Les réseaux sociaux, les applications de messagerie et les jeux : de nombreux jeunes passent des heures chaque jour sur leur smartphone. Alors que le débat sur un éventuel interdit de médias sociaux pour les moins de 14 ans se poursuit, le délégué fédéral à la dépendance, Hendrik Streeck (CDU), a présenté à Berlin une solution plus douce : l’application gratuite « freii ». Cette initiative vise à aider les jeunes à prendre conscience des pièges de leur propre appareil et à profiter de temps hors écran.
Destinée aux 11-15 ans, « freii » propose une « challenge » de trois semaines avec des tâches quotidiennes, à réaliser seul ou en famille. Les utilisateurs sont invités à éloigner leurs smartphones pendant plusieurs heures, à répondre à des quiz, ou à passer du temps à l’extérieur avec des amis. Quatre jeunes animateurs guident les participants, avec un espace dédié aux parents animé par le médecin et présentateur Eckart von Hirschhausen.
La société numérique : des inquiétudes face aux problèmes psychiques
Lors de la présentation, Hirschhausen a souligné : « Nous avons besoin de réapprendre à interagir réellement. » Streeck a également noté que de nombreux enfants et adolescents passent moins de temps à jouer avec des amis, à partager des repas en famille, et souffrent de troubles du sommeil. Ces comportements peuvent entraîner des problèmes de concentration, des troubles psychologiques, voire des dépressions.
Streeck précise que l’enjeu ne réside pas seulement dans la durée d’utilisation, mais dans la manière de consommer ces médias. Les outils numériques offrent de nombreuses opportunités, mais comportent aussi des risques. Les créateurs de l’application « freii », issus de la Villa Schöpflin à Lörrach, un centre de prévention des dépendances, envisagent d’enrichir constamment l’application. Il s’agit d’un « outil de prévention » cherchant à instaurer un équilibre dans l’utilisation des médias et non d’une solution thérapeutique. L’application sera également intégrée dans le milieu scolaire.
Pour la représentante des élèves : « Encore une heure de passée »
Jana Bäuerlein, du Conseil des élèves, estime que des applications encourageant une utilisation consciente des smartphones sont bénéfiques. « Beaucoup de jeunes réalisent qu’ils passent trop de temps sur leur téléphone. On veut juste vérifier quelque chose et, en un clin d’œil, une heure s’est écoulée. » Cependant, elle souligne qu’il est nécessaire d’accompagner cette démarche par d’autres mesures telles qu’une meilleure éducation aux médias en classe et des discussions utiles sur l’utilisation des écrans à la maison. Les adultes, qui passent souvent aussi trop de temps sur leurs appareils, doivent montrer l’exemple.
Selon la présidente du BLLV : « Le monde est numérique »
Simone Fleischmann, présidente du Syndicat des enseignants bavarois, se dit favorable à une application visant jeunes, parents et écoles. Néanmoins, elle précise que les écoles ne peuvent pas assumer seules cette responsabilité : il y a un besoin d’éducation aux médias tant pour les parents que pour les adolescents. Elle constate une augmentation des troubles psychologiques liés à un usage intensif des médias, et insiste sur l’importance d’un apprentissage accru concernant les médias à l’école.
Limiter l’utilisation du smartphone : de nombreuses options
La question de la durabilité d’applications comme « freii » et de leur efficacité après la challenge de 21 jours reste ouverte, car des données fiables à long terme manquent. Cependant, il existe plusieurs moyens de réduire son temps d’écran sans avoir à instaurer d’interdits. Par exemple :
- Définir une limite de temps d’écran quotidienne
- Restreindre certaines applications dans le temps
- Utiliser des applications de délai, comme « One Sec », pour réduire le temps passé sur les réseaux sociaux
- Désactiver les notifications push
- Établir des zones sans smartphone, comme le lit ou la table à manger
- Laisser fréquemment son téléphone à la maison
- Convertir l’écran en niveaux de gris pour diminuer l’attrait visuel
D’après les experts, il est primordial que règles relatives à l’usage des smartphones soient élaborées collectivement et s’appliquent aussi bien aux jeunes qu’aux adultes.
Points à retenir
- Les jeunes sont de plus en plus accros à leurs appareils, ce qui soulève des préoccupations en matière de santé mentale.
- Une application comme « freii » vise à redonner un équilibre en incitant à moins d’utilisation des écrans.
- La durée d’utilisation n’est pas le seul facteur ; la qualité de l’interaction avec les médias est aussi cruciale.
- Impliquer les parents dans l’éducation des médias est tout aussi important que d’éduquer les jeunes eux-mêmes.
- Il existe de nombreuses stratégies pour réduire le temps d’écran sans nécessairement appliquer des interdictions.
Dans notre société numérisée, où le smartphone est omniprésent, je suis convaincu que le dialogue sur notre rapport aux écrans est essentiel. La manière dont nous apprenons à gérer ces outils pourrait non seulement influencer notre bien-être personnel, mais aussi façonner les relations de demain. Qu’en pensez-vous ?