**Un mode de vie sain pourrait prévenir jusqu’à 200 000 cas de cancer chaque année en Allemagne. Quelles mesures adopter pour mieux se protéger et quelles sont les pratiques à éviter ?**
Depuis plusieurs décennies, la relation entre alimentation et cancer fait l’objet de recherches scientifiques approfondies. À l’occasion de la Semaine nationale de prévention du cancer, encore en cours, des experts se réunissent à travers le pays pour sensibiliser le public aux mesures préventives.
Ce projet est une initiative conjointe de la Deutsche Krebshilfe, du Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ) et de la Société allemande du cancer. Leur objectif : éviter l’apparition même du cancer.
### Ce que la science révèle
Selon le DKFZ, environ 40 % des nouveaux cas de cancer sont causés par des facteurs évitables tels que l’alimentation déséquilibrée, le surpoids, la consommation régulière d’alcool, le manque d’activité physique ou encore le tabagisme.
Adopter une alimentation équilibrée, maintenir un poids normal et réduire au maximum la consommation d’alcool peuvent diminuer le risque de contracter un cancer. Bien que ces choix de vie plus sains ne garantissent pas une protection absolue, ils pourraient en principe éviter jusqu’à 200 000 diagnostics de cancer chaque année en Allemagne, selon le DKFZ.
### Les principaux facteurs de risque
Le tabagisme reste le facteur de risque évitable le plus significatif. Une étude de 2024, publiée par l’American Cancer Society, souligne ce lien déjà largement reconnu, bien que d’autres facteurs de risque soient souvent négligés.
La consommation d’alcool et l’obésité augmentent également le risque de développer plusieurs types de cancer et figurent parmi les principaux facteurs alimentaires de risque à l’échelle mondiale. Une augmentation de 10 grammes de consommation d’alcool par jour accroît le risque de cancer du foie de 4 % et jusqu’à 25 % pour les cancers de l’œsophage, comme l’indiquent des recherches publiées en 2020.
De plus, le risque de différents cancers augmente avec le Body Mass Index (BMI). Pour le cancer colorectal, par exemple, le risque augmente de 5 % à chaque hausse du BMI, tandis qu’il peut atteindre 50 % pour le cancer de l’endomètre. Une alimentation riche en calories et l’obésité engendrent des inflammations chroniques, un facteur clé dans le développement du cancer.
L’Agence internationale de recherche sur le cancer (IARC) a classé, dès 2015, la viande rouge non transformée comme “probablement cancérogène”. La viande transformée est même considérée comme “cancérigène”, chaque portion de 50 grammes consommée quotidiennement augmentant le risque de cancer colorectal de 18 %.
### Existe-t-il des aliments “protecteurs” ?
Un consensus se dessine autour de l’idée qu’un régime alimentaire varié, riche en aliments d’origine végétale, réduit le risque de cancer, selon le DKFZ. Une alimentation saine doit également être accompagnée d’une activité physique régulière. Le poids du corps et l’équilibre énergétique sont également cruciaux.
Il existe des indications selon lesquelles le thé vert pourrait diminuer le risque de cancer. Une méta-analyse de 2020 a révélé un risque réduit de cancer de l’endomètre, de cancer du poumon, de lymphomes non hodgkiniens, de cancer buccal et de cancer de l’ovaire. Toutefois, les liens pour d’autres types de cancers restent flous ou inexistants.
Le Code européen contre le cancer recommande une alimentation équilibrée, à base de produits végétaux et pauvre en aliments transformés :
– Privilégier les céréales complètes, les légumineuses, les légumes et les fruits.
– Limiter la consommation d’aliments riches en calories, en graisses et en sucres.
– Éviter les boissons sucrées.
– Réduire la consommation de viande transformée.
– Consommer peu de viande rouge et d’aliments riches en sel.
– Limiter la consommation d’alcool et éviter une consommation quotidienne.
– Maintenir un poids santé.
### Peut-on guérir du cancer grâce à l’alimentation ?
Une alimentation de qualité peut aider les patients à mieux vivre leur maladie et à améliorer leur qualité de vie. Cependant, aucune preuve ne montre que certains régimes alimentaires puissent guérir le cancer, selon le DKFZ.
Les recommandations diététiques pour les personnes déjà atteintes de cancer varient selon le type de tumeur, le stade de la maladie, l’âge et l’état de santé général du patient. Il est donc conseillé aux patients de consulter leurs médecins pour discuter d’éventuelles recommandations alimentaires.
## Bon à savoir
– La prévention du cancer par un mode de vie sain implique également la gestion du stress et un sommeil de qualité.
– La pratique régulière d’une activité physique contribue à réduire le risque de nombreux types de cancers.
– Le suivi médical régulier permet une détection précoce, essentielle pour un meilleur pronostic.
La réflexion sur notre mode de vie est cruciale dans le contexte actuel de santé publique. Comment chacun d’entre nous peut-il agir pour réduire ces risques et promouvoir une meilleure santé à long terme ?