Mark Zuckerberg aurait consacré plusieurs mois à l’élaboration d’une liste des meilleurs ingénieurs et chercheurs en intelligence artificielle à travers le monde. Son objectif : attirer ces talents pour Meta, en leur proposant des packages salariaux particulièrement attractifs, dans une course aux cerveaux face à ses principaux concurrents.
Depuis plusieurs semaines, la vallée de Silicon parle de la quête du PDG de Meta pour recruter les meilleurs profils de l’IA, certains évoquant des rémunérations pouvant atteindre 100 millions de dollars.
Selon le Wall Street Journal, Zuckerberg aurait pris lui-même contact avec les candidats convoités.
Meta, qui détient Facebook, Instagram et WhatsApp, rivalise pour dominer le secteur de l’intelligence artificielle avec des géants comme OpenAI, Google, Microsoft ou Amazon, lesquels ont investi des milliards dans la recherche et le développement de produits IA. Le plan phare de Meta, Behemoth, a d’ailleurs vu son lancement repoussé le mois dernier, jetant un doute sur la direction prise par la firme en matière d’IA.
Au début du mois, Meta a déboursé 14 milliards de dollars pour acquérir une participation dans Scale AI, nommant Alexandr Wang, son jeune fondateur de 28 ans, à la tête de son « superintelligence team », un laboratoire interne dédié à la conception d’un système d’IA hypothétique plus intelligent que l’humain.
L’an dernier, on se souvient que Google avait racheté Character.AI, une plateforme de chatbot permettant de converser avec différentes personnalités d’intelligence artificielle, pour un montant de 2,7 milliards de dollars.
Les candidats listés par Zuckerberg, surnommée « la liste » dans la Silicon Valley, comprennent des récents diplômés de doctorats prestigieux, notamment des universités de Californie à Berkeley et Carnegie Mellon. Nombre d’entre eux travaillent actuellement chez des rivaux tels qu’OpenAI ou DeepMind, la division IA de Google, et échangent entre eux sur les méthodes de recrutement de Meta.
Un candidat ayant eu un entretien avec Zuckerberg a confié que ce dernier semblait vouloir réaliser un « transfusée des meilleurs laboratoires IA du pays ». Un groupe WhatsApp baptisé « Recruiting Party » a même été créé pour que Zuckerberg et d’autres dirigeants seniors de Meta discutent des futures recrues. Le PDG examinerait personnellement les publications scientifiques pour dénicher des talents.
Cette approche très directe ne fait pas l’unanimité. Sam Altman, patron d’OpenAI, a exprimé son mécontentement devant des offres supposément extravagantes, qu’il qualifie de « folles ».
Invité sur le podcast Uncapped animé par son frère Jack, Altman a déclaré : « Je suis content que, pour l’instant, aucun de nos meilleurs éléments n’ait accepté. Miser tout sur une rémunération garantie à l’avance, en laissant de côté le travail et la mission, ce n’est clairement pas la recette d’une bonne culture d’entreprise. »
Points à retenir
- Meta cherche à capter les meilleurs cerveaux en IA partout dans le monde, en mettant la main au portefeuille.
- Le PDG Mark Zuckerberg semble personnellement investi dans cette opération séduction, ce qui paraît presque surprenant de la part d’un dirigeant de cette envergure.
- Le montant des packages évoqués titille le fantasme : jusqu’à 100 millions de dollars, de quoi faire lever quelques sourcils… et convoiter quelques rêves de richesse.
- Le secteur de l’IA s’avère désormais une véritable jungle où chaque géant se bat pour recruter la crème de la crème, quitte à créer des tensions – comme celles aperçues entre Meta et OpenAI.
- La notion de culture d’entreprise semble secondaire quand on met sur la table des chèques XXL pour des talents, à en juger par les critiques du patron d’OpenAI.
Au final, on peut se demander si cette guerre des talents sera bénéfique pour l’innovation ou si elle ne signe pas surtout le spectacle d’une industrie où l’argent tente de faire oublier les véritables raisons d’une carrière : l’envie de créer, d’apprendre, et peut-être… de changer le monde. Mais bon, peut-être que Zuckerberg saura aussi recruter quelques poètes de l’IA. Croisons les doigts (et les câbles) !