Qui la question se pose : Les lunettes intelligentes doivent-elles forcément être un accessoire de mode ? Pour l’instant, l’industrie des lunettes connectées semble suivre une tendance : camoufler la technologie dans une monture familière, idéalement signée par une marque reconnue dans le domaine de l’optique.
Meta a été la première à concrétiser cette approche grâce à EssilorLuxottica et à Ray-Ban, intégrant des caméras, des microphones, des haut-parleurs et de l’intelligence artificielle dans des silhouettes devenues iconiques avant même l’explosion de l’IA. Oakley a ensuite rejoint le mouvement, visant un public plus sportif. Samsung, quant à lui, suit cette tendance avec des lunettes équipées d’Android XR et d’intelligence artificielle développées en collaboration avec Gentle Monster et Warby Parker, deux marques aux approches très distinctes, mais toutes deux associées à l’idée de lunettes tendance.
Cet argument est compréhensible. Un dispositif porté sur le visage pendant des heures doit avant tout être séduisant. Avec presque un siècle de notoriété, Ray-Ban et Gentle Monster ont su établir des esthétiques facilement identifiables. Les lunettes ont toujours été un symbole de style, voire de statut social.
Après avoir testé les nouvelles Meta Glasses, nous pensons que l’approche pourrait être inversée. Lorsqu’on achète des lunettes de soleil classiques, on privilégie le design, la qualité des verres et le confort. À l’inverse, les lunettes dotées d’intelligence artificielle doivent surtout justifier leur prix par leurs fonctionnalités.

Ces lunettes doivent nous permettre d’écouter de la musique sans écouteurs, passer des appels sans sortir notre smartphone, photographier sans interrompre nos activités et recevoir des messages sans avoir à se concentrer sur le téléphone. Si tout cela ne fonctionne pas correctement, la notoriété de la marque passe au second plan.
La décision de Meta de sortir des Meta Glasses sans les marques Ray-Ban est d’ailleurs des plus intéressantes.
Bien qu’EssilorLuxottica reste impliquée dans la conception et la fabrication, retirer le prestige associé à la marque permet à Meta d’offrir sa plateforme matérielle à un prix de départ de 309 euros, bien inférieur aux Ray-Ban Meta Gen 2.
Si ces lunettes ne sont pas forcément les plus élégantes, elles pourraient s’avérer les plus pratiques pour ceux qui souhaitent réellement profiter de l’intelligence artificielle en déplacement.
Design et ergonomie
Meta a conçu cette nouvelle gamme autour de trois designs principaux.
Adventurer est un modèle rectangulaire classique, tandis que Fury arbore un look plus audacieux, plus grand et plus anguleux, c’est celui que nous avons testé. Un troisième modèle, en collaboration avec Kylie Jenner, Starfire, présente une forme plus fine et une esthétique plus mode. Au total, Meta propose 26 combinaisons de montures, matériaux, couleurs et verres.
Nous avons particulièrement apprécié l’ergonomie. Les plaquettes de nez sont ajustables en trois positions différentes, et les extrémités des branches peuvent être légèrement modelées pour un meilleur ajustement. Les charnières permettent également une certaine extension, utile pour les visages plus larges.
Historically, an issue with smart glasses is cramming batteries, speakers, cameras, and components into frames that should mimic regular glasses. This compromise is still evident.
Le modèle Fury pèse environ 60 grammes, que l’on ressent plus lourd qu’une monture classique après plusieurs heures. Certaines pressions sur les côtés de la tête ont été notées, malgré l’adaptation des branches.

Nous avons cependant réussi à stabiliser la position grâce aux réglages. Nous ne ressentions pas le besoin constant de les remonter sur le nez, et la montre ne bougeait pas lorsque nous baissions la tête.
Pourquoi choisir des verres Transitions
Le modèle que nous avons testé est le Fury noir brillant avec verres Transitions, une combinaison idéale pour tirer pleinement parti de l’intelligence artificielle.
Les verres photochromiques offrent un avantage indéniable : ils s’assombrissent à l’extérieur et redeviennent transparents à l’intérieur, permettant une utilisation continue sans devoir enlever les lunettes.
Ces lunettes, il est essentiel de le noter, n’ont pas d’affichage devant les yeux, mais beaucoup de leur valeur réside dans la possibilité de les garder sur le visage toute la journée.
Avec les Transitions, on peut passer du soleil à l’intérieur sans perte de continuité pour les fonctionnalités comme les appels et l’assistant IA.
Commandes physiques et surface tactile
L’interaction repose sur une combinaison de contrôles que Meta a perfectionnée : voix, boutons physiques et surface tactile sur les branches.
Cette approche est efficace.
Pour photographier ou démarrer un enregistrement, un commande physique est plus fiable qu’un contrôle vocal. On sait exactement quand un bouton a été pressé sans avoir à crier une commande. La surface tactile permet aussi un contrôle rapide de la musique et du volume.
Caméra : un vrai atout pour garder le bon angle
La caméra reste, depuis les premiers Ray-Ban Stories, un excellent argument en faveur des Meta Glasses.
Elle utilise un capteur de 12 mégapixels et permet d’enregistrer des vidéos jusqu’à 3K. La qualité est acceptable pour un dispositif de ce type, mais ne remplace pas un smartphone haut de gamme en termes de qualité d’image.
La véritable force réside dans le fait qu’il est toujours à portée de main.
Audio : la commodité des enceintes
Les haut-parleurs open-ear intégrés dirigent le son vers les oreilles sans nécessiter d’earbuds, un concept déjà prouvé avec les générations précédentes de Meta. Ils sont efficaces pour les appels et la musique.
Meta AI : un pas en avant
L’intelligence artificielle, avec Muse Spark sur les nouvelles Meta Glasses, devient plus fluide et précise dans ses réponses.
Points à retenir
- Les lunettes Transitions permettent une utilisation prolongée à l’intérieur et à l’extérieur.
- Meta AI a amélioré son interaction avec les utilisateurs.
- Le contrôle des fonctions est entièrement sans les mains.
- Les haut-parleurs offrent une expérience audio adéquate.
- La personnalisation des lentilles est plus large.
- Un bon rapport qualité-prix par rapport aux lunettes similaires.
Pour conclure, bien que les Meta Glasses n’éclipsent pas complètement d’autres modèles, leur fonctionnalité dépasse la simple esthétique en proposant une expérience utilisateur innovante. J’ai été personnellement fasciné par le potentiel qu’offre la technologie des lunettes intelligentes et je me demande jusqu’où elle pourrait nous mener dans un futur proche. Est-ce qu’un jour, des lunettes intelligentes deviendront-elles l’outil indispensable de notre quotidien ?
