Activité de sensibilisation du CIBER au CIBA, Saragosse, avec des élèves de la classe de 4ème

CIBER | mardi 11 février 2025
Saviez-vous que les mathématiques peuvent aider à comprendre le fonctionnement du cœur ? Ou encore que de nombreuses découvertes scientifiques majeures doivent leur origine à des femmes, mais ont souvent été oubliées ? Ce sont quelques-unes des révélations étonnantes faites aux élèves de 4ème à Saragosse qui ont assisté aujourd’hui, 11 février, à une journée de sensibilisation scientifique organisée par le Centre de Recherche Biomédicale en Réseau (CIBER) en collaboration avec l’Université de Saragosse (UNIZAR), en commémoration de la Journée Internationale de la Femme et de la Fille dans la Science.
Cette manifestation a rassemblé au Centre de Recherche Biomédicale d’Aragon (CIBA) près d’un centaine d’élèves venus de différents établissements scolaires de la ville, qui ont participé à une table ronde où la science était à l’honneur, mais aussi les défis posés aux stéréotypes de genre.
Les élèves ont pu découvrir de près comment les chercheuses du CIBER contribuent au développement de la biomedicine, tout en réfléchissant sur le rôle des femmes dans le domaine scientifique.
Recherche CIBER
Lorsque Esther Pueyo a commencé à étudier les mathématiques, elle ne s’était pas imaginé que son travail contribuerait à aider des personnes souffrant de problèmes cardiaques. La chercheuse du CIBER à l’Université de Saragosse a obtenu une aide européenne (ERC) qui a propulsé ses travaux sur la caractérisation du vieillissement cardiaque et la prédisposition d’un individu aux arythmies. “À l’aide d’outils mathématiques et d’ingénierie, nous cherchons à extraire des informations pour aider les cardiologues à diagnostiquer et traiter les maladies cardiovasculaires en analysant les signaux électriques du cœur”, explique cette chercheuse, affiliée à l’Institut de Recherche en Ingénierie d’Aragon. Esther Pueyo participe autant que possible aux activités de la Journée Internationale de la Femme et de la Fille dans la Science : “Ce n’est pas seulement une occasion de se souvenir de ce que les femmes ont accompli, mais aussi d’inspirer la nouvelle génération de scientifiques”.
Sandra García Mateo, qui a étudié la Médecine à Saragosse, partage son temps entre des activités cliniques à l’Hôpital Clinique et la recherche au sein du groupe CIBER dirigé par Ángel Lanas, directeur scientifique de l’Institut de Recherche Sanitaire d’Aragon. “Notre groupe est constitué de chercheurs cliniques (gastroentérologues et hépatologues) et de chercheurs de laboratoire (biochimistes, microbiologistes, etc.). Collaborer nous permet d’être plus efficaces en amenant plus rapidement les découvertes du laboratoire aux patients”. Lors de cette journée, elle a partagé avec les élèves sa passion pour la médecine et la biologie humaine, expliquant comment elle a voulu, dès son jeune âge, contribuer à améliorer la vie des individus par la recherche.
“Des projets comme MELIPOP, menés par le CIBER et axés sur l’impact du mode de vie méditerranéen sur l’obésité infantile, montrent comment la prévention peut transformer des vies”, a ajouté Pilar de Miguel Etayo, chercheuse au CIBER et enseignante à l’Université de Saragosse. Elle a également souligné l’importance d’assurer l’absence de biais de genre dans les études de recherche. La chercheuse défend la nécessité d’adopter des habitudes alimentaires saines dès l’enfance et analyse comment les programmes d’intervention précoce réduisent effectivement les facteurs de risque associés à l’obésité infantile. “Rapprocher la science des jeunes filles nous aide également à déconstruire de fausses croyances et à leur faire comprendre l’importance de développer une pensée critique, ce qui leur permettra de prendre de bonnes décisions pour leur santé”.
Enfin, David Martín, chercheur dans le domaine de la santé mentale au CIBER de l’Université Complutense de Madrid, a également pris part à cette journée. David, qui participe toujours à cette activité, défend que “il est nécessaire de montrer que la science est accessible à tous, sans distinction de genre, afin d’égaliser le déséquilibre historique encore présent aujourd’hui”. Ce chercheur exprime sa préoccupation face à la montée des problèmes de santé mentale dans la population, notamment chez les adolescents, et au stigma associé à ces pathologies qui entrave leur détection et compromet leur prise en charge. Il estime également qu’il est important de “faire justice” en révélant aux jeunes les avancées scientifiques réalisées par des femmes qui restent largement méconnues. “Durant de nombreuses années, les filles n’ont pas eu d’exemples de femmes scientifiques, ce qui a conduit beaucoup à ne même pas envisager cette possibilité. Heureusement, cela change grâce à des initiatives telles que cette journée du 11 février”.
Tout au long de l’événement, les élèves ont posé des questions aux intervenantes pour mieux comprendre le déroulement des recherches biomédicales, écartant ainsi l’idée que la science est un domaine réservé aux hommes. À l’occasion du 11F, cette rencontre a permis de revendiquer une science plus inclusive, où le talent et les contributions sont valorisés de manière équitable, sans distinction de genre.
Femmes dans la Science
Ada Lovelace (1815-1852) est reconnue pour avoir créé le premier algorithme informatique, mais elle n’a jamais signé son travail pour éviter la censure. Des années plus tard, un langage de programmation a reçu son nom en hommage (ADA). Sophie Germain (1776-1831) a dû se faire passer pour un homme pour accéder à l’université, mais ses contributions à la théorie des nombres premiers ont été fondamentales. Elles ne sont que deux exemples de femmes qui restent peu célébrées dans l’histoire de la science, mettant en lumière le besoin d’une représentation féminine accrue. Ainsi, l’activité du CIBER a débuté par un jeu interactif (Kahoot) destiné à tester les connaissances des élèves, faire ressortir leur héritage et réfléchir aux stéréotypes de genre encore persistants dans le domaine scientifique.
Bon à savoir
- Le CIBER est un réseau d’excellence en recherche biomédicale qui regroupe plusieurs instituts et universitaires à travers l’Espagne.
- La Journée Internationale de la Femme et de la Fille dans la Science, célébrée le 11 février, vise à promouvoir l’égalité des sexes dans le domaine scientifique.
- Les recherches sur le lien entre le mode de vie méditerranéen et l’obésité infantile soulignent l’importance d’une alimentation saine dès le plus jeune âge.
En conclusion, cette journée transpire d’un engagement à faire avancer l’égalité des sexes dans le domaine scientifique. Les témoignages de ces chercheuses inspirent non seulement les jeunes mais également la société tout entière, ouvrant la voie à une réflexion sur la manière dont nous pouvons promouvoir la science dans toute sa diversité et son inclusivité. Comment percevez-vous le rôle des femmes dans l’évolution des sciences aujourd’hui ?
C’est inspirant de voir les jeunes s’engager dans la science et redécouvrir le rôle des femmes. Cela ouvre la voie à un avenir plus inclusif et équilibré.
C’est vraiment inspirant de voir les jeunes filles s’impliquer dans la science. Des femmes comme Esther montrent que tout est possible, il suffit d’y croire et d’agir!