Microsoft annonce un plan de licenciements massifs
Microsoft a confirmé la suppression de jusqu’à 9 000 postes cette année, ce qui constitue une nouvelle phase de réduction d’effectifs pour le géant technologique. Bien que l’entreprise n’ait pas précisé précisément quels secteurs seront touchés, il est largement supposé que la division jeux vidéo Xbox sera concernée. La société poursuit également sa stratégie de deuil en investissant massivement dans l’intelligence artificielle (IA) : 80 milliards de dollars sont consacrés à la construction de grands centres de données pour l’entraînement de ses modèles d’IA.
Selon un porte-parole de Microsoft, cette restructuration vise à “recaler l’organisation pour assurer la réussite dans un marché en constante évolution”.
Ces licenciements représentent environ 4 % des 228 000 employés à travers le monde. Microsoft a déjà procédé à trois autres vagues de suppression d’emplois cette année, dont une en mai qui avait vu disparaître 6 000 postes. Selon une base de données officielle de l’État de Washington, plus de 800 suppressions d’emplois seront concentrées dans la région de Redmond, où se trouve le siège de Microsoft, ainsi qu’à Bellevue, autre centre de l’entreprise dans le même état.
Comme de nombreuses autres grandes entreprises technologiques, Microsoft a désormais placé l’intelligence artificielle au cœur de ses priorités, investissant dans des centres de données et dans la fabrication de puces spécifiques. L’année dernière, la société a recruté Mustafa Suleyman, pionnier britannique de l’IA, pour diriger sa nouvelle division dédiée.
Il y a peu, un haut dirigeant de Microsoft confiait à la BBC que le prochain demi-siècle serait “fondamentalement façonné par l’intelligence artificielle”, modifiant radicalement nos modes de travail et nos interactions sociales. Par ailleurs, Microsoft est un acteur financier clé dans OpenAI, l’entreprise derrière ChatGPT, mais la relation semble s’être tendue récemment. Selon Bloomberg, Microsoft aurait éprouvé des difficultés à commercialiser son assistant IA, Copilot, auprès des entreprises, de préférence à ChatGPT.
Ces licenciements interviennent alors que le secteur technologique américain rivalise de stratégies pour dénicher les talents en IA. Meta, par exemple, a recruté de nombreux spécialistes pour créer un laboratoire dédié à « la superintelligence », sous la direction personnelle de Mark Zuckerberg. De son côté, le président d’OpenAI, Sam Altman, a indiqué que ses équipes recevaient des offres dépassant 100 millions de dollars, notamment de Meta, en guise de bonus de signature.
Enfin, la semaine dernière, le CEO d’Amazon, Andy Jassy, a évoqué la possibilité que l’intelligence artificielle remplace certains employés de son entreprise. Une course effrénée qui soulève questionnements et réflexions sur l’avenir du travail et le rôle de la technologie dans nos sociétés.
Points à retenir
- Microsoft coupe 4 % de ses effectifs mondiaux, soit près de 9 000 postes, principalement dans ses centres d’IA et de jeux.
- La société investit énormément dans l’IA, avec 80 milliards de dollars, visant à dominer cette révolution technologique.
- Les départs touchent surtout Redmond et Bellevue, deux points névralgiques de la firme dans l’État de Washington.
- Les géants du secteur cherchent à attirer les meilleurs talents en IA, parfois au prix de batailles féroces, ou de bonus astronomiques.
- Il est légitime de se demander si ces coupes massives et ces investissements massifs en IA ne finissent pas par illustrer une peur croissante face à l’avenir plutôt qu’une véritable confiance digitale.
Finalement, à force de vouloir “s’adapter” et “innover”, ne risquons-nous pas de devenir esclaves de cette course effrénée où les licenciements et la frontière floue entre homme et machine deviennent deux faces d’une même pièce ?