« Et vous, travaillez-vous bien avec l’IA ? »
À mesure que des outils comme ChatGPT, Copilot et autres systèmes d’intelligence artificielle générative (IA) intègrent notre quotidien professionnel, de plus en plus d’entreprises recherchent des talents capables de répondre « oui » à cette question. Autrement dit, des personnes qui savent formuler des requêtes pertinentes, coopérer avec l’IA et tirer parti de ses capacités pour augmenter leur productivité.
Dans un nombre croissant de métiers, maîtriser l’IA devient aussi essentiel qu’autrefois savoir utiliser les logiciels de bureautique.
Mais il nous est tous arrivé de demander quelque chose à un chatbot et de recevoir une réponse banale, sans profondeur. Le problème ne vient pas de l’IA, mais du manque d’informations précises données à traiter.
Imaginez : durant son apprentissage, l’IA « a lu » presque tout ce qui existe sur internet. Pourtant, comme elle fonctionne par prédiction, elle tend à fournir la réponse la plus probable et la plus courante. Sans indications claires, c’est un peu comme entrer dans un restaurant et demander un plat « bon ». Généralement, ce sera du poulet.
La clé est de comprendre que l’IA excelle quand elle dispose d’un contexte. Alors, comment bien l’orienter ?
Comment formuler de meilleures requêtes
Le terme « ingénierie des prompts » peut faire peur, laissant entendre qu’il faut maîtriser un langage technique compliqué.
En réalité, les chatbots actuels comprennent très bien le langage humain. Ce n’est pas la forme de la requête qui compte, mais bien son contenu.
Pour tirer le meilleur parti d’un échange avec une IA, il suffit de respecter quatre principes simples, résumés par l’acronyme CATS : contexte, angle, tâche et style.
Contexte : fournissez toutes les informations nécessaires sur votre situation. Plutôt que de demander « Comment rédiger une proposition ? », préférez « Je suis directeur d’une association et je rédige un dossier de subvention pour une fondation qui finance des programmes d’éducation à l’environnement dans des écoles urbaines ». N’hésitez pas à joindre des documents pertinents, à expliquer vos contraintes et à décrire précisément votre environnement.
Angle : demandez à l’IA d’adopter un rôle ou un point de vue pour enrichir sa réponse. Par exemple, « Agis en tant que relecteur critique qui identifie les faiblesses de mon argumentaire » ou « Mets-toi dans la peau d’un mentor bienveillant qui m’aide à améliorer ce brouillon ».
Tâche : soyez clair sur l’action attendue. « Aide-moi avec ma présentation » est vague tandis que « Propose-moi trois façons de rendre mon slide d’introduction plus captivant pour un public de petits entrepreneurs » est précis et exploitable.
Style : précisez le ton et la forme que vous souhaitez. Souhaitez-vous un rapport formel, un mail détendu, des points synthétiques pour des cadres, ou une explication accessible à des adolescents ? Voulez-vous un style académique, technique, engageant ou convivial ?

Shutterstock
Le contexte : le nerf de la guerre
Au-delà d’une formulation claire, il faut aussi s’intéresser à l’environnement autour de la requête, ce que l’on appelle « l’ingénierie du contexte ».
Concrètement, cela signifie penser à toutes les informations dont l’IA dispose : sa mémoire, les consignes données avant la tâche, l’historique de la conversation, les documents que vous lui fournissez, ou encore des exemples de bonnes réponses attendues.
Interagissez avec l’IA comme dans une vraie conversation. Si la première réponse ne vous satisfait pas, demandez-lui d’aller plus loin, de modifier certains aspects ou apportez des précisions.
Ne vous attendez pas à obtenir une réponse parfaite d’emblée. Utilisez l’IA pour stimuler votre réflexion. Si un échange contient des idées intéressantes mais que vous bloquez, copiez les extraits utiles dans une nouvelle session et demandez-lui de les résumer ou de développer la suite.
Garder la tête froide
Petit rappel : ne vous laissez pas duper par le côté très « humain » de ces chatbots.
Gardez en tête que vous êtes le cerveau pensant de l’équipe. Vérifiez systématiquement la fiabilité des informations fournies, car les erreurs se multiplient.
Ces systèmes sont puissants, mais ils ont besoin de vous pour faire le lien entre leur immense base de données générique et votre situation spécifique. Fournissez-leur un cadre clair, et ils vous surprendront parfois par leur aide précieuse.
Points à retenir
- Maîtriser l’IA devient une compétence aussi courante que savoir utiliser un traitement de texte. Finalement, on devient tous un peu sorciers numériques.
- Une requête vague revient souvent à demander « Qu’est-ce qu’il y a de bon aujourd’hui ? », et finir avec un classique poulet rôti — pas très original, certes.
- L’acronyme CATS vous sauve la mise : contexte, angle, tâche, style. Avec ça, même votre grand-mère pourrait dialoguer avec un chatbot sans anicroche.
- L’« ingénierie du contexte » montre qu’avec un peu de préparation, l’IA devient bien plus pertinente qu’un simple répondeur automatique.
- Gardez l’esprit critique. L’IA est un outil, pas un oracle ; la vigilance reste de mise pour éviter les pièges d’une réponse trop lisse ou erronée.
Finalement, nous sommes face à une drôle d’alliance homme-machine : l’IA propose, mais c’est bien l’humain qui impose le cap. Reste à savoir si ce nouveau compagnon de bureau nous donnera plus souvent des idées lumineuses ou des déjeuners au poulet… À méditer avant d’appuyer sur « Entrée ».