TRENTO. Les licenciements aux États-Unis ont atteint des niveaux alarmants en octobre, avec environ 150 000 postes supprimés, portant le total depuis le début de l’année 2025 à 1,1 million. Ces chiffres, fournis par Challenger, Gray & Christmas, mettent en lumière une situation préoccupante sur le marché de l’emploi américain. En effet, les chiffres de 2025 sont les plus élevés depuis le début de la pandémie, faisant écho aux coupes effectuées entre 2008 et 2009 durant la Grande Récession.
Cette vague de licenciements est principalement alimentée par des choix d’entreprises visant à réduire les coûts et à intégrer davantage de systèmes d’intelligence artificielle, qui remplacent particulièrement les emplois de bureau. Amazon a déjà prévu 14 000 licenciements, un chiffre qui pourrait grimper à 30 000. De son côté, UPS, après avoir annoncé 14 000 suppressions d’emplois au cours des 22 derniers mois, envisage des réductions allant jusqu’à 48 000 postes. Entre septembre et octobre, une augmentation de 183% a été constatée, révélant ainsi l’octobre le plus sombre depuis 2003. Par rapport à octobre 2024, la hausse est de 175%, et sur les dix premiers mois de l’année, de 65% par rapport à l’année précédente.
Bien que les divergences entre les deux rives de l’Atlantique semblent plus marquées qu’avant la réélection de Donald Trump, les dynamiques au sein des multinationales américaines affectent également le Vieux Continent. La question de l’emploi, bien que variée, demeure une priorité urgente en Europe. Une interrogation émerge : la vague de licenciements aux États-Unis pourrait-elle inspirer une dynamique similaire en Europe ? Cette question a été posée à Francesco Seghezzi, président d’Adapt (l’Association pour les Études Internationales et Comparées sur le Droit du Travail et les Relations Industrielles).
Seghezzi souligne qu’il est primordial de contextualiser cette discussion dans le cadre souvent “apocalyptique” des réflexions sur le travail, qui surgit lors de l’analyse des impacts des innovations technologiques. Il rappelle qu’il y a dix ans, le débat portait sur la robotisation et ses conséquences sur l’emploi, tandis qu’aujourd’hui, il existe encore plusieurs secteurs confrontés à des difficultés de recrutement.
Il précise également que le taux de licenciements actuel aux États-Unis est supérieur à celui observé dans de nombreux pays européens, car le licenciement y est plus aisé. Contrairement à l’Europe, où la protection des travailleurs est plus prononcée, le marché du travail américain se caractérise par une plus grande dynamique, mais aussi par une précarité accrue avec le système de l’« at-will employment ».
En d’autres termes, les employeurs peuvent mettre fin aux contrats sans motif justifiable, tant que le licenciement ne viole pas les lois fédérales ou étatiques. Ceci explique pourquoi des milliers d’employés de bureau, notamment chez Amazon, Target et UPS, ont vu leur poste supprimé.
Seghezzi insiste sur le fait que la situation aux États-Unis doit être mise en perspective, car le marché européen est moins susceptible de connaître un impact aussi soudain. En effet, l’ossature même du marché du travail européen, plus réglementée, pourrait atténuer les effets de l’automatisation. Les facteurs comme le coût élevé de la robotisation, en plus des questions logistiques et réglementaires, doivent également être pris en compte. Bien que nous puissions constater certaines conséquences ici, il est improbable que l’Europe soit touchée avec la même intensité.
En conclusion, l’impact de l’automatisation en Europe pourrait être atténué par les différences structurelles et réglementaires. Comme Seghezzi le souligne, il est essentiel de rester vigilants, mais sans céder à la panique face à une potentielle vague de licenciements similaire à celle des États-Unis, qui pourrait ne pas se concrétiser. Les transformations technologiques pourraient être compensées par des départs à la retraite non remplacés, une question d’autant plus pressante dans un contexte démographique défavorable en Europe.
Points à retenir
- Les licenciements aux États-Unis en octobre 2025 approchent des niveaux alarmants avec plus de 150 000 postes perdus.
- Les entreprises privilégient la réduction des coûts et l’intégration de l’intelligence artificielle.
- Amazon et UPS représentent une part significative de ces licenciements, augmentant les inquiétudes sur l’emploi.
- Les différences règlementaires entre l’Europe et les États-Unis pourraient empêcher une reproduction de la crise de l’emploi en Europe.
- La question de l’automatisation est complexe et devra être soigneusement surveillée dans les mois à venir.
Le sujet des licenciements et de l’automatisation soulève des réflexions profondes. Il est fascinant de considérer comment l’Europe peut naviguer à travers ces défis et quelles mesures pourraient être prises pour protéger les travailleurs tout en s’adaptant aux évolutions technologiques. Pensez-vous qu’une approche proactive pourrait véritablement faire la différence dans notre marché du travail ?
