions similaires se produisent dans le doublage, mais pour des raisons différentes. Le dialogue en anglais tend à éviter la répétition directe, privilégiant des expressions variées ou des paraphrases pour maintenir le flux naturel de la parole. Par exemple, dans Memories of Murder, l’affirmation répétée “예, 예, 예, 예, 예” (où “예” est essentiellement le même que “Oui”) est doublée par “Yeah, right. Fine. Okay,” illustrant comment le doublage anglais remplace la répétition par des expressions variées. Dans I Saw the Devil, la répétition du protagoniste de “이렇게? 이렇게? 이렇게! 이렇게! 이렇게! 이렇게!” (où “이렇게” signifie “comme ça”) est transformée en “How about that? Huh? Is that what you want? You son of a bitch!” dans le doublage anglais. Cette substitution non seulement élimine la répétition, mais respecte également les structures discursives en anglais.

Dans les scènes de dialogue en plan moyen, le public perçoit la dynamique action-réaction à travers des plans alternés entre les locuteurs à l’écran et les plans inversés des personnages écoutant. Cette technique entraîne souvent des interruptions dans le dialogue d’un personnage par des plans de réaction, et des divergences entre les versions originale et doublée sont identifiées dans ces cas. Dans la version originale, le dialogue suit sans interruption à travers les plans, tandis que dans la version doublée, la phrase se termine avec la transition de plan. La séparation des phrases dans le cadre des plans moyens et des plans de réaction peut être considérée comme une caractéristique de la version doublée. Le tableau 5 montre la réponse de la Reine à Haseon dans le film Masquerade, après que Ha-seon refuse la suggestion de la Reine d’aller se coucher ensemble, citant un événement imprévu.

Tableau 5 Segmentation des phrases dans une scène en plan moyen dans Masquerade (2016).

Lors du plan inversé, le public ne voit pas le mouvement des lèvres de la Reine, tandis que Ha-seon est affiché à l’écran. Dans la version doublée, la ligne originale “Your Highness is” (주상께선) est modifiée en “I’m sure it can wait.” Cet ajustement non seulement exprime plus explicitement le désaccord de la Reine avec Ha-seon dans le doublage, mais divise également le dialogue en deux plans distincts, alors que la ligne originale apparaît dans une séquence continue à travers les deux plans.

Doublage en plan large

Les plans larges, également appelés “plans en pied”, capturent le personnage de la tête aux pieds. Dans le doublage de ces plans, l’accent principal est mis sur l’alignement du dialogue avec les mouvements du corps du personnage. En revanche, les plans extrêmes (XLS) limitent naturellement le dialogue audible en raison de la distance du personnage par rapport à la caméra. Parmi les 7 625 plans à l’écran avec dialogue doublé, les plans larges constituent uniquement 716 (9,4 %) tandis que les XLS ne comptent que 169 plans (2,2 %).

Ce qui est remarquable dans le doublage des plans larges, c’est l’accent mis sur la synchronisation cinétique. Par exemple, dans une scène du film Haeundae, Man-sik et ses amis sont montrés ensemble dans un plan large. Quand ils manquent de Soju, une boisson alcoolisée populaire en Corée, Yeon-hee en achète plus et entre dans le cadre lorsque Sang-ryul tend la main pour prendre du Soju de sa main. Dans cette scène, Man-sik et Woo-sung s’engagent dans une dispute où Man-sik mentionne son enfant ayant réussi académiquement et le compare à l’enfant de Woo-sung. Dans l’original, tout en écoutant leur échange, Sang-ryeol dit à Man-sik, “이 얍삽한 새끼야” (“Tu es un bâtard peu profond”) en même temps qu’il tend son bras. Au lieu de traduire fidèlement la ligne de Sang-ryeol qui critique Man-sik, elle est modifiée en “Give me that” pour correspondre au mouvement du corps de Sang-ryeol. Cet ajustement démontre comment le doublage privilégie souvent la synchronisation avec les mouvements du corps au détriment de la préservation du contenu du dialogue original.

