L’expérience d’une médecin de l’Association des Médecins Diabétologues : « Au-delà des problèmes liés à un environnement hostile et à la pénurie de ressources économiques et sanitaires, d’autres défis sont issus de traditions culturelles profondes »
Je suis un retraité, diabétique depuis de nombreuses années, actuellement sous traitement avec une injection quotidienne d’insuline degludec et de liraglutide le matin, ainsi qu’un comprimé de metformine à chaque repas. Mon contrôle glycémique est bon et, malgré mes 71 ans, je me sens bien. Disposant de temps et d’une forte envie d’agir, je participe à un groupe de bénévoles collaborant avec une mission au Burkina Faso, où j’ai récemment eu l’opportunité de me rendre. J’ai été frappé par de nombreux aspects, notamment par la manière dont le diabète, qui est très répandu, est traité dans cette région – avec des standards inimaginables pour nous, Européens chanceux. Vous, médecins engagés dans le soin des diabétiques dans notre monde occidental, en êtes-vous conscients ?
Voici la réponse de Luisa Porcu, médecin-directrice, service de Diabétologie, Asl de Sassari – Association des Médecins Diabétologues.
Cette question me permet de partager une expérience récente dans un camp de réfugiés au Sahara occidental, en tant que diabétologue, envoyée par la Fondation de l’Association des Médecins Diabétologues. Plus précisément, j’ai participé à un projet de coopération sanitaire internationale dont l’objectif est de mettre en place un modèle de soins diabetologiques applicable même dans un contexte de fragilité sociale et économique extrême, tel que celui de la population sahraouie en Algérie.
Diabète et hypertension
Durant mes près de dix jours sur place, j’ai réalisé des consultations dans des dispensaires, des structures très « basiques » en plein désert, accueillant des patients chroniques atteints de diabète sucré et d’hypertension artérielle. Chaque mois, leur tension artérielle et leur glycémie sont contrôlées, ce qui est géré uniquement par des infirmiers, car les médecins sont assignés aux hôpitaux, non sur le terrain. Nous sommes assurément loin de l’autocontrôle glycémique que nous pouvons effectuer en Occident, 3-4 fois par jour, car ici il n’est pas possible d’effectuer ces mesures à domicile, faute de matériel à distribuer aux patients, même pour ceux prenant des médicaments susceptibles de provoquer une hypoglycémie comme l’insuline.
Médicaments anciens
La disponibilité des médicaments est également très limitée : peu, et d’ancienne conception. La metformine (la seule encore valable), la glibenclamide, aujourd’hui déconseillée car associée à des effets secondaires fréquents et à des hypoglycémies, ainsi que l’insuline, mais sous des formulations aujourd’hui obsolètes. Le concept fondamental de la Diabétologie dans les pays occidentaux, qui consiste à éduquer le patient pour qu’il devienne conscient et autonome dans la gestion quotidienne du diabète, est malheureusement inapplicable ici. Il est également très difficile de promouvoir un mode de vie sain avec une alimentation variée et riche en fibres dans un territoire désertique où fruits, légumes et poissons sont inexistants, alors que l’activité physique se heurte à des barrières insurmontables dues à des températures atteignant souvent 50 degrés pendant plusieurs mois.
Héritages culturels
Cependant, au-delà de ces problèmes compréhensibles, liés à l’environnement désertique et hostile, ainsi qu’à la pénurie de ressources économiques et sanitaires, subsistent d’autres défis plus difficiles à appréhender, découlant d’anciens héritages culturels souvent inconnus pour nous, comme la tendance à considérer comme idéal de beauté féminine une femme en surpoids, voire obèse. En outre, il existe une absence quasi totale du concept de « maladie chronique », rendant l’adhésion au traitement complexe en l’absence de symptômes évidents, ce qui est un problème courant avec le diabète.
Objectifs réalisables
Il est donc crucial de bien comprendre le contexte dans lequel on intervient et de se fixer des objectifs réalistes, qui seront certainement éloignés de ceux que nous visons en travaillant dans nos cliniques en Italie, mais qui doivent toujours respecter le rigueur méthodologique de la médecine fondée sur les preuves. Cela implique de combiner la meilleure expertise issue de la recherche avec le savoir-faire clinique et avec les préférences et les valeurs des patients, tout en tenant compte du contexte concret d’intervention. Une nouvelle expédition de médecins de l’Association des Médecins Diabétologues à destination du Sahrawi est déjà prévue pour février.
Bon à savoir
- Le diabète est l’une des maladies chroniques les plus répandues dans le monde, avec une attention particulière portée à la prévention et à l’éducation des patients.
- Les conditions de vie et l’accès à des soins médicaux de qualité varient considérablement d’une région à l’autre, soulignant l’importance de programmes de coopération internationale.
- La culture joue un rôle essentiel dans la perception des maladies et des traitements, ce qui peut influencer l’adhésion aux soins.
En somme, il est crucial d’adapter les stratégies de soins en fonction des contextes culturels et environnementaux. Cette approche non seulement améliore la qualité de la prise en charge médicale, mais elle peut également favoriser des changements positifs dans la perception des maladies, stimulant ainsi des discussions sur des questions de santé mondiale et d’équité.
C’est fascinant de voir comment la culture influence la gestion du diabète. Chaque région a ses propres défis, et c’est essentiel d’adapter les soins en conséquence.
Il est fascinant de voir comment des contextes culturels et environnementaux influencent la gestion des maladies comme le diabète. Cela nous rappelle l’importance d’une approche adaptée aux besoins locaux.
Il est fascinant de découvrir comment des cultures différentes appréhendent des maladies comme le diabète. Cela nous rappelle l’importance d’une approche adaptée dans la santé mondiale.
C’est fascinant de voir comment la culture influence la gestion des maladies. On oublie souvent que le diabète n’est pas qu’une question de médicaments, mais aussi de perception.
C’est fascinant de voir comment les soins pour le diabète varient d’une culture à l’autre. Cela nous rappelle l’importance de l’adaptation dans le domaine médical.