La Commission européenne s’attaque à la transparence des données sur les réseaux sociaux
Publié le 24 octobre 2025 à 16h13
Par LesNews
Les réseaux sociaux accumulent d’énormes quantités de données, mais restreignent l’accès des chercheurs. La Commission européenne n’acceptera pas cette situation.
Selon les premières investigations de la Commission européenne, Facebook, Instagram et TikTok auraient enfreint un règlement numérique de l’UE en raison d’un manque de transparence sur les données. Des amendes considérables sont à prévoir si ces plateformes ne fournissent pas d’éléments justificatifs ou ne procèdent pas à des ajustements.
Les régulateurs estiment que ces réseaux ne donnent pas suffisamment d’accès aux données nécessaires pour mesurer, par exemple, l’impact de contenus violents sur les jeunes. Ce problème est examiné dans le cadre de la loi sur les services numériques (Digital Services Act, DSA).
Un représentant de TikTok a mentionné que la société examine les conclusions de la Commission, mais souligne que le respect des règles de confidentialité et les exigences du DSA pourraient être en contradiction. Il appelle les autorités à clarifier comment concilier ces obligations.
EU : Meta et Facebook jugés peu conviviaux
La Commission européenne formule également d’autres accusations, mais uniquement à l’encontre d’Instagram et de Facebook. Elle affirme que ces deux réseaux compliquent la signalisation des contenus illégaux.
Les autorités bruxelloises soulignent que les utilisateurs doivent passer par trop d’étapes pour signaler des vidéos terroristes ou des textes antisémites, ce qui pourrait créer des obstacles inutiles contraires à la législation européenne.
Meta rejette les accusations
De plus, Bruxelles a remarqué que Facebook et Instagram semblent offrir un processus de réclamation trop complexe pour que les utilisateurs puissent contester des suspensions de comptes ou des suppressions de contenu.
Un porte-parole de la Commission a affirmé que reprocher à l’UE de censurer démontre le contraire. Le DSA permet aux citoyens européens de contester les décisions unilatérales des géants technologiques. Mark Zuckerberg a qualifié les règles européennes de « censure institutionnalisée ».
Un porte-parole de Meta a nié toutes ces accusations, indiquant que l’entreprise continuera de collaborer avec la Commission pour garantir que les modifications apportées respectent la législation européenne.
Des amendes potentielles en vue
La Commission, dirigée par Ursula von der Leyen, n’a pas encore tranché sur une éventuelle violation de la législation par Facebook, Instagram et TikTok. Si elle n’est pas convaincue par la défense ou les ajustements proposés, elle pourrait établir une infraction.
Le DSA prévoit des amendes pouvant atteindre six pour cent du chiffre d’affaires annuel. La Commission a insisté sur le fait qu’elle souhaitait prendre des décisions qui tiendraient devant les tribunaux.
Ce règlement vise également à garantir une réaction plus rapide des plateformes face aux contenus illégaux et à faciliter la possibilité pour les utilisateurs de les signaler. De plus, il impose une transparence accrue et vise à mieux protéger les enfants.
Autres procédures en cours sur la protection des mineurs
Par ailleurs, Meta est sous investigation pour d’autres violations potentielles, notamment en matière de protection des mineurs, en raison de soupçons de négligence concernant la prévention de l’addiction des jeunes à leurs plateformes.
TikTok, en plus, est critiqué pour son incapacité à reconnaître et limiter les risques pour les élections et le débat public, exacerbés par son lien avec la société Bytedance, dont le siège est à Pékin.
Réactions de Zuckerberg et Trump
Les responsables belges ressentent une frustration croissante face à la réticence de Meta à coopérer. Les enquêtes durent depuis un an et demi, avec des efforts de la part de Meta pour se conformer. La publication des résultats préliminaires pourrait être une pression supplémentaire sur le géant américain.
En outre, l’UE risque de froisser Donald Trump, qui critique régulièrement la législation européenne comme étant hostile à la concurrence. Zuckerberg, s’approchant des positions de Trump, pourrait y trouver un soutien.
Points à retenir
- Les plateformes sociales font face à des accusations de manque de transparence sur les données, un problème soulevé par la Commission européenne.
- Facebook et Instagram sont critiqués pour leur processus compliqué de signalement d contenus nocifs.
- Des amendes potentielles pourraient être imposées si la Commission estime que les réseaux ne respectent pas la législation.
- Meta est également sous enquête pour des violations touchant la protection des mineurs.
- Les tensions entre les autorités européennes et les figures politiques américaines, comme Donald Trump, se renforcent dans ce contexte difficile.
En guise de réflexion, il est fascinant d’observer comment la régulation des plateformes et la protection des utilisateurs évoluent face à la puissance croissante des grandes entreprises technologiques. Ce débat soulève des enjeux cruciaux concernant la liberté d’expression et la sécurité des consommateurs, auxquels nous devons tous prêter attention dans notre société numérique.