Doublage hors écran

Stratégies de doublage hors écran

L’analyse du doublage hors écran montre un schéma distinct comparé au doublage à l’écran. Par rapport au doublage à l’écran, le doublage hors écran diffère significativement sur deux points. Premièrement, comme les personnages ne sont pas visibles à l’écran, les acteurs de voix ne sont pas contraints d’adhérer à la synchronisation, de sorte que les changements de sens sont plus prononcés. Deuxièmement, des incohérences avec les informations visuelles sont également présentes.

Le doublage basé sur les types de son présente un taux de réduction inférieur par rapport au doublage basé sur la taille des plans. De plus, le test du chi-carré examinant la différence entre les traductions à l’écran et hors écran donne un résultat de 0 %, indiquant que ces deux formes de traduction peuvent être considérées comme indépendantes. Le test du chi-carré est couramment utilisé pour analyser des variables nominales entre des variables catégorielles plutôt que continues. Etant donné que les données de cette étude sont catégorielles, et classées selon les stratégies de traduction, le test du chi-carré a été jugé approprié. En outre, le test du chi-carré nécessite que certaines conditions soient remplies lors de son application aux données catégorielles. Les résultats du test sont significatifs lorsque la fréquence attendue pour toutes les valeurs est supérieure à un, que la fréquence attendue de cinq ou moins ne dépasse pas 20 % du total et que les données sont indépendantes. Dans cette étude, toutes ces conditions sont satisfaites.

Dans le cadre du doublage hors écran, il existe une plus grande flexibilité à modifier le dialogue. Le son hors écran peut être confondu avec une voix off, car les deux impliquent un dialogue prononcé par un personnage non visible à l’écran. Cependant, le son hors écran provient d’un personnage présent dans le même espace physique que ceux à l’écran. En d’autres termes, le locuteur du son hors écran peut être repéré par un mouvement de caméra. Un exemple de dialogue doublé modifié comportant un son hors écran peut être trouvé dans le film Man from Nowhere. Oh Sang-man est un ancien praticien chirurgical qui, après avoir purgé une peine pour des infractions liées à la drogue, travaille avec un gang de trafiquants d’organes. Lorsqu’il apparaît pour la première fois dans le film, son surnom “Cinq Cents” est introduit. Ce surnom reflète son désir d’opérer cinq cents personnes. Plus tard dans le film, dans une scène où Oh est trouvé avec ses globes oculaires retirés, les mots du détective sont entendus hors écran. Dans la version coréenne originale, la ligne du détective, “지 눈깔이 뽑혔네, 이 새끼” (“Tes yeux ont été arrachés, espèce de bastard”), réaffirme simplement l’image du visage défiguré d’Oh Sang-man une fois de plus. Cependant, dans le doublage anglais, la ligne est modifiée en “I see he wanted to see his five hundredth victim so badly [by making himself a victim].” Cette adaptation sert de rappel du surnom d’Oh et enrichit le dialogue hors écran avec des informations préalablement établies.

Deuxièmement, des incohérences avec les informations visuelles se trouvent dans la narration en voix off. La narration en voix off, ou son diégétique interne, projette les pensées ou la narration d’un personnage sans source sonore visible à l’écran. La voix du personnage est superposée, et la narration est asynchrone avec le contenu à l’écran. Dans le film Oldboy, la narration en voix off du protagoniste est présente tout au long du film, apparaissant dans 34 des 144 scènes au total. Une instance notable de narration en voix off se produit lorsque le protagoniste, Dae-su, part à la recherche de l’endroit où il a été détenu à l’aide d’un indice d’un restaurant chinois nommé “Cheongryong” où il avait l’habitude de manger des dumplings tous les jours. Malgré une recherche exhaustive du restaurant, il ne trouve aucune piste. Dans un moment de désespoir, il découvre une annonce pour un restaurant chinois nommé “Jacheongryong” dans l’annuaire téléphonique. Le caractère “자 (Ja; signifiant violet)” de l’annuaire se combine avec le nom “청룡 (Cheongryong; signifiant dragon bleu)” pour former le nom “Jacheongryong.” Le sous-titre apparaît comme “Violet Blue Dragon,” qui est une traduction littérale du sens. Une ligne de dialogue coréenne suit : “Un dragon violet-bleu. Que cela peut-il bien signifier ?” Cependant, dans le dialogue doublé, le nom du restaurant est mentionné comme “Magic Blue Dragon.” Dans ce cas, l’incohérence entre la narration en voix off et les sous-titres pourrait potentiellement troubler le public.

