mer. Juin 24th, 2026

Les lumières scintillantes de décembre n’annoncent pas seulement une période de joie et de convivialité, mais également une saison qui peut être teintée de solitude pour certaines personnes. OpenAI a-t-il choisi de lancer sa nouvelle fonctionnalité d’accompagnement juste avant Noël ? Alors que de nombreuses entreprises technologiques proposent une gamme croissante de compagnons virtuels, ChatGPT a récemment introduit un nouveau numéro de téléphone pour les appels et les messages.

L’écosystème technologique a rapidement identifié un sentiment général de solitude, offrant diverses solutions virtuelles que l’on peut regrouper sous le terme large d’« accompagnateurs IA ». Ces connexions virtuelles prennent plusieurs formes, chacune apportant une approche légèrement différente. Replika est un chatbot connu, conçu pour être un « ami empathique », avec plus de 10 millions d’abonnés qui créent leur compagnon personnalisé. Character.ai, quant à lui, est une application de jeu de rôle permettant aux utilisateurs de discuter avec des personnages fictifs, qu’ils aient été créés par eux-mêmes ou par d’autres. Ce concept n’est pas nouveau, bien sûr, et a des précédents dans des jeux vidéo tels que The Sims et Second Life, ou encore à travers les célèbres versions japonaises de petites amies robotiques.

Les grands modèles de langage et les avancées en matière d’intelligence artificielle ont rendu ces compagnons virtuels plus réalistes et plus personnalisés. Sans jugement ni besoins personnels, ces compagnons IA reflètent notre être intérieur, remplaçant les relations humaines par une interaction avec une version projetée de soi, basée sur un contenu et des valeurs parfois opaques. Cependant, il semble qu’ils n’aient pas réussi à combattre la solitude. Les critiques de ces innovations avancées affirment que ces chatbots nuisent à notre capacité d’empathie véritable, et certains d’entre eux ont été tristement associés à des incidents tragiques incitant à la violence envers soi-même ou envers autrui, en particulier chez les jeunes vulnérables.

Une épidémie de solitude

Un nouvel article publié dans JAMA a montré qu’un tiers des Américains âgés de 50 à 80 ans ressentent un manque de compagnonnage en 2024. Cette étude a compilé six ans de données issues du National Poll de l’Université du Michigan, révélant un retour aux niveaux d’isolement social et de solitude observés avant la pandémie, après une hausse significative des sentiments de solitude durant la COVID-19. La solitude était plus fréquente chez les personnes percevant leur état de santé physique ou mentale comme médiocre ou mauvais.

Ce chiffre frappant, représentant un tiers des personnes âgées, correspond à des études antérieures montrant une courbe en U de la solitude, atteignant un pic à la jeune adulthood, chutant à la quarantaine, puis réapparaissant chez les personnes âgées. Des chercheurs de l’Université Northwestern ont récemment démontré que ce schéma est universel.

Les taux sont si élevés, en fait, que le médecin généraliste américain, Dr. Vivek Murthy, a désigné cela comme « une épidémie de solitude et d’isolement », consacrant un rapport d’avis à cette préoccupation de santé publique. Effectivement, la solitude a été liée non seulement à notre santé mentale, mais aussi physique, avec un risque accru de 29 % de maladies cardiaques, 32 % d’accidents vasculaires cérébraux, et 60 % de décès prématurés. Ce rapport, synthétisant plusieurs études, a également montré que le manque de connexions sociales est aussi dangereux que de fumer 15 cigarettes par jour. L’impact de la solitude affecte aussi notre santé cognitive, comme le démontre une récente méta-analyse portant sur plus de 600 000 individus, révélant une association significative entre solitude et démence, même en tenant compte d’autres facteurs contributifs.

Faire face à l’épidémie de solitude nécessite plus que de simples avancées technologiques. Les réseaux sociaux réels et les interactions sociales diminuent rapidement. Des études menées sur près de deux décennies ont montré que le temps moyen consacré à des amis est passé de 30 heures par mois en 2003 à seulement 10 heures 17 ans plus tard. Parmi les jeunes de 15 à 24 ans, le temps passé avec des amis a chuté de près de 70 %, la COVID-19 ayant encore aggravé cette tendance. Pour ma part, je trouve que les relations avec des chatbots alimentés par IA ne sont finalement qu’une prolongation de notre relation avec nous-mêmes. Une véritable relation nécessite d’accorder notre attention à une autre âme vivante.

Points à retenir

  • Une étude récente révèle que 33 % des Américains de 50 à 80 ans éprouvent une absence de compagnonnage.
  • La solitude chez les jeunes adultes atteint ainsi un pic, puis diminue à l’âge mûr avant de remonter chez les personnes âgées.
  • Le médecin généraliste des États-Unis a déclaré la solitude comme une épidémie, avec des risques pour la santé physique et mentale.

Cette situation soulève des questions importantes sur notre manière d’interagir et de créer des liens dans notre société moderne. Il serait donc intéressant de réfléchir à la balance à trouver entre connexions virtuelles et réelles, et à la façon dont nous pouvons réintroduire davantage de contacts authentiques dans nos vies.


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By Maria Rodriguez

Maria est Journaliste Trilingue indépendante depuis 2015, elle intervient sur LesNews Le Web est à nous dans les univers : International, Economie, Politique, Culture et d'autres faits de Société

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