À l’ère numérique, les réseaux sociaux sont devenus pour les jeunes un véritable « deuxième chez-soi » – un espace d’échange, d’apprentissage, de création et d’expression personnelle. Ce cadre offre des opportunités d’enrichissement des connaissances, de connexion avec la communauté, d’apprentissage autonome et de développement d’une pensée critique. Cependant, les effets néfastes se manifestent également : altération de la perception, comportements déviants, troubles psychologiques et même une crise des valeurs chez certains étudiants.
Le problème ne réside pas tant dans les réseaux sociaux eux-mêmes que dans la capacité des utilisateurs à maîtriser la technologie et la culture numérique. La solution fondamentale doit donc se trouver dans l’éducation – au sein de la famille, dans les établissements scolaires et au niveau de chaque élève.
Éduquer à une « immunité numérique »
Selon le Dr. Nguyen Quang Hung, directeur adjoint du département de gestion des étudiants de l’Université Hung Vuong, la priorité actuelle est de doter les étudiants d’une « immunité numérique » – la capacité de se protéger, de s’auto-réguler et de questionner de manière critique les informations dans un contexte en ligne. Il est indispensable que l’apprentissage des compétences numériques et la compréhension de la culture en ligne deviennent des éléments intégrés aux programmes éducatifs pour que les étudiants puissent détecter et filtrer les fausses informations et choisir leurs sources de manière responsable.
Apprendre à utiliser la technologie de manière sécuritaire permet aux jeunes non seulement d’éviter les risques d’escroqueries et de manipulation, mais aussi de renforcer leurs compétences et leur responsabilité civique dans le cyberespace.
Initiatives de sensibilisation en réponse à la campagne « Not Alone » à l’Université Hung Vuong (18 octobre 2025), visant à équiper les étudiants de connaissances sur la sécurité en ligne, à construire un cyberspace fiable et à renforcer les compétences technologiques.
À l’Université Hung Vuong, cette approche ne se limite pas à des slogans. L’université a mis en place des directives concernant l’utilisation des téléphones en cours – tout en encourageant l’étude et la recherche, elle restreint strictement les activités de loisir en classe pour maintenir la discipline. Des séminaires réguliers portant sur les compétences numériques, la recherche d’informations et la prévention des escroqueries en ligne sont également proposés.
Dans le cadre de la « Semaine de l’éducation civique » au début de l’année scolaire, la police a été invitée pour expliquer les méthodes de manipulation en ligne et de « kidnapping » virtuel, afin de sensibiliser les élèves à la protection d’eux-mêmes. L’école a également signé un accord de coopération avec les autorités pour surveiller les incidents en ligne et avertir rapidement des situations inhabituelles.
Le Dr. Hung a souligné que ces mesures non seulement améliorent les compétences numériques, mais contribuent également à créer une « culture en ligne sûre et bienveillante » au sein de l’université, rendant ainsi la technologie un outil au service du savoir, plutôt que l’inverse.
La famille – premier filtre de la « personnalité numérique »
Si l’école est le lieu d’acquisition des connaissances, la famille est le premier filtre dans le développement de la personnalité. Selon Mme Pham Thi Van, enseignante à l’École Primaire Lung Hoa, il est primordial d’établir une collaboration étroite entre les écoles et les parents pour encadrer l’utilisation des appareils numériques. Plus de matériaux pédagogiques sur l’utilisation sûre d’Internet pour les jeunes enfants, adaptés à leur âge, sont nécessaires. Chaque école devrait organiser des rencontres en dehors des heures de cours pour dialoguer avec les élèves et les parents.
Concernant l’éducation, elle appelle à des régulations plus strictes sur les plateformes sociales, notamment sur la filtration des contenus nuisibles, afin que les enfants n’y aient pas accès comme ils le font actuellement.
Cette perspective pratique démontre que l’éducation numérique ne peut pas être uniquement la responsabilité des établissements scolaires, elle nécessite une « alliance » responsable entre les familles et les écoles pour encourager de bonnes habitudes d’utilisation des médias sociaux.
En classe de secondaire, les enseignants sont en contact étroit avec les élèves et ont une influence directe sur eux. Mme Dam Thi Mai, responsable du département des sciences sociales au lycée Thuan Hoa, souligne que leur école considère la transmission des compétences en matière de réseaux sociaux comme une partie intégrante de la formation éthique.
Elle ajoute : « Nous suggérons aux élèves de pratiquer un mode de vie sain – les encourageant à faire du sport, à rejoindre des clubs de musique ou de sport et à éviter de dépendre de leurs téléphones. » Des mesures d’éducation sur la gestion adéquate des réseaux sociaux sont intégrées de manière flexible à des événements comme des cérémonies ou des cours de compétences de vie, permettant aux élèves d’acquérir des connaissances de manière naturelle et engageante. La coopération étroite avec les familles dans l’éducation et l’encadrement des élèves est essentielle. Chaque classe dispose d’une boîte à téléphones pour limiter l’utilisation pendant les cours, favorisant ainsi un environnement d’apprentissage concentré.
Il ressort clairement que les réseaux sociaux ne sont pas intrinsèquement néfastes ; tout dépend de leur utilisation. L’éducation ne doit donc pas seulement intervenir de manière réactive, mais doit transformer activement les réseaux sociaux en un espace éducatif ouvert, rempli de valeurs humanistes, de créativité et de responsabilité.
Points à retenir
- Les réseaux sociaux jouent un rôle majeur dans la vie des jeunes, offrant des opportunités d’apprentissage et d’échange.
- Une éducation adéquate sur l’utilisation des technologies numériques est nécessaire pour éviter les comportements problématiques.
- Les familles et les écoles doivent collaborer pour encadrer l’utilisation des réseaux sociaux.
- Des programmes ciblés sur la sécurité en ligne et la prévention des escroqueries sont essentiels.
- Une approche positive et proactive de l’éducation numérique peut transformer les réseaux sociaux en outils d’apprentissage bénéfiques.
Au final, j’estime que cette approche collaborative entre éducation, famille et société est la clé pour que les jeunes explorent les réseaux sociaux de manière sécurisée. Ces plateformes peuvent être des espaces de créativité et d’apprentissage si nous les intégrons judicieusement dans le processus éducatif. En tant que société, nous avons la responsabilité de fournir aux jeunes les outils nécessaires pour naviguer dans cet espace virtuel tout en préservant leurs valeurs et leur intégrité.