Doublage sur silence

Le doublage sur silence fait référence à l’insertion de dialogue enregistré supplémentaire absent de la piste originale (Spiteri Miggiani 2019a : 131). L’analyse révèle que le doublage sur silence est utilisé dans divers contextes. Ces cas peuvent être classés en deux groupes : décrire des événements à l’écran et transmettre des informations narratives supplémentaires.

Tout d’abord, le doublage sur silence est utilisé pour fournir des explications sur les événements à l’écran. Un exemple de cela peut être observé dans une scène du film Haeundae où Dong-chun et Yeon-hee rentrent chez eux après un match de baseball et tombent sur une boîte. Tandis que la caméra capture Dong-chun et Yeon-hee marchant ensemble, Dong-chun disparaît lorsque Yeon-hee ouvre la porte de sa maison. Seule sa voix se fait entendre hors écran. Lorsque Yeon-hee découvre la mystérieuse boîte, les premiers mots de Dong-chun en coréen sont : “오데 가서 묵지?” (“Où devrais-je manger ?”). Cette ligne reflète ses pensées intérieures après que Yeon-hee a décliné sa demande pour un repas. Cependant, le doublage en anglais introduit une ligne supplémentaire : “Hey, you got a package. Wonder what it is.” Ce dialogue sur silence explique à la fois l’arrivée du mystérieux paquet et l’expression inquisitrice sur le visage de Yeon-hee.

Deuxièmement, le doublage sur silence transmet des informations narrativess supplémentaires. Par exemple, dans Memories of Murder, une scène montre un policier et un fermier cherchant une victime dans un plan en plongée qui rend les personnages petits et distants. La distance considérable entre la caméra et les sujets aboutit à une situation de bouche invisibles à l’écran, rendant difficile d’entendre le dialogue. Dans la version coréenne originale, il n’y a aucun dialogue discernable, et le public de la culture source ne peut que déduire la situation à partir des gestes du fermier pointant quelque part et du comportement urgent du policier. Cependant, dans la version doublée en anglais, la ligne du fermier, “She’s over here. She’s right over this way. Here! I found her this morning,” est explicitement retransmise. Cet exemple de dialogue doublé sur silence démontre l’intention de fournir au public une compréhension claire de ce qui se passe à l’écran et de ce qui se produira dans le plan suivant.

La différence entre doublage à l’écran et hors écran

Pour déterminer s’il existe effectivement une distinction dans les stratégies de traduction lorsque les personnages sont à l’écran comparativement à hors écran, un test statistique a été réalisé. Comme indiqué dans le tableau 6, il existe une différence notable dans la fréquence et le pourcentage des doublages à l’écran par rapport à ceux hors écran. Cependant, il est crucial de déterminer si cette différence est statistiquement significative.

Tableau 6 Analyse statistique des stratégies de doublage à l’écran et hors écran.

Dans le tableau 6, la valeur du chi-carré pour les traductions à l’écran et hors écran est χ = (10, 12 543) = 749,02, p = 0,000. Ce résultat indique que les doublages de dialogue à l’écran et hors écran sont statistiquement indépendants et suggère que différentes stratégies de doublage sont employées dans les textes analysés selon que les personnages sont à l’écran ou hors écran.

