mer. Juin 24th, 2026

Quelles sont les origines de votre intérêt pour l’IA ?

Après avoir enseigné la philosophie de la connaissance pendant de nombreuses années, discipline qui explore notre conception de la pensée et de notre manière de penser, je me suis tourné vers l’examen de la pensée humaine à travers le prisme de l’intelligence artificielle. J’ai ainsi suivi de près les débats autour de l’IA et de l’apprentissage automatique, m’efforçant d’appliquer ces réflexions à une compréhension plus profonde du raisonnement et de la cognition humaine. Il y a plusieurs distinctions importantes à garder en tête pour ne pas confondre l’intelligence artificielle avec la cognition humaine.

Comment votre recherche sur l’IA est-elle passée à l’organisation d’un forum annuel au Vatican ?

La création de la Fondation Humanity 2.0 a joué un rôle crucial dans l’organisation de plusieurs forums importants à l’Académie pontificale des sciences. Cette fondation représente un réseau intéressant d’individus issus de divers secteurs de la société, prêts à aider le Saint-Père et le Vatican à aborder les questions liées aux nouvelles technologies et à l’IA. Le cardinal Peter Turkson, chancelier de l’Académie, a été un véritable guide et mentor tout au long de ce parcours.

Il est clair que le Pape François a à la fois adopté l’IA, en soulignant son utilisation éthique pour promouvoir la dignité humaine, tout en exprimant de sérieuses préoccupations. Est-il réaliste de s’attendre à ce que l’Église catholique, grâce à l’influence considérable du pape, puisse exercer un impact significatif sur un cadre réglementaire mondial encore en cours d’établissement pour l’éthique de l’IA ?

La réponse courte est oui. Le travail de l’archevêque Vincenzo Paglia à l’Académie pontificale pour la vie est également significatif, notamment son initiative baptisée “Rome Call”, qui traite des questions éthiques relatives à l’IA (soutenue par de nombreux leaders technologiques ainsi que d’autres acteurs majeurs de la société). Sachant qu’il n’existe actuellement aucun ensemble de normes ou de lois universellement acceptées, l’Église est bien positionnée pour contribuer de manière significative à l’élaboration d’un cadre garantissant que l’IA soit utilisée pour favoriser l’épanouissement humain plutôt que sa destruction, comme certains dans ce domaine l’ont prédit.

Magisterium AI, un outil d’évangélisation en ligne autorisé qui synthétise et explique les enseignements de l’Église catholique, a ses critiques et ses partisans, mais il est déjà utilisé dans plus de 150 pays pour aider les gens à comprendre la foi et l’Église dans un langage accessible. Quelles sont vos préoccupations concernant cet outil ? Quels sont ses avantages ? Quel rôle envisagez-vous pour lui à l’avenir ?

Nous n’en sommes qu’au début du développement de cette plateforme, que j’ai toujours soutenue, étant membre de son conseil consultatif. Cet outil est conçu par des personnes très talentueuses, conscientes des risques d’utiliser l’IA pour répondre à des questions sur la doctrine de l’Église. La société à l’origine de Magisterium AI développe des outils puissants basés sur l’IA, qui bénéficieront non seulement aux catholiques, mais à la société dans son ensemble.

En plus de Rome, vous avez vécu en Espagne et à Denver, et avez grandi dans la région de la baie de San Francisco. Quelles sont vos impressions sur la Grande-Boston et le Massachusetts ?

J’ai passé la majeure partie de ma vie adulte à Rome, et ma relocalisation à Boston a constitué un défi que j’ai abordé avec enthousiasme. Ayant étudié pendant de nombreuses années à l’Université Gregorienne pontificale, on peut dire que j’ai été élevé par les Jésuites, ce qui rend l’environnement de Boston College très familier pour moi. L’esprit ignatien qui y règne me touche particulièrement, et je suis ravi de faire partie de cette université. Par ailleurs, Boston abrite certaines des universités les plus prestigieuses du monde, et je suis heureux de pouvoir collaborer avec divers professeurs et institutions ici.

Bon à savoir

  • La Fondation Humanity 2.0 a pour objectif de réunir des acteurs de divers secteurs pour réfléchir à l’éthique de l’IA.
  • Le projet “Rome Call” met l’accent sur les normes éthiques à mettre en place pour encadrer l’utilisation des technologies émergentes.
  • Magisterium AI vise à simplifier l’accès aux enseignements de l’Église catholique, rendant les concepts religieux plus accessibles au grand public.


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