23.01.2025 15:33
Fonctionnement cognitif et facteurs socioéconomiques : résultats de la Cohorte Nationale Allemande (NAKO)
Pour maintenir une bonne santé mentale le plus longtemps possible en vieillissant, il est crucial de comprendre quels facteurs de risque pourraient influencer le fonctionnement cognitif dès le début de la vie. Une équipe de scientifiques dirigée par le Centre Allemand pour les Maladies Neurodégénératives (DZNE) à Greifswald et l’Institut de Médecine Sociale, Médecine du travail et Santé Publique (ISAP) de l’Université de Leipzig a utilisé des données issues de la Cohorte Nationale Allemande (NAKO) pour examiner la relation entre les inégalités socioéconomiques et le fonctionnement cognitif.
Les chercheurs ont constaté qu’il existe une association entre le fonctionnement cognitif, surtout avec l’âge avancé, et les conditions de vie. De futures analyses devraient explorer plus en détail les processus sous-jacents afin de trouver les moyens d’améliorer la santé cognitive au sein de ces groupes de population.
Les participants de la Cohorte Nationale Allemande (NAKO), qui est la plus grande étude de population en Allemagne, ont été invités à se rendre dans des centres d’étude pour passer des examens médicaux, y compris des tests neuropsychologiques. Ceux-ci sont des méthodes établies visant à enregistrer les changements dans le fonctionnement cognitif au cours de la vie d’un individu. Les tests d’attention, de concentration et de mémoire, par exemple, consistent à nommer le plus grand nombre possible de mots d’une catégorie dans un temps imparti ou à mémoriser des mots.
Les résultats des tests neuropsychologiques de 158 144 participants à l’étude de base de la NAKO, ainsi que les informations autodéclarées sur les facteurs socioéconomiques et les maladies, ont servi de base à cette évaluation actuelle. « Il est connu que le fonctionnement cognitif diminue avec l’âge ; cela commence dès le milieu de la vie. Pour mieux comprendre quels facteurs jouent un rôle, nous avons analysé s’il existe une relation entre le fonctionnement cognitif et la situation socioéconomique », explique le Dr Francisca Rodriguez, responsable du groupe de travail « Épidémiologie Psychosociale et Santé Publique » au DZNE. Plus précisément, ils ont examiné l’influence potentielle du chômage, de la vie en solitaire et des revenus. Concernant les revenus, les participants ont été classés entre ceux vivant au-dessus et en dessous du seuil de pauvreté défini par le gouvernement allemand.
L’analyse a principalement montré que le fonctionnement cognitif était plus faible chez les personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté comparé à celles vivant au-dessus. Ces différences dans le fonctionnement cognitif augmentaient avec l’âge. Toutefois, il est important de garder à l’esprit la possibilité de causalité inversée lors de l’interprétation des résultats. Cela signifie, par exemple, que des personnes présentant un déclin cognitif plus rapide pourraient avoir des difficultés à obtenir des revenus plus élevés. « Pour les personnes vivant seules, nous avons observé une faible association avec le fonctionnement cognitif. Nous supposons donc que le réseau social d’un individu pourrait être plus important que le fait de vivre seul », souligne le Dr Rodriguez. « Nos résultats indiquent qu’avoir des ressources financières adéquates peut être crucial pour maintenir le fonctionnement cognitif en vieillesse. Il est essentiel d’avoir des capacités cognitives pour communiquer, comprendre des textes et prendre des décisions. Tout cela est important pour rester un membre actif de notre société lors des années de retraite. Il est donc impératif d’explorer des moyens d’améliorer les capacités cognitives dès le début de la vie et de les préserver lors de la vieillesse, particulièrement pour ceux vivant avec peu de moyens. »
Contact scientifique :
PD Dr. Francisca S. Rodriguez
Publication originale :
Rodriguez, F. S., Röhr, S., Dragano, N. et al. Faible revenu, chômage et vie en solitaire : comment ils sont associés au fonctionnement cognitif—Résultats de la Cohorte Nationale Allemande (NAKO). 2024 Aging, Neuropsychology, and Cognition, 1–16.
Points à retenir
- L’étude utilise des données de la plus grande enquête de population allemande, NAKO, pour analyser le lien entre statut socioéconomique et cognition.
- Les tests neuropsychologiques font partie intégrante de cette étude, permettant de suivre l’évolution cognitive au fil du temps.
- Les résultats montrent que les personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté ont généralement un fonctionnement cognitif moins performant, accentué par l’âge.
- La notion de réseau social semble jouer un rôle primordial sur le fonctionnement cognitif, plus que le fait de vivre seul.
Dans un contexte où les inégalités socioéconomiques sont de plus en plus scrutées, il est intéressant de se demander comment des politiques publiques pourraient mettre en place des mesures d’accompagnement pour améliorer la vie des individus vulnérables. La recherche continue à éclairer ce domaine vital et soulève des questions essentielles sur le lien entre santé mentale et bien-être économique.
C’est fascinant de voir comment l’éducation et le soutien financier peuvent influencer notre cognition. Chaque petit effort pour aider les autres peut vraiment faire une différence dans leur qualité de vie.