lun. Juil 13th, 2026

Jaron Lanier, considéré comme l’un des pionniers d’Internet, était à l’époque le scientifique en chef du bureau d’ingénierie d’Internet2. En 2018, il a énoncé ses raisons de se débarrasser des réseaux sociaux dans son livre « Dix arguments pour supprimer vos comptes de réseaux sociaux dès maintenant ». À cette lecture, j’ai résumé son message ainsi : « Facebook. Je devrais vraiment juste fermer mon compte. » À ce moment-là, je n’aurais jamais pensé à me défaire de Twitter, qui était principalement l’endroit où je m’exprimais à propos du Brexit, et c’était d’ailleurs tout ce que je faisais. De plus, il y a sept ans, Twitter ne se résumait pas à de la pornographie et des chatbots.

En ce qui concerne Facebook, toutes les propositions de Lanier étaient présentées comme un buffet : en politique, la plateforme favorise un biais « non pas vers la gauche ou la droite, mais vers le bas ». Toute position qui serait moins étayée et plus stupide était celle qui connaîtrait le plus de succès.

Les algorithmes manipulateurs, la propagation de la désinformation, la génération d’hostilités étranges, l’amplification de récits divisifs – tout était là. De plus, Facebook apparaissait déjà comme ennuyeux. Les fils d’actualité étaient remplis de connaissances ne laissant jamais présager une telle colère, fulminant sur des nids de poules, des soutiens-gorges mal ajustés ou un de leurs enfants. Il y avait beaucoup de mise en avant et de vantardise, de nombreuses prises de position gonflées. Et tout cela était avant l’ère de l’intelligence artificielle, donc toutes ces représentations ridicules de maisons hobbits minuscules, toutes ces histoires de triomphe sur l’adversité, n’étaient pas encore présentes. Et c’était déjà peu intéressant.

Je n’ai jamais appuyé sur le bouton « supprimer mon compte », car il y avait toujours une petite chose. Où aurais-je découvert qui, parmi mes camarades de primaire, était devenu un fléau ? Combien de temps me faudrait-il pour retrouver et sauvegarder les photos d’une décennie passée ? (Cinq minutes.) Comment aurais-je pu souhaiter un bon anniversaire à des gens que je ne vois jamais ?

Entre une argumentation solide, bien étayée et profonde en faveur du changement, et l’attrait d’une commodité microscopique et du confort de l’inertie, il était évident qu’il y avait un vainqueur. J’attendais juste un dernier petit coup de pouce, qui, lorsqu’il est finalement arrivé, ne se limitait pas à l’arrêt de la vérification des faits par Mark Zuckerberg. C’est lorsque, dans un geste mesquin mais révélateur, les tampons et serviettes hygiéniques destinés aux hommes trans et aux personnes non binaires ont été retirés des toilettes pour hommes chez Meta. Je suis prête à lutter contre ces milliardaires dans les rues, dans les toilettes, ou peu importe où ils le souhaitent ; et d’abord, je dois arrêter de regarder ces vidéos de fromage fondu.

Article original rédigé par : Zoe Williams.

Points à retenir

  • Jaron Lanier plaide pour une désintoxication des réseaux sociaux, en mettant en avant leurs effets néfastes.
  • Facebook génère une culture de biais, favorisant les idées moins fondées et plus provocatrices.
  • De récentes décisions de Meta montrent des gestes symboliques qui provoquent la controverse et la condamnation de la communauté.

La réflexion sur notre rapport aux réseaux sociaux est plus que jamais d’actualité. Dans un monde hyperconnecté, la question centrale demeure : comment tirer parti de ces plateformes sans tomber dans le piège de la désinformation et de la superficialité ? Une approche équilibrée pourrait bien être la clé pour naviguer dans cet univers numérique complexe.


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5 thoughts on “Pourquoi j’ai enfin quitté Facebook : au-delà de la vérification des faits”
  1. C’est vrai, il est difficile de se défaire de Facebook, même avec toutes ses failles ! Mais prendre conscience des manipulations est déjà un bon début pour une utilisation plus saine.

  2. C’est fascinant de voir comment les réseaux sociaux peuvent à la fois créer des connexions et engendrer de la toxicité. Une désintoxication serait peut-être la clépour mieux apprécier les échanges authentiques!

  3. La réflexion sur nos usages des réseaux sociaux est essentielle. Il est important de trouver un équilibre pour ne pas se laisser submerger par la désinformation.

  4. Sandrine, ton article m’a vraiment fait réfléchir. Les réseaux sociaux peuvent être si toxiques. Je suis curieuse de voir ce qui se passera après ta déconnexion.

  5. Il est essentiel de repenser notre utilisation des réseaux sociaux. La réflexion de Lanier sur leurs effets néfastes éveille les consciences sur l’importance de privilégier des échanges authentiques.

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