Malgré cette indépendance statistique, les doublages à l’écran et hors écran partagent la même prédominance de la réduction comme stratégie de doublage. La réduction représente 50 % des doublages de dialogue à l’écran et 39 % des doublages hors écran. Cela soulève une question importante : pourquoi la réduction est-elle si répandue dans le doublage du coréen vers l’anglais ? Pellegrino et al. (2011) ont réalisé une analyse comparative de sept langues, dont l’anglais et l’espagnol, sur l’hypothèse qu’il existe un compromis entre le taux de paroleNote de bas de page 4 et la densité d’informationNote de bas de page 5 dans une langue. Leurs résultats ont conclu que, bien que le taux de parole et la densité d’information diffèrent significativement entre les langues, toutes les langues partagent “la même capacité communicative globale” (p. 542). Oh (2015) a analysé le taux d’informationNote de bas de page 6 de 18 langues selon la même hypothèse, y compris le coréen et l’anglais. D’après les résultats d’Oh, le coréen est classé comme une langue à taux de parole élevé, tandis que l’anglais appartient au groupe des langues à densité d’information élevée. Étant donné que cette étude analyse des dialogues cinématographiques en les segmentant en plans, le taux de parole et la densité d’information du coréen et de l’anglais jouent un rôle plus significatif que leur taux d’information global. Ceci parce que des corpus de langue plus petits, comme le dialogue segmenté analysé dans cette étude, sont plus sensibles au taux de parole et à la densité linguistique de chaque langue (Oh 2015 : 165). Ainsi, on peut déduire que lorsque le coréen, une langue rapide, est doublé en anglais, une langue à contenu dense, la réduction devient particulièrement prononcée.

Le test Z est un test statistique utilisé pour déterminer si deux échantillons indépendants diffèrent significativement en termes de proportions ou de moyennes. Contrairement au test T, qui est généralement utilisé lorsque les variances de la population sont inconnues, le test Z nécessite de connaître la variance ou l’écart type de la population, soit théoriquement soit empiriquement. Dans cette étude, le test Z a été utilisé pour évaluer si les stratégies de réduction dans le doublage à l’écran et hors écran diffèrent significativement. L’hypothèse nulle suppose que les deux échantillons, réductions à l’écran et hors écran, sont tirés de la même population, ce qui signifie qu’il n’existe pas de différence significative entre les deux groupes. Les résultats du test Z ont donné un score z de -12.341 avec une valeur p de 0.000, indiquant une différence statistiquement significative entre les deux groupes. Étant donné que la valeur p est en dessous du seuil de 0.05, l’hypothèse nulle a été rejetée. Ce résultat affirme une distinction claire dans la réduction selon que le personnage est à l’écran ou hors écran, démontrant que la réduction est moins fréquemment utilisée lorsque le personnage est hors écran.

Notre Opinion Tech

En tant qu’observateur régulier des pratiques de doublage, il est fascinant de constater comment les différences culturelles et linguistiques impactent le processus de traduction. La tendance vers la réduction en doublage, qu’elle soit à l’écran ou hors écran, souligne l’importance de l’adaptabilité dans la communication interculturelle. Ce phénomène met en exergue la complexité du dialogue, où chaque langue a sa propre cadence et densité d’informations, incitant ainsi les professionnels du secteur à développer des stratégies créatives pour véhiculer un message authentique tout en garantissant une illusion de fluidité. Par conséquent, cette étude invite à réfléchir à une nouvelle approche dans le doublage, où l’harmonie entre image et son prend une dimension encore plus cruciale et où la compréhension des intonations culturelles devient un outil aussi indispensable que la maîtrise de la langue elle-même.

Bon à savoir

Pour les amateurs de cinéma, il est intéressant de noter que le doublage est souvent préféré dans certains pays, car il permet au spectateur de se concentrer entièrement sur l’image sans se préoccuper de lire des sous-titres. Ce choix, bien que pratique, soulève des enjeux artistiques, notamment en termes de fidélité à l’œuvre originale. Ainsi, la question de la qualité du doublage demeure primordiale, de même que celle de son adéquation au contexte culturel local.


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5 thoughts on “Analyse cinématographique des films coréens doublés en anglais”
  1. Le doublage, tout en étant une belle manière de relier les cultures, soulève réellement des questions sur l’essence des dialogues originaux. Quelle richesse perdons-nous ?

  2. Le doublage inspire une réflexion profonde sur la façon dont nous percevons les émotions au-delà des mots. Une belle danse entre cultures et histoires!

  3. Le doublage, art délicat à l’image des reflets dans le verre, révèle combien chaque mot compte pour capturer les émotions tout en respectant l’œuvre originale.

  4. Le doublage, c’est tout un art ! J’adore voir comment chaque culture apporte sa touche unique. Cela rend chaque film vraiment spécial et captivant.

  5. Sandrine, cet article sur le doublage à l’écran est fascinant ! Les adaptations créatives que tu décris révèlent vraiment l’importance de la culture dans la traduction.

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